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Après la guerre 1870, la réorganisation de l’Armée par le décret du 24 juillet 1873 amena Le Mans à devenir le siège de la IV région militaire et par la même du IV corps d’armée (4ème CA). Le gouvernement demanda aux communes d’étudier l’accueil d’une garnison sur leur arrondissement. Le conseil municipal de Mamers souhaita dès 1873 que la ville devienne ville de garnison et vota une somme (300 000 f) qui serait versée à la construction d’une caserne (qui selon les études de l’époque représentait une dépense annuelle d’ un million cinq cent mille francs soit une incidence certaine sur la vie et l’économie du pays).

Après la distribution d’eau par bornes-fontaines (1865), le gaz d’éclairage en ville (1866) et le chemin de fer (1872), l’installation d’une caserne et de ses « à coté » bonifierait cette sous-préfecture du nord Sarthe.

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1873 dépêche de la sous-préfecture de mamers

source: archives départementales de la Sarthe

Le 18 février 1874, une première lettre émanant du chef du Génie au Mans annonçait que le ministre de la guerre avait l’intention de mettre à Mamers un détachement du 103ème RI et demandait au maire de faire connaitre les emplacements dédiés pour la caserne (2 hectares), le champ de manœuvre (8 hectares) et le champ de tir (terrain d’une longueur de 400 à 600 m dont l’extrémité aurait des hauteurs escarpées). Le lendemain (19 février), M. le ministre de la guerre désignait Mamers pour recevoir l’état-major, le dépôt et deux bataillons du 103 RI. L’achat des terrains et les fonds nécessaires à la construction des sites est estimé à un million soixante-dix mille francs.

Deux terrains seront étudiés : l’un « Rue du Fort » et l’autre « Rue Neuve St Jean ». C’est celui de la Rue Neuve qui sera choisi avec le terrain de manœuvre des Baronnières (plaine St Jean). C’est ce projet qui fut porté par le député Caillaux (Eugène, père de Joseph) auprès du ministre de la guerre et qui fut accepté le 21 mai 1874 par décret. Dans le même temps, Mamers devenait chef-lieu de la 3ème subdivision du 4ème CA et obtenait son bureau de recrutement dès aout 1874. A ce projet de caserne furent associés d’autres études telles que la construction d’un terrain de tir dans la vallée du Rutin (Saint-Longis) et dans la forêt de Perseigne, la construction d’un abattoir (1882) et l’agrandissement de l’hospice suite à l’augmentation de la population d’un effectif de 2000 personnes.

Une Caserne à Mamers.

Commencés le 24 juin 1875, les travaux de la caserne de Mamers vont durer 3 ans pour s'achever le 25 septembre 1878. Elle est prévue d'accueillir un dépot et deux bataillons.

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plan de la caserne (source archive départementale de la Sarthe)

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(montage à partir de 2 CPA)

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photo extraite d'internet: photo de l'escadron de gendarmerie mobile 33/3 de Mamers.

Le 103e régiment d'infanterie, à l'issue de manœuvres, fut le premier à quitter ses casernes parisiennes et à s'installer dans la caserne de Mamers. 

Le premier bâtiment accueillit le 1er mai 1877 le dépôt du 103ème RI et un mois plus tard son 4ème bataillon. Le 103 s’installera au complet le 25 septembre 1878.

Les 28 et 29 septembre 1878 se déroulèrent à Mamers, en présence du Préfet de la Sarthe, de grandioses fêtes en faveur du régiment et de la nouvelle caserne qui prendra plus tard le nom de " Gaulois " à la mémoire du général Manigault dit le Gaulois. (Appelé auprès du Général Marceau en 1794, en qualité d'adjudant chef de bataillon, celui-ci fut nommé général de brigade en 1803. Il fut tué à la bataille de la Corogne (Espagne) en 1809).

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Défilé du 103e RI (carte photo non datée, non voyagée).

Les 2 officiers montés, un chef de bataillon et un capitaine, portent les attributs du 103e RI. on distingue en arrière plan le théatre de Mamers et un cercle fleuri sur lequel on lit "la ville de Mamers à son député". L'unité a remonté la rue du fort et se dirige vers la rue nationale. Nous sommes en été (mouchoir en protection du cou des soldats et ombrelles) et avant l'année 1896.

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Comme déjà précisé , avec la caserne d'autres travaux sont réalisés après coup comme le champ de manoeuvres (1877-1881, 1891) (actuelle hippodrome et stade de Saint Jean), un champ de tir sur la commune de Saint Longis (terrain de tir du Rutin 1880-81), un autre dans la forêt de Perseigne, puis des aggrandissements et amménagements de la caserne (hangar à voitures (1893), l'infirmerie et 4 réfectoires (1913) et le pavillon d’isolement militaire à l’hôpital en 1907 (ancien hôpital de la rue du fort).

(source archives départementale de la Sarthe)

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1876 parcelles délimitant le champ de manoeuvre (source: archives départementales de la Sarthe)

Le champ de manœuvre de St Jean verra la construction d’un stand de tir à courte distance (site de l’actuel stand de tir). Il sera aussi champs de course et verra ses premières courses hippiques le 24 aout 1884. Il sera aussi terrain d’aviation beaucoup plus tard (1912). Il accueillera de nombreuses associations civiles (football en 1912, athlétisme en 1922, rugby en 1923, tennis (initié par les militaires) en 1924, aviation en 1932. L’autorité militaire le vendra en 1970 à la ville de Mamers.

