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Le 27ème Régiment d'Infanterie Territoriale

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Un régiment territorial à Mamers,  oui ! mais depuis quand?

L'étude des annuaires des armées (ci dessous) indique la présence, à défaut l'existence du 27ème RIT à Mamers dès 1876. Hors à cette époque la caserne gaulois n'est pas encore livrée.

S'agissait-il des cadres du service de recrutement affectés au Mans et détachés à Mamers à l'occasion ?

Suite à la réorganisation de l’armée, Mamers, chef-lieu de la 3ème subdivision du 4ème CA, vit la création d’un bureau de recrutement. Il était installé rue Saint-Jean (ancienne rue Nationale et actuelle rue du docteur GODARD). Le recensement de 1876 précise que 3 sergents de recrutement et un soldat logeaient au 38 de la rue ST JEAN. Le capitaine MARTIN jean (fonction de capitaine major) habitait lui aussi rue ST JEAN avec sa famille. Après la construction de la caserne, il est probable que le bureau de recrutement et de mobilisation de la subdivision de MAMERS déménage au 30 de la rue NEUVE ST JEAN (aujourd'hui rue DENFERT ROCHEREAU).

Ancêtre du 27ème Régiment d’infanterie Territoriale, il avait pour mission l’immatriculation des hommes de réserve et le recensement annuel des chevaux, mulets et voitures susceptibles d’être utilisés pour les besoins de l’armée. Le personnel du BR de Mamers comprenant : un capitaine d’infanterie ; un officier de cavalerie ; deux sous-officiers d’infanterie et l’ordonnance du capitaine.

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CPA non voyagée.

photo prise du bureau de recrutement (30 rue Denfert Rochereau, semble t'il).

5 secrétaires portant au col les attributs d'état major et du recrutement posent à la demande du photographe.

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Ces extraits des annuaires nous montre aussi la lente montée en puissance de cette unité qui semble être au complet entre 1880 et 1894.

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  • annuaire_1894_27RIT
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Pour l’armée territoriale, la loi d’organisation générale de l’armée du 24 juillet 1873 prévoit l’utilisation des ressources en unités des diverses armes ; ces unités sont formées sur le papier dès le temps de paix par les soins du service de recrutement, par subdivision de région pour l’infanterie, sur l’ensemble de la région pour les autres armes ; en cas de mobilisation, les corps de l’armée territoriale peuvent être affectés à la défense des places fortes, des côtes et des points stratégiques, ainsi qu’aux postes et lignes d’étapes ; mais ils peuvent aussi être formés en brigades, divisions et corps d’armée destinés à tenir campagne.

La loi des cadres et effectifs du 13 mars 1875 fixe pour l’armée territoriale le type et le nombre des unités de chaque arme à constituer par corps d’armée : en principe huit régiments subdivisionnaires d’infanterie, un régiment puis un groupe seulement d’artillerie, un nombre d’escadrons de cavalerie variant d’abord suivant les ressources et fixé par la suite à deux, un bataillon du génie et un escadron du train des équipages ; ultérieurement, une section de commis et ouvriers militaires d’administration et une section d’infirmiers militaires. Ces unités possèdent un cadre permanent comprenant uniquement le personnel strictement nécessaire à l’administration, la tenue des contrôles, la comptabilité et la préparation des mesures d'appel à l’activité.

Ci-dessous quelques extraits du livre du gradé d'infanterie de 1894 pour mieux cerner l'organisation de l'armée d'avant guerre et le service militaire de nos aieuls.

source: "livre du gradé" édition novembre 1894.

"La loi relative à l'organisation générale de l'armée a divisé la France en 18 régions. A chacune de ces régions correspond un corps d'armée. (...) Chaque région est divisée en 8 subdivisions (...). A chaque subdivision correspond un régiment d'infanterie et un régiment territorial."

"l'obligation du service militaire est égale pour tous. Elle a une durée de 25 années.

Tout français reconnu propre au service militaire fait partie successivement:

de l'armée d'active, de la réserve de l'armée d'active, de l'armée territoriale, et de la réserve de l'armée territoriale.

La durée dans ces périodes variera au grè des lois comme le montre le tableau ci-dessous.

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La durée de service compte du 1er novembre de l'année de l'inscription sur les tableaux de recensement....

Les périodes d'appel, soit de la réserve active (2 manoeuvres de 4 semaines), soit de l'armée territoriale (1 période de 2 semaines), ont lieu en principe au printemps et en automne et dans chacune de ces périodes, en une ou deux séries, suivant les armes convoquées et les ressources du casernement.


