192108_caserne

2014-11-02_191302

2014-11-02_203125

Connue au 19ème siècle pour son commerce et son industrie dans les domaines du bois , de l’élevage du cheval percheron, de la production de textile et du chanvre, la ville de Mamers était aussi connue au début du 20ème pour ses cultures céréalières, ses dentellières et ses foires agricoles. Joseph Caillaux, député de la circonscription, ministre et président du conseil , en fut un des fervents représentants à la capitale.

Sur un plan militaire, Mamers, suite à la loi du 06 aout 1874, devient chef lieu de subdivision de région territoriale en charge d'assurer le recensement et la mobilisation (si besoin) de la nouvelle armée territoriale. Dans le cadre de la loi sur l'organisation des armées du 24 juillet 1874 et du décret du 21 novembre 1874 et suite à l'action de la municipalité, Mamers allait devenir une ville de garnison.

2014-11-02_195230

2014-11-02_195509

2014-11-02_195547

La garnison de Mamers fait rarement la joie de son soldat. Nombreux sont les commentaires peu sympathiques pour cette petite ville du nord Sarthe. Ci dessous quelques extraits:

"...Pour l'instant la vie militaire est moche, la ville est pas belle. Il y a que les petites cousines pour nous distraire mais surtout la musique..." mars 1905

Ce soldat parle t'il de la maison de tolérance et des 7 demoiselles logeuses au 10 rue Chatelaine?

"...je suis arrivée à Mamers. La ville n'est pas bien belle mais je pense m'y habituer quand même malgré que les premiers jours je me suis bien ennuyer auprès de la vie civile ..." juin 1907

"... j'ai quitté le Mans il y a 8 jours, je suis à Mamers maintenant, c'est pas une belle ville. Le métier ça va à moitié, j'ai eu un peu de mal à marcher au pas. La nourriture ça va à moitié. Pour commencer on en avait trop, maintenant on en a à peine..." octobre 1910

"... mais la ville quel trou. A 7 heures toute la ville dort. Je regrette CHARTRES car ici on ne peut les mettre en perm car pour aller à PARIS, il faut changer 4 fois de train on met 13 heures en route. Comme tu vois ce n'est pas le plan!" février 1919.

Les dimanches (jour de repos), le soldat cherche à s'extraire de la caserne. Dès lors il se promène avec ses camarades d'escouade.

"... Dimanche dernier nous avons été nous promener à Origny le roux à trois kilomètres de Mamers, dans un petit patelin prendre un verre. Le dimanche nous parait moins long que de rester à la caserne ..."


Etude du recensement de MAMERS (source archives départementales).

Le recensement de 1906 nous donne quelques informations sur les cadres du régiment.

54 officiers, 29 sous-officiers, 5 personnels civils du 115e RI et du bureau de recrutement sont déclarés sur le registre de 1906.

Concernant les officiers, ceux-ci logent tous en ville et aucun d'entre eux dans la caserne. 25 sont célibataires et 29 sont mariés dont 10 sans enfant au domicile en 1906. Leur age est compris entre 23 et 59 ans (le chef de corps) pour une moyenne de 38 ans (ce qui est âgé comparé à aujourd'hui).

Pour les sous-officiers, 29 sont identifiés sur le registre. Il s'agit surement des ré engagés. Leur age est compris entre 26 et 41 ans pour une moyenne de 31 ans. 2 seulement sont célibataires, les autres étant mariés dont 13 avec enfants.

Plusieurs familles vivaient dans la caserne et chose étrange, il s'agissait majoritairement de civils. On dénombre: 

- un casernier, LEMEN François, marié;

- un horloger cantinier, DERESSE Georges, marié;

- un cantinier, DELAROCHE Casimir, marié;

- un armurier cantinier, le caporal LEGEAY Julien, marié avec 2 enfants en 1906.

Enfin le recensement nous indique que le maitre tailleur du régiment , M LOUVEL Ernest, habitait en ville tout comme un autre armurier, SCHELL Alphonse.


On retrouve nos soldats de la caserne aussi dans le centre ville de Mamers ou dans ses environs proches.

En premier lieu, c'est souvent devant les estaminets ou le cercle militaire qui était sur la place de la République que l'on retrouve nos soldats en tenue de sortie. Parfois seul, souvent en binôme, il est  cependant plus rare de voir photographié un groupe (en dessous un sergent fourrier et 3 soldats semblant réaliser quelques courses). 

pl_rep_cercle mili2

pl_rep_cercle mili

pl_rep_cercle mili1

pl_rep

pl_rep1

2016-07-13_220003

Ici une belle "brochette" de sous officiers (sergent major et sergent rengagés) du 115 en tenue de sortie.

C'est aussi sur la place Carnot d'avant guerre, sans son monument aux Morts (1922) ou sa fontaine (1985) mais avec son bar "la rotonde", l'église Saint Nicolas et ses halles, pareils à aujourd'hui. 

Seul posant devant l'objectif comme ce cycliste et ce sergent du corps administratif ou de l'état-major, en groupe devant le théâtre, sur la place sortant certainement de la messe du dimanche ou rentrant en ordre serré vers la caserne par la rue Nationale , le soldat est souvent la cible du photographe.

pl_carnot_theatre1

pl_carnot2

pl_carnot_halle

pl_carnot_theatre

pl_carnot1

pl_carnot

A proximité de la place Carnot, on retrouve nos soldats dans la rue du Fort ou la Grande Rue (actuelle Rue du 115ème RI) où l'établissement "Brière" tabac, vins et café semblait avoir un certain succès.

C'est sur le chemin du régiment, rue Denfert Rochereau, rue Charles Granger ou rue Nationale (actuelle rue du docteur Godard) que nos sergent major affrontent les rigueurs de l'hiver

grd_rue1

grd_rue2

grd_rue

rue_du_fort1

rue_du_fort

rue_du_fort3

rue_du_fort4

bd_pasteur

cours_du_bois

quai_barutel

rue_ch_granger1

rue_ch_granger

rue_nat

rue_nat1

rue_nat3

rue_nat2

rue_nat4

rue_nat5

sortie_caserne

2017-01-03_204648

CPA écrite le 20/09/1904 par le commandant BORDEAUX.

2 militaires en bourgeron sont présents sur cette carte. Il semble plus d’astreinte qu'au jeu!

Peu d'information sur l'emplacement de ces terrains de "Lawn-Tennis" (Jeu de Paume sur gazon, en anglais) à cette époque! 

Selon le recensement de 1906 et la base LEONORE, le commandant BORDEAUX Alexandre était le chef du bureau de recrutement de MAMERS.

CPA photo écrite le 24 octobre 1908 par Louis HURAULT à mademoiselle Berthe BOURGERIE, Belleme, orne.

Ici un sergent fourrier et un sergent sur la place Carnot, dos au théâtre. 

Louis HURAULT, qui est certainement l'un des deux hommes, sera sergent major à la déclaration de guerre et sera fait prisonnier au camp de SOLTAU, HANNOVRE (cf. page 115 1914-1919 prisonniers de guerre). Mademoiselle Berthe deviendra madame HURAULT.

2016-05-14_195101