Cette page est consacrée à l'histoire du 115 de 1914 à 1919 au travers de ses campagnes. Les récits sont issus de l'historique du 115RI (1920) et de la notice historique du 115 (1920 et 1950), sans ommettre les Journaux de Marche du régiment, de la 16° brigade, de la 8° division d'infanterie et du 4 ème corps d'armée.

Vous y retrouverez aussi des citations collectives du régiments (sections à régiments).



(extrait de l'historique du 115ème RI, 1920)

"Aux Morts du 115° Régiment d'Infanterie".

ce que les mots: Devoir, héroïsme, patrie, renferment de souffrances, de sueurs et de sang, qui le dirait mieux que l'histoire d'un Régiment au cours de cette longue guerre: la plus puissante et la plus formidable qui fut, par la durée, les moyens matériels mis en jeu, et le nombre des combattants; la plus terrible et la plus sanglante qui fut aussi par la sauvagerie de la lutte...

L'histoire du 115 sera pour ceux qui viendront une leçon de vertus morales et guerrières. Ils verront quelle est la mesure d'un homme. Ils verront quelle est la part de ce beau régiment dans la plus grande guerre de l'histoire, livré pour défendre la cause la plus sacrée: la liberté... Ils sauront alors pourquoi le Drapeau du 115 s'orne d'une croix de guerre avec deux palmes et une étoile de vermeil et d'un fouragère aux couleurs du ruban de cette croix de guerre.

couverture_historique_115RI

Ils saurant enfin de quel prix leurs anciens ont payé ces insignes de gloire:

ILS POURRONT ETRE FIERS!


les citations collectives du régiment

Citations de sections

Citation à l’ordre du régiment de la 3ème section de la 3ème compagnie, 1er bataillon (combats de Champagne 25/09 – 20/10/1915)

« Le 25 septembre s’est portée en avant sans hésiter malgré les pertes sérieuses que lui causèrent les mitrailleuses ennemies, pour soutenir les fractions très éprouvées de notre régiment. »

Citation à l'ordre du régiment de la 3ème section de la 7ème compagnie, 2ème Bataillon (combats de Champagne 25/09 - 20/10/1915)

" S'est particulièrement distinguée, dans la nuit du 10 au 11 octobre, en plaçant un réseau des défenses accessoires en terrain découvert à vingt mètres des Allemands, et en accomplissant sa mission jusqu'au bout avec le plus profond mépris des coups ennemis qui cependant lui causèrent 30% de pertes."

Citation à l’ordre de la division de la 4ème section de la 6ème compagnie, 2ème bataillon (combats de Massiges 24/12/1915 – 27/06/1916)

« le 9 janvier 1916, sous les ordres du sous-lieutenant MORELLE et des sergents GOMMARD, DAMIRON et DURIS s’est avec un bel ensemble superbement comporté lors de l’émission (liquide enflammés) de l’ennemi, s’est opposée à la sortie des Allemands par un feu bien ajusté et malgré des pertes sensibles a supporté sans défaillance un bombardement qui dura toute la nuit. A vu son chef sérieusement blessé. »

Citation à l’ordre de la division de la 4ème section de la 10ème compagnie, 3ème bataillon (combats de Massiges 24/12/1915 – 27/06/1916)

« Le 13 février 1916, a résisté depuis 2 heures du matin au petit jour, à des attaques violentes et incessantes, dans une portion de tranchée récemment conquise, qu’elle a conservée malgré des pertes très sensibles et un bombardement de minenwerfer. Etait après la lutte pleine d’entrain et de belle humeur. »

Citation à l’ordre de la division de la 1ère section, 3ème compagnie de mitrailleuses (combats des Marquises 21/08 – 30/11/1917)

Citation à l’ordre du régiment de la 1ère section, 2ème compagnie de mitrailleuses (combats des Marquises 21/08 – 30/11/1917)

Citations de compagnies

Citation à l’ordre de la division de la 11ème compagnie, 3ème bataillon (combats des Marquises 21/08 – 30/11/1917)