Quelques périodes au 27e RIT relevées dans les archives départementales de la Sarthe (en construction):

- 20 mai au 02 juin 1891

- 19 aout au 01 septembre 1896

- 25 septembre au 8 octobre 1911

- 09 avril au 17 avril 1913


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Prix d'un concours de tir et d'escrime du 09 décembre 1898 décerné au soldat Barré avec la mention "assaut".

Ainsi le régiment territorial partageait la caserne d'un régiment d'active. Le premier armait l'encadrement des appels de l'armée territoriale  et le second celui de la réserve. 

Les territoriaux lors de leurs periodes d'exercices ("l'appel") portent les effets d'uniforme de leur service dans le régiment d'active. Ils sont tenus de conserver et d'entretenir soigneusement ces effets pour les périodes d'instruction. Ainsi souvent l'on retrouvera sur les CPA et photographies des soldats de la territoriale avec les attributs du 115 RI. Seul les officiers et quelques sous-officiers portent les attributs du 27 régiment d'infanterie territoriale (27ème R.I.T.).

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" Souvenir du 27ème territorial" octobre 1908

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Mention au dos:

3ème période (9 jours) du 25 septembre au 3 octobre 1911.

27ème territorial à Mamers

7e compagnie: capitaine M Rufin

sous-lieutenant Bégon

1ere section: sergent Detourbe

1ere escouade: caporal Rocheron

vue prise à une grande halte à Saint Longis (commune de Mamers)

Les officiers portent les attributs du 27ème R.I.T. (col et képi avec n° 27 blanc), le sergent , le caporal et les soldats ceux du 115 RI.


1913

écrite le 13 avril 1913 à MAMERS.

" Je vous adresse la 5e cie du 27e territorial commandée par le capitaine MASSON, prise sur le terrain de manoeuvre pendant l'exercice... Ici il fait un froid de loup." Amaury

Les 3  cadres debouts (1 capitaine, 2 sous lieutenant ou adjudant) portent les attributs du 27e RIT, les 3 sergent assis portent les attributs du 115e RI. 51 soldats sont visibles sur cette CPA.

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CPA voyagée en 1913.

Une section d'ancien au repos. Ils appartiennent probablement au 27e RIT. Ils portent les attributs du 115e RI et 2 sergents beaucoup plus jeunes les encadrent. On distingue un "pépère" avec décoration (possible médaille coloniale).

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CPA non voyagée.

un détachement d'anciens posent devant le théâtre de MAMERS. Les différentes affiches sur les murs laissent penser que nous sommes à la fin de 1913.

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Ci dessus des "pépères" au dépot à Mamers. Ils portent les attributs du 27 RIT. Nous sommes au début de la guerre.

mention au dos:

Souvenir de Mamers 22 octobre 1914

1-Racois (horloger) garde magasin

2-Courbebaisse (Bazar) sergent de semaine

3-Blum (électricien) caporal de semaine

4-Lereau (épicier) garde magasin

5- Trébard (instituteur) préposé aux livrets

6-Orbain ( ) adjoint au fourrier

7-Verrier Eugène (instituteur) scribe

8-Boulay Léon (représentant) scribe

9-Strebel Gaspard (comptable) scribe

10- Deschamps (cultivateur) planton cycliste

11-Perrier (adjoint assurance) caporal d'ordinaire

12-Drocourt (comptable) sergent major

13-Segouin (charcutier) sergent vaguemestre


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"Corvée d'ordinaire" septembre 1914

on reconnait le sergent major Drocourt. 


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"Atelier des Tailleurs 115e de ligne Campagne 1914- 1915".

CPA non voyagée.

Malgré l'ardoise,  les individus portent les attributs du 27e RIT, seul 3 portent ceux du 115e.

Nous sommes probablement au dépôt de Mamers au premier semestre 1915. 

(extrait du règlement de service interieur des RI de 1913)

"La compagnie hors rang, ...., les maitres-ouvriers:

On retrouve parmi les maîtres-ouvriers les caporaux maître-ouvrier tailleurs ou cordonniers qui peuvent recevoir l'assimilation au grade de sous-officier avec rang de sergent , lorsqu'ils ont accompli comme caporaux le temps de service exigé par la loi (on remarque sur la photo un sergent de la territoriale). Ils dirigent, sous l'autorité du capitaine chargé du matériel, les ateliers du corps et sont chargés de la confection, de la réparation et de l'entretien des effets d'habillement, de la chaussures et de l'équipement... .

Les maitres-ouvriers disposent à l'atelier commun:

- d'ouvriers affectés à la compagnie hors rang

- de 2 ouvriers par compagnie (un titulaire et un élève)."


