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Cette page, au travers des cartes postales et d'images issues des albums (albums militaires, infanterie, livraison 1 et 2, service intérieur et en campagne), retrace quelques morceaux de la vie des soldats au 115e RI de Mamers ou Nogent le Rotrou.

l'incorporation.

octobre 1908 "je suis en ce moment à la cantine, ne suis pas encore habillé et attend ma visite au major. Le rata n'est pas moche et les lits épatants seulement les parisiens sont rares ..." JOLLY Clément 6ème Cie.

Tout français doit le service militaire personnel. Le recrutement de l'armée s'opère par des appels annuels, en octobre, effectués au moyens de tirage au sort et subsidiairement par des engagements.

Le 115 ème régiment d'infanterie comptait parmis ses recrues des sarthois, des mayennais mais aussi une forte proportion de parisiens. Arrivant à la gare de Mamers, le nouveau contingent annuel d'octobre était accueilli et conduit à la caserne distante de 2 km.

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la restauration, la chambrée et les détentes

Chaque bataillon avait sa cuisine et son foyer. (ici le foyer du 2ème bataillon et les cuisines du 1er et 3ème bataillon).

Le livre du gradé de 1894: art.358 Les hommes font deux repas principaux par jour; autant que possible, ils doivent avoir pris le café avant le travail du matin. Le pain, la viande, les légumes, le café constituent la base de l'alimentation du soldat...L'eau constitue la boisson habituelle du soldat, exceptionnellement des rations de vin.

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Mr MINET, cantinier

115ème d'INF, 1er BAT, n°1

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Mme DELAROCHE cantinière

115eme d'INF, 1er Bat, N°1

la tenue des chambres

"quoiqu'en dise notre photographe nous ne mangeons pas dans notre chambre, mais ce n'en est pas plus luxieux pour cela..." soldat Bonard. Cette remarque s'applique à cette carte postale de chambrée déjeunant sur la table commune. Cependant le réglement n'interdisait pas de manger sur la table de la chambrée.

Le livre du gradé de 1894: art.355: Au réveil, on découvre les lits en relevant et ployant successivement au pied du lit les différentes parties de la fourniture; les lits restent découverts au moins pendant 1 heure. Les chambres sont nettoyées; les planches à pain et à bagages, les tables, les bancs, etc, sont essuyés; les ordures sont déposées dans la partie du quartier désignée.

Tous les samedis, les planchers sont lavés et frottés avec du sable humide, additionné d'une petite quantité de potasse...; les vitres sont nettoyées; les couvertures et les matelas sont battus au grand air.

Il est défendu de mettre du linge entre la paillasse et le matelas, de manger sur les lits, d'y déposer des aliments, de se coucher sur les lits avec la chaussure aux pieds, de fumer dans les chambres pendant la nuit, d'y cracher et d'y vider les pipes ailleurs que dans les crachoirs et d'y entrer avant d'avoir décrotté ses chaussures.

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les corvées

La fameuse corvée de "patate" n'était pas une légende et les compagnies oeuvraient pour la popote de leur bataillon. Les hommes sont tenus chaque jour d'éplucher les légumes et d'aller chercher la viande qui leur revient, sous la surveillance et la responsabilité du caporal d'ordinaire. Les vivres sont ensuite portés à un cuisinier par compagnie qui est chargé de préparer les repas.

Les Travaux d'Interet généraux (TIG) font partis du quotidien du soldat en caserne. Ils vont de l'entretien du casernement au changement du foin des paillasses en passant par le déblayage de la neige à l'occasion.

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Hygienne et entretien des effets

La vie à Mamers n'etait pas la plus simple pour la garnison. Un problème récurrent, jusqu'à la réalisation de travaux, fut l'eau courante à la caserne, où seul un puit et des citernes l'alimentaient. Celle-ci nécessitait 90 m3 d'eau par jour pour les 1200 hommes de la caserne. Ainsi pour répondre à ce besoin, les soldats disposaient de lavoir militaire le long de la"Dive", petite rivière qui fut la cause de la catastrophe de 1904 à Mamers. Les soldats de Nogent ne connaissaient pas ce problème.