« Unité d’élite qui, sous la vigoureuse impulsion de son chef le capitaine RENAUDIN, le 26 novembre 1917 est sortie de ses tranchées dans un élan magnifique, a pénétré jusqu’à la 3ème ligne, détruisant plusieurs abris et infligeant à l’adversaire des pertes sensibles. »

Citations de bataillons

Citation à l’ordre de la IVème armée du 1er bataillon (combats de Mont-Blond 25/06 – 19/07/1917)

« Après s’être illustré au Téton en mai 1917 sous les ordres de son chef le commandant LEMAIRE qui a su communiquer à sa troupe son activité, sa flamme, et sa tenace volonté, le 1er bataillon du 115ème RI a enlevé de haute lutte, le 14 juillet 1917, en liaison avec le 4ème bataillon du 317ème RI, une position essentielle, âprement disputée par l’ennemi, y a fait 200 prisonniers. En un raid audacieux est allé incendier à 300 m de ses objectifs un groupe d’abris ennemis.

Pris à partie le lendemain par une concentration d’artillerie écrasante, a repoussé trois fois l’ennemi des positions nouvellement conquises. Ramené légèrement par une quatrième contre-attaque particulièrement puissante a trouvé en lui, malgré les pertes subies, des ressources d’élan nécessaires pour reprendre liaison avec les troupes de renfort et finalement pour garder tous les objectifs assignés. »

2014-12-20_140007

Citations du Régiment

Citation à l'ordre du Corps d'Armée (Ordres du 17ème CA n°22 du 11 juillet 1917):

"Le 115ème Régiment d'Infanterie, animé d'un bel esprit offensif par l'exemple de son chef, le lieutenant-colonel Kieffer, a eu, pendant 25 jours (1er au 25 mai 1917) une tenue au feu digne d'éloges. Dès son arrivée sur une position importante récemment conquise, l'a menée à bien malgré une violente réaction d'artillerie ennemie et des contre-attaques répétées. Le 8 mai 1917, a brisé une forte attaque menée par des troupes d'assaut spéciales. A enlevé, le 20 mai, une position fortement occupé et d'une valeur essentielle. S'y est maintenu malgré ses pertes et malgré les efforts renouvelés de l'ennemi."

Citation à l'ordre de l'armée (Ordres du général commandant la Vème armée du 22 novembre 1918):

"Le 115ème Régiment d'Infanterie, sous les ordres du lieutenant-colonel Letondot, attaqué sur des positions encore incomplétement organisées par un ennemi trois fois supérieur en nombre, et pris à revers sur sa gauche, a résisté avec énergie, luttant pied à pied pour conserver la position qui lui était confiée. Rejeté sur un village important de sa ligne formant réduit, s'y est cramponné autour de son chef, forçant l'ennemi à conquérir ce réduit maison par maison en lui infligeant de fortes pertes. Ne s'est replié que par ordre, ayant arrêté l'ennemi pendant plus de dix heures d'un combat acharné."

Citation à l'ordre de l'armée (ordres du général commandant la Vème armée du 30 novembre 1918):

"Le 115ème Régiment d'Infanterie, sous les ordres du lieutenant-colonel Laurent, lancé à la poursuite de l'ennemi le 26 septembre 1918, n'a plus lâché sa proie. Traversant des terrains boulversés, forçant les passages de la Suippe et de l'Aisne âprement défendus par l'adversaire, marchant sans répit malgré les mitrailleuses et l'artillerie adverses qui lui ont causé des pertes serieuses, peinant dans la boue, sous la pluie, irrégulièrement ravitaillé par suite des destructions opérées par l'adversaire, a donné un splendide exemple d'endurance, de ténacité et d'allant. A libéré sur le territoire national une profondeur de plus de 70 km s'emparant de nombreux villages dont certains serieusement défendus et délivrant de nombreux habitants. A fait des prisonniers, pris des canons, des mitrailleuses et un matériel considérable."