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CPA non voyagée, non datée

c'est la distribution du pain. Des territoriaux des 27e, 4e et 28e RIT posent sur cette photo. Les tenues panachées et les galons réduits (avant ceux normés d'octobre 14) du sergent fourrier laisse penser que nous sommes fin 1914, début 1915.


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CPA écrite le 15 janvier 1916.

9 pépères portant les attributs du 27e RIT posent devant les mitrailleuses mdl 1907.   Nous sommes soit au Mans (centre de formation) soit à MAMERS. Cet arrière plan est commun à plusieurs CPA mettant en situation des soldats du 115, 315 ou du 27.


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CPA écrite le 10 mars 1916 par Valentin GODEFROY.

Né en 1877, marié  et demeurant à TRESSON en SARTHE, il fit son service au 130e RI en qualité de tambour de novembre 1898 à septembre 1901. Mobilisé le 04 aout 1914 (37 ans), il servira au 27e RIT jusqu'au 15 juin 1917. Il fera campagne contre l'Allemagne aux armées du 13 aout 1914 au 21 janvier 1919 (source archives départementale de la SARTHE).

11 soldats du 27e RIT posent avec leur clairon.


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CPA non voyagée, non datée.

Photo interressante présentant des soldats portant les attributs des 115, 315 RI et 27e RIT de différentes périodes (tenue à collet droit et rabattu, capote et veste bleu clair et gris bleu). Le soldat de gauche porte une veste civile. Il est probable que nous soyons au dépot de MAMERS en 1915.


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carte photo envoyée par l'adjudant GERMAIN, 2ème groupe, 1ère compagnie, 27e RIT. n° 1972.

(source CICR et fiche matricule) un adjudant GERMAIN Auguste Victor du 27e RIT a été capturé le 25/08/1914 à IWUY (NORD) et interné à ZINNA (TORGAU) et GARDENLAGEN du 25/08/1914 au 18/01/1919.

Sarthois de BOUËR (TUFFE), fils d'instituteur et instituteur lui même, il est bon pour le service mais dispensé (art 23 de la loi du 15/07/1889) pour engagement décennal (dans l'éducation). Cependant il est incorporé au 115e RI de MAMERS pour 1 année ( 14/11/1900 - 25/09/1901) d'où il sort caporal. Sergent dans la réserve (avril 1902) puis adjudant dans la territoriale (janvier 1910), il est mobilisé au 27e RIT le 03/08/1914 et rejoint le front le 12/08/1914 dans la région de VALENCIENNE. Il participe alors à la bataille de IWUY où le 27e RIT subit de lourdes pertes. Il y est porté disparu.

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CPA voyagée non datée.

"pendant que le photographe fixe son appareil les obus tombent autour de nous... La maison où je suis a été rasée il y a 8 jours par les obus allemands, la seule maison qui restait dans la rue, celle d'une modiste." Oncle Paul.

Un caporal du 27 RIT pose dans un village en proie au tir des obus allemands. Pas d'autres précisions.

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CPA écrite le 30 mai 1915 à DUNKERQUE.

Il s'agit de Léon PICONOT, soldat à la 20e Cie, 5e bataillon, 27e RIT.

Le 5e bataillon comprenait la 18e, 19e et 20e compagnie. Il ne fait pas parti de l'ordre de bataille du 27e RIT de MAMERS et dispose de son propre JMO. (recherche en cours). 

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CPA écrite par le caporal CORNET de la 19e cie du 5e bataillon du 27e RIT le 6 juin 1915 à DUNKERQUE. 


Le 27ème R.I.T. dans la guerre.

Mobilisé le 4 août 1914 à Mamers, le Régiment, composé de territoriaux de la Sarthe et de Paris, quitte son dépot le 12 aout sous le commandement du lieutenant-colonel Bernard. Il fait partie de la 84e Division Territoriale sous les ordres du général de Ferron, 168ème BI. Il participera au conflit et connaitra les grandes batailles (au moins 3700 tués). Il sera dissous en qualité de régiment le 15 aout 1918.  A cette date sera crée le 2° bataillon de Pionniers du 27RIT qui sera dissous le  24 janvier 1919. Un 5° bataillon (bataillon de place) sera maintenu à la dissolution du régiment et sera dissous le 4 janvier 1919. 

Son drapeau se verra orner de l'inscription SOMME 1916 (source décision 12350/SGA/DMPA/SHD/DAT du 14/09/2007)

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(source JMO)

Composition du régiment à son départ de Mamers: un état-major, 3 bataillons et 2 sections de mitrailleuses.