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1903 Champ de Tir du Rutin (source: archives départementales de la Sarthe)

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1903 Champ de Tir  de Perseigne (source: archives départementales de la Sarthe)

Ce champ de tir dit "camp des 4 gardes" sera utilisé dès 1880 par le 115°RI (1° bat) tenant alors garnison à Alençon (source historique du 115RI de 1896).


Comme le montre les extraits des annuaires des armées ci-dessous, deux régiments se succèderont avant guerre dans la garnison de Mamers, alternant avec leur garnison de  Paris et d'Alençon (Orne): le 103e et le 115e. Il en sera ainsi jusqu'au 21 et 22 septembre 1896  avant que le 103 rejoigne définitivement Paris et Alençon (3ème bataillon) et le 115 Mamers et  Nogent le Rotrou (1er bataillon).

la loi du 04 mars 1897 instaure un 4eme bataillon dans les régiment d'infanterie. Le 115 verra la formation d'un 4eme bataillon le 05 novembre 1897.

La caserne étudiée pour accueillir un dépot et 2 bataillons obligera le commandement pendant certaines périodes (1882 et 1910 entres autres) à détacher un bataillon à Nogent le Rotrou voire à réduire les effectifs des compagnies du régiment mamertin au volume de 100 au grand dam du conseil municipal de Mamers.

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Le 115 RI et la caserne SULLY à Nogent le Rotrou.

Construite en 1876 pour abriter le 102ème régiment d’infanterie qui tenait garnison à Laval (dépôt) et Paris, la caserne SULLY de Nogent le Rotrou accueilla plusieurs formations de sa création à la fin de la première guerre. Le 115ème RI y détacha à plusieurs reprises des éléments de la garnison de Mamers ou de Paris (1ère fois le 24 novembre 1881). En 1882, un bataillon du 115 tenait garnison à Nogent avant de rejoindre le corps expéditionnaire en Tunisie. Il sera remplacé pendant cette période par 2 compagnies de Mamers.

L'ancien séminaire , contigu à la caserne, fut occupé aussi soit par les réservistes soit par les troupes du 115.

Un champ de manœuvre était attenant au sud de la caserne (actuels terrains de foot). Il comprenait un champ de tir.

En aout et septembre 1908 (manœuvres dans le Centre) et en juin 1910, des compagnies du 102e RI casernent à Nogent le Rotrou (en principe sur Chartres et Paris).

Le 03 novembre 1910, le 1er bataillon du 115ème RI bascule à Nogent le rotrou (source arrêté municipal de Mamers et lettre du général cdt le IV CA) et ce jusqu'en aout 1914 avant d'être remplacer par le dépot du 25 bataillon de Chasseurs à pied.

Après guerre d'autres unités s’y succèdent jusqu’en 1980, année de fermeture du centre mobilisateur n°28 et création de l'UISC n°1.

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Revenons à Mamers et à la caserne Gaulois.

Pendant la guerre, la caserne abritera le dépôt des 115, 315e RI et du 27 RIT. Elle accueillie aussi le dépôt du 29e et 69e BCP et le centre de réinstruction (27e cie) du 102e RI (1919). La Gendarmerie prendra le relais à partir de 1920 avec une école de gendarmerie et deux escadrons de gendarmerie dont un à cheval (jusqu'en 1924). Le 117ème RI du Mans, gardien des traditions du 115 et 315ème RI occupera la caserne avec un détachement (GM9). En 1930, après une période de calme, la caserne abritera un Centre Mobilisateur, puis en 1932, un peloton de garde mobile à cheval à nouveau.


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CPA écrite le 03 décembre 1922 par un élève gendarme. On remarque sur les façades les silhouettes d'instruction pour le tir de l'époque du 115.

Mamers, centre mobilisateur, présidera, à la déclaration de la guerre de 1939, à la formation d'un régiment d'infanterie, le 102e. Elle sera occupée de juin 1940 à 1942 par les allemands, puis elle redeviendra Ecole de Gendarmerie puis centre hospitalier pour les civils, blessés en Normandie. A la Libération, la Caserne restera Ecole de Gendarmerie jusqu'en 1948.

En 1949, des éléments de la 1ère Légion d'Intervention de la Garde Républicaine venant d'Allemagne arriveront à Mamers. Ils constitueront l'escadron 6/3 de Garde Républicaine dont l'appellation à partir de 1954 sera " de Gendarmerie Mobile ". Suite à la réorganisation dans la Gendarmerie en 1967, l'escadron de Mamers deviendra le 4/10 : 4e escadron du 10e Groupement de Gendarmerie Mobile (Région de Pays de la Loire, avec Nantes pour P.C.) puis 33/3.

La caserne sera détruite en partie (conservation des deux pavillons d'entrée) en 1996 pour laisser place à une nouvelle caserne de gendarmerie.

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photo extraite d'internet: entrée de la caserne gaulois de Mamers de nos jours.