Le 115 ème régiment d'infanterie en opération


Les cartes sont extraites du site géoportail (cartes d'état-major de 1820 - 1866 ou IGN).


Liste des commandants du 115ème régiment d'infanterie pendant la guerre 1914 - 1919

Le 2 août 1914, le régiment était commandé par le colonel GAZ AN.

Le 24 septembre 1914, le chef de bataillon GRAFF prend le commandement du régiment en remplacement du colonel GAZAN, nommé au commandement de la 16eme brigade. ( Le colonel GAZAN fut tué, le 27 septembre 1914, devant la sucrerie de Roye ).

Le chef de bataillon GRAFF, promu lieutenant-colonel le 4 octobre 1914, est tué le 7 octobre 1914 devant Andechy.

Le chef de bataillon TRAVERS prend le commandement du régiment, est promu lieutenant-colonel, le 17 octobre 1914.

Le lieutenant-colonel KIEFFER commande le régiment du 23 janvier 1915 au 5 juin 1917.

(photo: http://www.chtimiste.com/album/Active/100e%20au%20...)

Le lieutenant-colonel GACHES, du 5 juin 1917 au 17 mai 1918.

Le Lieutenant-colonel LETONDOT, du 17 mai 1918 au 16 juillet 1918, jour où il est blessé mortellement au Pâtis de Damery.

Le chef de bataillon FRALON prend le commandement du régiment

Le lieutenant-colonel LAURENT, du 26 juillet 1918 au 21 juin 1919

Le chef de bataillon FRALON, du 21 juin 1919 au 22 août 1919.

Le lieutenant-colonel TRAVERS commande le régiment et le dépôt du 22 août 1919 au 30 septembre 1919.

Le colonel CONVERSET, du 1er octobre 1919 au 31 décembre 1919, date de la dissolution du régiment.



1914

Encadrement du 115e R.I. à la date du 5 août 1914

* officiers mort pour la FRANCE

État-major :

Colonel GAZAN*

Capitaine adjoint: OGIER DE BAULNY*

Médecin major de 1è classe : ANGUE

Lieutenant officier d’approvisionnement : MOREL

Lieutenant chargé des détails : ALIX*

Lieutenant de réserve Porte drapeau : BENTZ

S/Lieutenant de réserve du service téléphonique : ARNOULD*

Chef de musique : MANIERE

1er bataillon :

Chef de bataillon TRAVERS

Médecin Aide major de réserve : BUTEL

1° compagnie: Capitaine MATURIE*, Lieutenant BEZIAU, Lieutenant KILMANN*, S/Lieutenant de réserve BRUYANT*

2° compagnie: Capitaine MAILLEFERT*, Lieutenant PRIOUX, Lieutenant de réserve DE FRANQUEVILLE

3° compagnie: Capitaine CLAYEUX, Lieutenant CLAUS, S/Lieutenant de réserve BONNEL*

4° compagnie: Capitaine DU BOUCHER, Lieutenant TRITSCHLER, S/Lieutenant de réserve BREY*

Sections de mitrailleuses:

Lieutenant Cdt la 1è section de mitrailleuses : BARBIER

Lieutenant Cdt la 2è section de mitrailleuses : CHIRON DE LA CASINIERE*

Lieutenant Cdt la 3è section de mitrailleuses : LACHAIZE

2e bataillon :

Chef de bataillon GRAFF*

Médecin Aide major TAMALET

5° compagnie: Capitaine HARTMANN, Lieutenant COLCANAP, S/Lieutenant NIO*

6° compagnie: Capitaine DE LANTIVY DE TREDION*, Lieutenant de réserve LEBOCQ, Adjudant GODINEAU, Lieutenant de réserve BERNIERE

7° compagnie: Capitaine FRERE*, S/Lieutenant LAUNAY*, S/Lieutenant de réserve GUILLEUX