Etat-major

chef de corps: LCL Bernard

capitaine adjoint: CNE Saglier

médecin major de 2ème classe Jay

officier mitrailleur: LTN Begon

officier mitrailleur: LTN Pellevillain

officier des détails: LTN Valle

officier d'approvisionnement: LTN Lichtlé

officier porte drapeau: LTN Neumann

1er Bataillon

Chef de bataillon Bourdel

Médecin aide major Carlet

1ère Compagnie:

CNE Artuis

LTN Hervé

LTN Renaud

2ème Compagnie:

CNE Maury

LTN Jolivet

3ème Compagnie:

CNE le Matheux du Plessix

LTN Fleury

4ème Compagnie:

CNE Martin Morel

LTN D'Arbaud

SLT Pouthier

2ème Bataillon

Chef de bataillon Colle

Médecin aide major Barbaux

5ème Compagnie:

CNE Bellagamba

LTN Crapez

6ème Compagnie:

CNE David

LTN Madoulé

7ème Compagnie:

CNE Rufin

LTN Ruer

LTN Bedot

8ème Compagnie:

CNE Labouret

LTN Sternjacob


3ème Bataillon

chef de bataillon Benet de Montcarville

Medecin aide major Kresser

9ème Compagnie:

CNE Feydit

LTN Peillard

10ème Compagnie:

CNE Pullin

LTN Hillbois

LTN Godet (section téléphonique)

11ème Compagnie:

CNE Aubry

LTN St Martin

12ème Compagnie:

CNE Momiron

LTN Lucchinacci

CAMPAGNES DU NORD


(source "Notice historique le 27 RIT dans la grande guerre").

Après avoir été concentrée aux environs de Paris, toute la division est dirigée vers le nord et le 20 août le régiment prend position dans la région de Valenciennes.

Les 3 bataillons du 27 sont étendus sur un front démesuré, en liaison immédiate avec la gauche de l'armée anglaise qui défend la route à l'est de l'Escaut, tandis que le 27 a pour mission de barrer à l'ennemi le passage du fleuve et la route qui le longe à l'ouest.

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Le 22 août, au cours d’une reconnaissance, une patrouille de la 6e compagnie capture 8 ulhans commandés par le comte VON WEDEL.
Les troupes françaises ne forment qu’un mince rideau incapable de supporter le choc qui se prépare. Les Belges viennent d’évacuer Mons et, devant les puissantes avantgardes de la formidable armée d’invasion de VON KLUCK, les bataillons reçoivent successivement les 24 et 25 août l’ordre de se replier.
Le 1er bataillon, après un fort engagement au Pavé d’Hordain, est décimé par une attaque soudaine en traversant Iwuy, où le Lieutenant-Colonel BERNARD est tué d’une balle à la gorge. (le site suivant traite de ce moment : http://civils19141918.canalblog.com/archives/2012/...)

Les débris du bataillon, dont la 4e compagnie a toute entière été détruite, tandis que la 1re et la 2e ont subi de grosses pertes, rassemblés par le Commandant BOURDEL sont ramenés à Cambrai avec quelques éléments des 2e et 3e bataillons échappés à l’étreinte de forces infiniment supérieures.

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Pour ces deux bataillons, c’est en effet l’écrasement.
Le 2e bataillon, après avoir fait sauter les ponts d’Hergnies et de Mortagne près de Condé-Sur-l’Escaut, s’est replié sur Valenciennes, puis sur Famars où il retrouve le 3e bataillon.
Privé de son chef blessé, il passe alors sous les ordres du Commandant BENET DE MONTCARVILLE. Une brusque et violente attaque ennemie oblige à la retraite les deux bataillons.
Un premier groupe, appuyé par la cavalerie et l’artillerie anglaise, gagne le Cateau, d’où il est dirigé vers l’arrière pour être reformé.
Un deuxième groupe refoulé sur Haspres, Verchain et Vendegies est encerclé dans sa retraite et subit des pertes énormes. La 5e, la 8e et la 10e compagnies perdent les deux tiers de leur effectif, la 11ème compagnie est anéantie. Cependant, le 1er bataillon, qui a rejoint à Cambrai le gros de la Division, subit avec elle le 26 l’attaque ennemie. 

Bousculée par des forces écrasantes, la Division doit se replier sur Arras, protégée dans sa retraite par les éléments du 27e qui ont pour mission de défendre le Pont-Rouge, la voie ferrée et le débouché du Faubourg Saint-Olen.
Les débris du 27e, 250 hommes environ, groupés et soutenus par l’énergique autorité du Commandant BOURDEL, arrivent le 27 à Arras pour y suivre le sort de leur Division.