Le livre du gradé de 1894 précise: Art. 353. Chaque jour, au lever, les hommes doivent se nettoyer la tête, se rincer la bouche et se laver avec soin la figure et les mains; la serviette employée doit être propre; il est interdit de se servir des serviettes d'un camarade. Le linge de corps est changé une fois au moins par semaine; quand le linge sale n'est pas envoyé immédiatement au blanchissage, il est séché, plié et placé dans la poche du havresac à ce destinée. Il est donné un bain par aspersion tous les quinze jours au minimum. Une fois par semaine au moins, on procède au lavage des pieds et des jambes.

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le maniement des armes et la préparation au combat

Les sections aux ordres des sergents apprenaient les rudiments du maniement des armes dans la cours de la caserne ou sur le champ de manœuvre. A l'aide de cibles et de silhouettes représentées sur les façades, les soldats apprenaient à évaluer les distances en fonction de la taille de l'objectif et évidemment à viser. Les casernes disposaient aussi d'agrès de gymnastiques et d'audace où les escouades se confrontaient dans des concours de forces, d'équilibre et de courage. Des champs de tir (CT) se trouvaient plus ou moins à proximité (ST LONGIS et forêt de PERSEIGNE pour MAMERS, un CT aurait tenu place sur le champ de manœuvre de NOGENT LE ROTROU).

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CPA datée du 18 juillet 1909.

Les militaires encadrent certaines séances des sociétés mixtes de tir. On aperçoit plusieurs civils tenant dans leurs mains des fusils LEBEL. 

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les rassemblements

Le rapport de la compagnie est journalier. Il permet de faire le point des effectifs, des malades, de donner les ordres et d'écouter les consignes et les messages des différentes autorités de la compagnie.

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La musique

Dans chaque régiment d'infanterie, on retrouve une musique. Celle du 115ème RI donnait à l'occasion des concerts le jeudi place des Halles (place Carnot), le dimanche place des Grouas, autour du kiosque et à l’occasion au théâtre (dont l’un en 1879 avec la chanteuse Madame Thérésa au profit des sinistrés de la grêle). Distraction importante de l'époque, la population comme les soldats de la caserne assistaitent avec ferveur à ces démonstrations.

La musique était aussi sollicitée à l'occasion de foires et concours comme ci-dessous au concours hippique de Mortagne au Perche (1908).

Un autre encart est developpé sur la musique dans l'onglet "les soldats du 115 avant guerre"

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Le service

A charge des compagnies par roulement, les pelotons au sein de celles-ci se relève pour prendre "le piquet" (la garde à l'entrée de la caserne). 

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(les images ci-dessous proviennent d'internet et non de ma collection http://1914-18.be)

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les prises d'armes

Le quotidien des soldats est aussi agrémenté des cérémonials militaires, revues, ordres serrés, défilés et remises de récompenses.

Il semble que la place de la République était un lieu propice pour les exercices de défilé et évidement les remises de récompenses, en particulier la médaille militaire et la légion d'honneur à l'occasion des commémorations du 14 juillet.

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Les permissions

(extrait réglement de service intérieur des corps de troupe d'infanterie (décret du 25/08/1913)).

"Les permissions sont toujours une récompenses et jamais un droit... Le chef de corps a toute qualité pour accorder des permissions faisant mutation aux militaires du régiment:

- jusqu'à 30 jours avec solde pour les officiers;

-jusqu'à 30 jours avec solde et accessoires aux sous-officiers dont le service à dépassé la durée légale;

-jusqu'à 30 jours, sans solde mais haute paye, aux caporaux et soldats dont le service à dépassé la durée légale;

- 120 jours de permission ou de congé, en dehors des dimanches et jours fériés, au cours des 3 années de service aux sous-officiers, caporaux et soldats n'ayant pas encore accompli la durée légale des services (loi du 21/03/1905, modifiée le 07/08/1913).

Ces congés ou permissions ne pourront être supprimés qu'en cas de punition grave. Ils sont subordonnés aux nécessités du service: Les permissions sont accordées de préférence aux époques où la progression de l'instruction s'y prête le mieux, à celles des fêtes légales, des travaux agricoles ou à l'occasion d'événements ou de cérémonie de famille. Tous les militaires doivent, en principe, être présents pendant les séjours dans les camps d'instruction et les manœuvres d'automnes."

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