8° compagnie: Capitaine MENEZ*, S/Lieutenant LUCAS GIRARDVILLE*, S/Lieutenant de réserve LINTEAU*

3e bataillon :

Chef de bataillon COQUERELLE*

Médecin Aide major de réserve ALTENBACH

9° compagnie: Capitaine CHANCERELLE DE ROQUANCOURT-KERAVEL*, Lieutenant CHANDERIS*, S/Lieutenant de réserve MARTIN*

10° compagnie: Capitaine LACOMBE*, S/Lieutenant PRIEUR, S/Lieutenant de réserve LEGUEUX*

11° compagnie: Capitaine FERNAGU, S/Lieutenant BERTIN*

12° compagnie: Capitaine COUSIN, Lieutenant CRUT, S/Lieutenant LETROSNE*


(extrait des JMO et de l'historique du 115RI).

Août 1914

Le 5 août, le régiment, commandé par le colonel GAZAN, quitte ses garnisons de MAMERS et de NOGENT LE ROTROU et s'embarque par voie ferrée en direction des Armées. Il fait partie de la 3ème armée/ 4°C.A. / 8°D.I. (115°, 117°, 124°, 130° R.I.) / 16° B.I. (115° et 117° R.I.).

Il est composé de 52 officiers, 3311 hommes de troupes, 176 chevaux et 53 voitures.

En aout 1914, le 4° CA est organisé de la manière suivante:

4ème Corps d’ Armée : général Boëlle

7ème Division d’Infanterie d’Active : général de Trentinian

26 RAC Chartres (Eure-et-Loir) (1er 2e 3e groupe) colonel Bertrand

- 13ème Brigade d'Infanterie colonel Farret

101 RI St-Cloud (Hauts-de-Seine) (1er et 3e bataillon) colonel Ferran
             Dreux (Eure-et-Loir) (2e bataillon)
102 RI Paris (1er et 2e bataillon) lieutenant-colonel Blin
              Chartres (Eure-et-Loir) (3e bataillon)

- 14ème Brigade d'infanterie général Félineau

103 RI Paris (1er et 2e bataillon) colonel Cally
             Alençon (Orne) (3e bataillon)
104 RI Paris (2e et 3e bataillon) colonel Drouot
             Argentan (Orne) (1er bataillon)

8ème Division d’Infanterie d’Active : général de Lartigue

31 RAC Le Mans (Sarthe) (1er 2e 3e groupe) colonel Wallut

- 15ème Brigade colonel Fropo

124 RI Laval (Mayenne) (1er 2e 3e bataillon) lieutenant-colonel Dubosq
130 RI Mayenne (Mayenne) (1er 2e 3e bataillon) lieutenant-colonel de Parscau du Plessix

- 16ème Brigade colonel Desvaux

115 RI Mamers (Sarthe) (2e 3e bataillon) colonel Gazan
            Nogent-le-Rotrou (Eure) (1er bataillon)
117 RI Le Mans (Sarthe) (1er 2e 3e bataillon) colonel Jullien

- non endivisionés

14ème Hussards Alençon (Orne) (1er 2e 3e 4e escadron) lieutenant-colonel Dejussieu
44 RAC Le Mans (Sarthe) (1er 2e 3e 4egroupe) colonel Sabattier
315 RI Mamers (Sarthe) (5 et 6e bataillon) lieutenant colonel Devaux
317 RI Le Mans (Sarthe) (5 et 6e bataillon) lieutenant-colonel Prévost

6 au 20 aout

Débarqué à CHARNY (près de VERDUN) le 6, le 115 fait route vers la BELGIQUE que l'armée allemande vient d'envahir. Assigné à des missions défensives et de soutien, il assiste en spectateur le 12 aout au combat de MANGIENNES. Il occupe du 10 au 16 les positions sur les pentes Est des côtes de MEUSE, jalonnées par les jumelles d'ORNE, GREMILLY et AZANES. Des premiers actes de courage font honneur au Régiment:

" un petit poste d'une demi section sous les ordres du sergent MASSE rejoint sa section à la 10° compagnie que commande le sous-lieutenant LEGUEUX. Tout à coup retentit le cri de "au Drapeau!". Le Drapeau du 130°RI est dans une tranchée, défendu par un commandant et une poignée d'homme exténués par le dur combat. Le sous-lieutenant LEGUEUX entrainant la demi-section se porte en avant, le sergent MASSE prenant un clairon des mains d'un homme qui est à bout fait lui-même la sonnerie "au Drapeau". Grace à cette action, la situation est rétablie et le Drapeau du 130 mis en sureté."