Le régiment, terrassé par la fatigue, atteint les environs de Rouen où il va se reformer. Il a perdu, en effet, son Colonel, la majeure partie de ses officiers et 60 % de son effectif.

LA SOMME

Après la victoire de la Marne, le 27e Territorial reformé à deux bataillons avec des renforts venus de différents dépôts, est dirigé sur Amiens qui vient d’être évacué par les forces allemandes. Il est joint aux groupes de Divisions Territoriales qui ont reçu l’ordre d’arrêter le mouvement débordant de l’aile droite ennemie. C’est la « Course à la mer ».
Le 20 septembre, le 27e reçoit un nouveau chef, le Commandant LESPAGNOL, de l’Infanterie de Marine, dont la puissante volonté va bientôt faire un régiment d’élite de cette troupe démoralisée par sa défaite. Sous son impulsion énergique, et sous celle du Commandant DE BOISSY-DUBOIS qui l’accompagne, le régiment, complété par un troisième bataillon fait d’éléments disparates venus des 27e, 29e et 31e Territorial, reçoit l’ordre de se diriger vers le nord d’Amiens sur la ligne Bapaume-Arras où se développe la lutte.

Les 26, 27 et 28 septembre, les 2e et 3e bataillons combattent à Villers-aux-Flô, Miraumont et Beauregard, assez glorieusement pour être félicités par le Général BRUGÈRE et le Colonel D’AXTREZ, commandant la 168e Brigade Territoriale. Le 1er bataillon, adjoint à la 167e Brigade, suit un autre sort. Dirigé sur Hébuterne où l’ennemi opère une violente pression, il est engagé brusquement à Monchy-aux-Bois, le 4 octobre. A Berles-aux-Bois, où il se retranche à la hâte, à Pommiers, Bienvillers-aux-Bois et la Gauchie, sa résistance lui coûte des pertes sensibles.
L’ennemi arrêté à Bapaume remonte vers le nord.

L’ARTOIS


Du 1er au 8 octobre, les 2e et 3e bataillons sont engagés à nouveau à l’aile française au nord et à l’est d’Arras, à Mercatel, Saint-Laurent-Blangy, la Maison-Blanche et Roclincourt. Ils contiennent la poussée ennemie, malgré la violence du feu de l’artillerie et les pertes subies. Le 21 octobre, le 1er bataillon rejoint les 2e et 3e bataillons aux environs d’Arras. Le 22 octobre, le Groupe des Divisions Territoriales est dissous, le 27e est rattaché à la Xe Armée. La guerre de position succède à la guerre de mouvement. 

LA TARGETTE, ECURIE, ROCLINCOURT. – La période qui commence sera l’une des plus dures périodes de guerre du régiment. Rattaché au 33e C.A. du Général PÉTAIN, le 27e est mis à la disposition de la 45e Division Algérienne, commandée successivement par les Généraux DRUDE et QUIQUANDON. Cantonné sous les marmites à Anzin et à Mareuil, où le P.C. du Colonel sera démoli de fond en comble, le 27e prend les tranchées avec les Zouaves, les Tirailleurs et les Joyeux sur le front Ecurie-Roclincourt-La Targette, au pied des crêtes que couronnent Thélus et Vimy, dans cette région qu’illustrera plus tard la prise du Labyrinthe et dont les pluies d’hiver transforment en un champ de boue, la forte terre argileuse. Dans cette période héroïque, la lutte est incessante.
Nos positions sont en butte aux attaques d’un «ennemi extrêmement agressif et entreprenant ». Et les ripostes énergiques des troupes françaises en font un secteur « particulièrement difficile ». Il faut aussi lutter contre la boue et cette lutte est aussi tragique que l’autre. Le 27e partage le sort des troupes coloniales. Il participe au coup de main de la Maison-Blanche, le 21 novembre et prend part à de nombreuses attaques au cours desquelles il fait des prisonniers. Les 1e et 4e compagnies sont citées toutes entières à l’Ordre de la Division Algérienne. Des détachements de la 8e et de la 12e compagnie et le régiment tout entier sont félicités éloquemment par le Général DRUDE. Au retour des tranchées, pendant les périodes de repos le 27e travaille. Il participe sans relâche aux travaux de défense et à la guerre de mines, menée dans ce secteur terrible par la compagnie du Génie  POMEAU, citée deux fois à l’Ordre de l’Armée et honorée de la fourragère. Le 27e, dont les pertes et les souffrances s’aggravent au cours de ces rudes travaux qu’il a tous partagés, est cité à l’Ordre de la Division par le Général QUIQUANDON.

