Le 7 juin 1904, un orage frappe la ville de Mamers (Sarthe) et les communes environnantes. La rivière Dive, qui entre rapidement en crue, se transforme en un torrent furieux qui inonde la basse ville de plusieurs mètres d'épaisseur d'eau et de boue. Le bilan est lourd: La ville de Mamers perdit dix sept de ses habitants.

(Pour ceux qui voudrait en savoir plus, je vous invite à lire cet article http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?articl...)

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extrait du supplément illustré du Petit Journal du 26 juin 1904:

 "dans la catastrophe si soudaine et si inattendue qui s'est abattue sur la charmante ville de Mamers et sur ses environs, on sait quel rôle admirable ont joué les officiers et les soldats de la garnison. C'est à leur sang-froid, à leur habileté, à leur dévouement, à leur courage qu'on doit de n'avoir eu à compter un plus grand nombre de victimes.

Ils ont combattu le fléau avec une vigueur et une promptitude admirables, et plus d'un malheureux, que le torrent roulait dans ses eaux furieuses, fut arraché à une mort certaine par un officier ou par un soldat du 115ème de ligne. Le danger passé, c'est encore eux, qui ont apporté le secours de leur bras à la ville de Mamers pour déblayer les quais, enlever les débris de toutes sortes et consolider les immeubles atteints par les inondations.

C'est ainsi que s'exerce , dans la paix, l'action fraternelle et bienfaisante de notre armée ...".

Aussitôt que la catastrophe se fut produite, le 115e régiment d’infanterie, avec la population de sa garnison, organisa le sauvetage des habitants des maisons emportées.

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De nombreux actes de dévouement ont été répertoriés parmi les soldats du 115.  Ci-dessous quelques extraits:

"...Le caporal DERIF et trois soldats de son escouade, PAQUET, COMOCHE et BERARD enlevèrent de terre deux immenses mâts qui avaient été élevés dans le jardin du collège Saint Paul à l’occasion d’une fête. A force de bras ils apportèrent ces deux mâts sur la rive, les inclinèrent dans la direction du moulin de telle façon que l’une des extrémités s’appuyât sur le rebord d’une des fenêtres, l’autre restant fixée à terre. Sans s’inquiéter même de savoir si cette passerelle n’allait pas céder au premier heurt, à la force des poignets, ils franchirent le vide, au-dessus du torrent, prenant à bras le corps un homme, une femme et les ramenant sains et saufs au pensionnat Saint Joseph."

"...Dans une autre maison où le plancher du rez-de-chaussée, soulevé tout d’une pièce, était collé au plafond, le Commissaire de Police DELAVERGNE, aidé du cantinier du 115e, le soldat DELAROCHE, et du lieutenant de réserve LOYSSET entrèrent dans l’eau. S’aidant de matériaux de toutes sortes, ils parvinrent aux fenêtres du premier étage et, un à un, sauvèrent des enfants."

"...Dans une prairie voisine des abattoirs, un homme qui put échapper par miracle à l’effondrement d’une maison sous les décombres de laquelle quatre personnes venaient de trouver la mort, était réfugié au sommet d’un arbre.. L’Abbé TEYSSIER, se défaisant de sa soutane, se faisant attacher une corde aux reins, se mit à la nage. Un remous, un instant, l’engloutit. Sous le choc la corde se rompit. Le Lieutenant ANTOINE s’élança. L’abbé réapparut à la surface de l’eau et, tous deux, prêtre et soldat, réussirent, avec l’aide d’un troisième sauveteur, nommé CHAUDEMANCHE, à saisir l’homme an danger."

"...Un Officier, le Capitaine DEROMME, voyant une sœur tentant de sauver quelques femmes, s’élança sur le mur, suivi de son ordonnance, le soldat LE HOUX, et ils rejoignirent la religieuse au moment où celle-ci tendait le bras vers l’une des malheureuses."

Lettre de félicitations du ministre de l'interieur au sergent Loriferne: "Lors de la catastrophe de Mamers le 7 juin 1904, a rivalisé de courage et exposé plusieurs fois sa vie en sauvant ou coopérant au sauvetage de plusieurs personnes en péril d'être noyées ou ensevelies sous les ruines de leurs maisons détruites par l'innondation."

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Après la tempête et les secours, le 115 de ligne assiste les recherches des disparus, consolide ou détruit les batiments, nettoie les rues et la rivière.

C'est au moulin de la ville que s'est concentrée la fureur des flots, arrachant des pans entiers de maisons, déversant alors en aval son lot d'obstacles démultipliant le pouvoir dévastateur du courant. Et c'est là où les photographes retrouvent les cadres et soldats du 115.

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La surveillance des sites incombe aussi aux militaires.

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Tout comme la recherche des disparus

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En présence d’un pareil désastre, la levée des corps donna lieu à d’imposantes manifestations. Le Président de la République envoya mille francs. Le Préfet se joignit à Monseigneur de BONFILS, Evêque du Mans, pour présider aux obsèques. Elles eurent lieu le 10 Juin, au milieu d’une affluence consternée. 

Le 115ème Régiment d'Infanterie rendit les honneurs aux victimes de la mairie jusqu'au cimetière.

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