Après MANGIENNES et jusqu'au 17 aout, le Régiment est en réserve et cantonne dans la région ROMAGNE SOUS LES COTES. Le 18 août, avec toute la 8° DI, il reprend sa marche vers le nord par DAMVILLERS, PEUVILLERS, VITTARVILLE, DELUT où il cantonne les 18, 19 et 20.

belgique

Combats de VIRTON

 Le 21 août, le Régiment quitte DELUT, vers 05h45 pour marcher sur VIRTON. A 11h15, il passe la frontière et vient soutenir à VIRTON le choc violent de l'offensive allemande du 22 août 1914. Le 1°bataillon se détache à LAMORTEAU pour aller occuper la cote 280 et protéger le mouvement en avant. La colonne s'arrête vers 14h30, protégée par le 3° bataillon (CBA COQUERELLE) qui se porte à DAMPICOURT. A 15h30 le Régiment reprend sa marche, reçoit l'ordre d'occuper VIRTON et d'en garder les débouchés. Le 3° Bat y rentre le premier au milieu des acclamations des Belges. Puis il va prendre les avant-postes sur la route d'ETALLE, direction de marche du lendemain, pendant que le 2° bataillon (CBA GRAFF) va s'intaller à sa droite jusqu'à la route d'ETHE. Le 1° bataillon (CBA TRAVERS) qui l'avait précédé dans cette direction, ayant refoulé quelques patrouilles ennemies et ramené trois uhlans dont 1 sous-officier, cantonne à VIRTON avec l'EM du Régiment. La 12° compagnie (3° bat) sur la route d'ETALLE est alertée par des coups de feu pendant toute la nuit. Le 22, dès 4 heures, elle est attaquée par des forces allemandes retranchées dans les bois au nord de BELLEVUE. Vers 04h30, l'avant garde de la 8° DI quitte VIRTON et marche sur ETALLE, mais les premiers éléments ne peuvent guère dépasser les avant-postes. Deux bataillons du 130° RI essaient en vain, de briser cette première résistance . La DI prends ses positions de combat sous la protection du 3° bataillon du 115.

virton

Le 1° bataillon est à sa gauche. A la levée du brouillard, les allemands, retranchés à la lisière de la forêt et appuyés par leur artillerie, ouvrent un feu meurtrier sur le 3° bat en terrain découvert. Les 9° et 12° Cie perdent les 3/5 de leur effectif. Vers 8 heures, les 1° et 3° bat reçoivent l'ordre de se replier à l'ouest de VIRTON sous la protection du 2° bat qui très éprouvé se retire lentement sous la protection de sa section de mitrailleuses (LTN de la CASINIERE) par SAINT MARD où il résiste aux furieuses attaques allemandes. Pendant ce temps, le colonel GAZAN installe les 1 et 3 bat. à la côte 208 et empêche ainsi l'ennemi de sortir de VIRTON. Vers 22heures, le 2° bataillon rejoint le gros du régiment. Le régiment a subit de façon splendide cette première épreuve du feu contre un ennemi supérieur en nombre et en moyens matériels. Le soir, le Régiment reçoit l'ordre de repli. Le commndant COQUERELLES (3ème bat), le capitaine CHANDESRIS et le capitaine de ROQUENCOURT (9cie) manquent à l'appel. Le 23 août, à 4 heures, le régiment se porte à MONT QUINTIN et à COUVREUX et organise cette forte position qui pendant 2 jours interdit aux allemands de progresser dans cette direction.