BELLACOURT, AGNY. – Le 22 mai 1915, le 27e est détaché du 33e Corps pour être mis à la disposition du 4e Corps d’Armée. Il va prendre les tranchées à Bellacourt (Sud d’Arras), et la vie dans ce secteur calme et bien organisé lui paraît une vie de repos. Le 10 juin, le 27e quitte Bellacourt et prend le secteur d’Agny qu’il abandonne au bout d’un mois, après en avoir amélioré la défense de telle façon qu’il reçoit les félicitations des Généraux CHÂTELAIN et GALLET, commandants les 84e et 88e Divisions, dont il va cesser de faire partie.

ARRAS. – Le 7 juillet 1915, le 27e Territorial est définitivement rattaché au 17e Corps d’Armée commandé par le Général J.-B. DUMAS. Il rejoint aussitôt Arras où il restera jusqu’à la fin de février 1916. C’est encore une période rude et pénible qui commence. Et les pertes du régiment vont grossir davantage. Dans cette ville où les canons allemands accumulent les ruines, où le Drapeau du Régiment sera brisé et déchiré par un obus dans le P.C. détruit du Colonel, un bataillon occupe les tranchées de premières lignes à Saint-Sauveur et à Ronville, tandis qu’un autre occupe la ligne intermédiaire de défense.
Le régiment devient Régiment de place, pendant ses périodes de repos. Au sortir des tranchées avancées, il assure sans arrêt les services et les travaux de fortification que les obus allemands s’attachent à détruire. Il réorganise entièrement la défense da la ville sous les ordres du Colonel LESPAGNOL, nommé Commandant d’Armes. Il établit pour la garnison une ceinture d’abris puissants et complète les positions qui barrent la vallée de la Scarpe. Au moment de l’offensive du 25 septembre 1915, le régiment prend part aux travaux d’approche sous les bombardements les plus violents. Les 2e et 3e bataillons occupent pendant l’attaque les tranchées de la ligne intermédiaire de soutien. Et le 1er bataillon participe au mouvement en ravitaillant les troupes d’assaut. Au cours de cette mission, une section de la 3e compagnie est citée pour sa belle conduite à l’Ordre du Corps d’Armée. Après l’offensive de septembre, les bataillons mis à la disposition de la 33e et de la 34e D.I., sont adjoints aux unités actives. Ils forment, à tour de rôle, le 3e bataillon du 207e R.I. et contribuent soit avec lui, soit avec d’autres corps, à la défense des quartiers d’Agny, d’Achicourt et de Blangy. Pendant les mois d’hiver, le régiment retrouve les souffrances qu’il a connues à Ecurie et à Roclincourt. Le Corps d’Armée va être relevé tout entier par l’Armée anglaise. Le 27e quitte Arras et la terre d’Artois qu’il a arrosée si largement de son sang. Il emporte les félicitations du Général EON, commandant la 33e D.I. et du Général J.-B. DUMAS, commandant le 17e C.A. Mais il a laissé là 38 % de son effectif total.

LA LORRAINE


Le régiment, après une courte période de « rafraîchissement » est dirigé sur la Lorraine où, pendant deux mois, il est mis à la disposition de la D.E.S. du détachement de l’Armée de Lorraine, pour les travaux forestiers. Dans cette province riche et accueillante qui environne Nancy, la vie agreste et
sans danger devient, malgré ses fatigues, un repos pour ces hommes habitués au rude métier des armes.

LA CHAMPAGNE


LE MARSON. – Le lundi de Pâques 1916, le régiment part de la Lorraine pour débarquer en Champagne près de Valmy. Ses bataillons occupent la deuxième ligne de la région de Beauséjour,  Butte du Mesnil, Main de Massiges, à l’extrême droite de l’Armée de Châlons, et exécutent en première ligne, sous un bombardement pénible, de durs travaux de sape ou d’enfouissement de lignes téléphoniques. Le 26 juillet, le 27e, moins le 2e bataillon qui y restera jusqu’au 10 août, quitte le Marson et ses falaises désolées couvertes des croix innombrables de ceux qui tombèrent aux attaques de septembre 1915.

PROSNES. – Le régiment est affecté au Groupement Ouest de l’Armée de Châlons. Après avoir accompli une courte période d’instruction, il va occuper le 12 août, au pied du puissant massif de Moronvillers, le calme secteur de Prosnes, dont les qualités d’organisation de ses chefs font, peu à peu, malgré son immense développement, un secteur modèle doté de tous les perfectionnements de la guerre moderne.
Le 12 octobre, le Colonel LESPAGNOL, qui a été longtemps l’âme de ce régiment et dont le souvenir austère domine son histoire, sentant ses forces défaillir à la tâche, quitte son poste. Après un intérim où le Commandant DE BOISSY prouve ses qualités brillantes d’organisateur, le Lieutenant-Colonel MEYER, du 8e Chasseurs à Cheval, est appelé au commandement du régiment le 20 novembre 1916. Guidé par son activité vigoureuse, le 27e continue les traditions passées, et les travaux entrepris. Il réalise la défense de la voie Romaine et du centre de résistance de Prosnes. Les pertes du régiment, depuis son séjour en Champagne et malgré un coup de main ennemi sur nos lignes, avaient été modérées. Elles vont grossir brusquement. Le 31 janvier, avec un froid de 21°, une attaque par gaz exécutée par l’ennemi, sur un front de 18 kilomètres, engage tout le Corps d’Armée. Elle fait éprouver au régiment des pertes énormes. Dans cette terrible journée et celles qui suivirent, il compte 250 morts (dont 3 officiers) et 400 blessés (dont 20 officiers). Mais il continue à tenir la ligne de façon héroïque et les reconnaissances ennemies dispersées par le feu n’arrivent même pas aux fils de fer. Le 2 février, le régiment est relevé pour se reformer. Il reçoit les félicitations du commandement et se voit décerner 5 citations à l’Ordre de l’Armée, 9 citations à l’Ordre du Corps d’Armée et 23 citations à l’Ordre du Régiment. Grâce à l’adjonction d’un bataillon du 276e Territorial, il se reconstitue à trois bataillons. Puis, le 28 février, le régiment remonte en ligne dans son ancien secteur, bouleversé par les gelées, les pluies et les bombardements. Ce secteur, jadis assez calme, devient de plus en plus agité et l’ennemi tente de nombreux coups de main. Le bombardement devient incessant. Le 20 mars, le régiment est relevé. Il abandonne Prosnes après avoir éprouvé de nouvelles pertes. Les bataillons sont mis à la disposition de la 45e Division, où ils retrouvent les Zouaves et les Joyeux sous les ordres du Général NAULIN et de la 33e Division toujours commandée par le Général EON. Il exécute des travaux pénibles et rudes en vue de l’offensive. Le 17 avril, son chef, le Colonel MEYER, est nommé au commandement du 59e Régiment d‘Infanterie qui vient de perdre son Colonel et son Etat-Major, tués dans le P .C. de Prosnes que le 27e vient de quitter.

Le Lieutenant-Colonel DE SAINTE-COLOMBE DE BOISSONNADE, prend le commandement du 27e qui continue les travaux et le ravitaillement des premières lignes jusqu’au 25 juin. L’offensive victorieuse a coûté de nouvelles pertes au régiment. Il a vu tomber, sur les pentes de Moronvillers, 34 tués et 178 blessés. Après le Nord, la Lorraine et l’Artois, le 27e va quitter cette Champagne où il a versé tant de sang. En échange des lauriers qu’il emporte, citations individuelles ou d’unités, il a perdu dans ces campagnes crayeuses 45 % de son effectif. Le Commandant BOURDEL, appelé à d’autres fonctions, fait ses adieux au 1er bataillon qu’il a commandé depuis près de 3 ans.

LA WOËVRE


Avec le 17e Corps d‘Armée, dont le Général HENRYS vient de prendre le commandement, le 27e va maintenant faire partie de l’Armée de Verdun. Le 28 juin, il entre de nouveau en ligne dans le secteur des Etangs, face à Apremont, dans les plaines argileuses et boisées de la Woëvre, au pied des Hauts de Meuse que couronnent les lignes allemandes. Le 27e forme l’extrême droite de la 2e Armée. Jusqu’au 2 octobre, il va tenir à deux bataillons, avec des pertes modérées (1 %), malgré les bombardements et un coup de main ennemi, ce secteur qu’illustre encore le souvenir de la Division MARCHAND et dont les positions composées de petits postes isolés aux lisières des bois forment par leurs gabionnades pittoresques un contraste si singulier avec les tranchées d’Artois et de Champagne. Sous la direction clairvoyante et méthodique du Colonel DE SAINTE-COLOMBE, le régiment, fidèle à ses traditions, réorganise la défense en profondeur de ces bois et les voies de communication nécessaires pour relier les ouvrages disséminés à la surface d’un sol marécageux.
Le 3e bataillon est dissous le 1er septembre. Le 4 octobre, le régiment, formé désormais à deux bataillons, est remplacé par un régiment actif et ses unités sont dispersées sur tout le front du C. A. pour être mises à la disposition des trois Divisions qui le composent, tandis que le Colonel et son Etat-Major sont chargés par le Corps d’Armée, d’une mission spéciale de topographie et de contrôle.

VERDUN


Le 17 Novembre, le régiment est relevé et suit le Corps d’Armée à Verdun. Tandis que les unités au repos travaillent à la remise en état des cantonnements, trois compagnies sont mises à la disposition des Corps actifs dans le dur secteur des Chambrettes, pour les travaux et le ravitaillement en ligne des troupes combattantes. Dans cette région toujours agitée, où les attaques d’infanterie succèdent aux bombardements de tous calibres, où l’ennemi emploie journellement les gaz toxiques, et où la mauvaise saison apporte elle aussi ses rigueurs et ses tristesses, les pertes des unités s’élèvent à 14 % à la date du 31 décembre 1917. Pour ces hommes, qui ont pourtant connu de dures périodes, les ravins boueux et dévastés qui entourent Verdun rappellent et dépassent les plus terribles époques de la guerre.

Telle fut pendant ces 41 mois de guerre, la vie du 27e Régiment Territorial d’Infanterie. Ce fut une vie de travail obscur et ininterrompu, de souffrances patiemment endurées, de devoir simplement accompli. Mieux peut-être que les grands exploits nés d’une exaltation fugitive, elle symbolise l’humble héroïsme de ces soldats à cheveux blancs qui luttent depuis plus de trois ans dans l’oubli et qui meurent chaque jour pour la France, loin du foyer abandonné. Le nombre des distinctions accordées au régiment, les félicitations dont il fut l’objet sont d’ailleurs la preuve manifeste de sa valeur.
Il compte :
2 rosettes d’Officiers de la Légion d’Honneur ;
9 Croix de Chevaliers ;
44 Médailles militaires ;
558 Croix de Guerre avec :
21 citations à l’Ordre de l’Armée ;
46 citations à l’Ordre du Corps d’Armée ;
78 citations à l’Ordre de la Division ;
83 citations à l’Ordre de la Brigade ;
330 citations à l’Ordre du Régiment.


Le régiment tout entier, ainsi que les 1e, 2e et 4e compagnies sont cités à l’Ordre de la Division ou de la Brigade, ainsi qu’une section de la 3e compagnie. Toute cette gloire fut chèrement payée.
Depuis le début de la campagne, le 27e compte 3.723 tués, blessés ou disparus. Si on en déduit les pertes éprouvées en août 1914 sur la frontière de Belgique, le régiment compte depuis la bataille de la Marne : 444 tués – 1.404 blessés – 69 disparus.
Ces chiffres attestent éloquemment que les lauriers, dont s’honore le régiment, furent conquis dans des heures tragiques par la souffrance et par le sang.

(fin de l'historique)

Le 27 RIT (EM et les 3 bataillons de combat) est dissous le 15 aout 1918 en exécution de la note GQG n°14340 du 12 juillet 1918.

Le 5ème bataillon (instruction réserve ?) reste actif et sera dissous le 4 janvier 1919.

Ce même jour ( 15/08/1918) est crée le 2ème bataillon de Pionniers du 27°RIT avec les éléments provenant de la CHR et du 2° bataillon du 27RIT. Il est composé de 3 compagnies à 4 sections (2 pelotons) et d'un EM restreint.Il sera dissous le le 24 janvier 1919.


2° Bataillon de Pionniers du 27 RIT

15/08/18 - 21/01/1919

Composition du bataillon à sa création:

- commandement

Chef de Bataillon CBA DERRIEZ

Officier des détails LTN EDON

Médecin Aide Major de 1 classe BLANC

  

- 5 ° compagnie:

CdU: CNE BELLON de CHASSY

Chef de peloton: LTN LEROY

Chef de peloton: LTN VERGNOL

- 6° compagnie

CdU: LTN GUILLOT

Chef de peloton: LTN GALLANT

Chef de peloton: SLT JANICAUD

- 7° compagnie

CdU: CNE MARULAZ

Chef de peloton: SLT CHENILLE de BARDY

En construction


Ci-dessous, quelques combattants issus du tableau d'honneur.

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27_ROSTAING


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CPAs non voyagées.

inauguré le 17 juillet 1921, le monument aux morts du 27e RITa été édifié par les soins de l'association amicale des anciens du 27e RIT. Il est situé sur la commune de PROSNES.


Autres informations: 

Cf. mémoires et carnets de guerre du caporal DROUIN Auguste / encart 27 RIT sur le site http://www.chtimiste.com/