La bataille de VIRTON est détaillée dans la "Revue Militaire Française" dans les éditions de janvier-mars et avril-juin 1925 (raccourcis ci dessous)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k121946c/f16....

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k121947r/f80....

virton dun

Combats de DOULCON - DUN SUR MEUSE

Le 25, la III° armée se retire derrière la MEUSE et en défend le passage à l'ennemi. Vers 8 heures, le 115 quitte ses emplacements pour aller occuper une position défensive entre JUVIGNY et LOUPPY, en contournant MONTMEDY par le sud. Puis vers 16 heures, il se dirige sur bois MARVAUX et à 19h, il reçoit l'ordre d'aller cantonner à CLERY LE PETIT sur la rive gauche de la MEUSE en passant par DUN SUR MEUSE. Il y arrive à 2heures après une étape de 55 km.

carte Dun sur meuse

Le 26, le régiment aménage ses positions. Le 27, le 1° bat est en réserve à AINCREVILLE. Le 2° Bat occupe DOULCON, le 3° Bat (capitaine LACOMBE) la cote 324 et le bois de BABIEMONT, empêchant ainsi les allemands de franchir la MEUSE. Le 29, le Régiment quitte ses positions pour aller cantonner à ROMAGNE SOUS MONTFAUCON. Le 30, vers 2 heures, il reçoit l'ordre de se porter en avant d'AINCREVILLE. Des éléments ennemis ont passé la MEUSE et occupent DOULCON, le 2° Bat reçoit l'ordre à 9 heures de le réoccuper. Dès qu'il a dépasser le bois de BABIEMONT, il ne peut plus avancer, étant pris de flanc par des feux ennemis venant des fermes de la BRIERE et de JUPILLE. Pour le dégager, le colonel GAZAN fait attaquer ces deux fermes par les 3° et 4° compagnies du 1° Bataillon. A 20h, le 2° bataillon s'empare de DOULCON. Le 31 aout, la 1° Cie attaque la ferme de JUPILLE qui n'a pu être prise. Le capitaine MATURIE et le lieutenant KILMANN sont tués à l'approche de la ferme, la compagnie a perdu la moitié de ses effectifs. Le reste sous les ordres du lieutenant BEZIAU s'empare cependant de la ferme après un combat de 6 heures. La 2° Cie attaque la ferme de la BRIERE. Une des sections s'en empare mais est surprise par une contre attaque et y reste prisonnière. Le reste de la compagnie est obligé de se replier sur DOULCON où il participe au combat avec le 2° bataillon qui entouré de tous cotés resiste sur place dans le village. Il se repliera sur AINCREVILLE tard dans la nuit, couvert par des troupes du V ° C.A.. Pendant ce temps, les 11 et 12° Cie refoulent l'ennemi qui se trouve dans les bois de DOULCON puis replient elle aussi.

voir aussi: Combat d'ETHE du 22 août 1914 sur le site SAMBRE MARNE YSER

http://www.sambre-marne-yser.be/article=7.php3?id_...

Septembre 1914

Le 1° septembre, le 4° CA est relevé par le 6° CA. Le régiment fait l'amalgalme de 850 hommes provenant du dépôt de MAMERS arrivée dans la région le 28 aout sous les ordres du capitaine POMMERET. La 9e cie fondue avec la 12e cie depuis VIRTON est reconstituée sous les ordres du LTN CRUT.

Le 115 embarque le 2 septembre à VIENNE LA VILLE, descend de wagon le lendemain au BOURGET et va cantonner à ASNIERE. Il va participer au fameux "crochet offensif" visant à encercler l'aile droite de l'armée allemande. 

Le 6 septembre formant l'avant garde de la 8° DI, , il traverse à marche forcée MONTFERMEIL, CHELLES, GOURNAY, TORCY, LAGNY, CHESSY, ST GERMAIN LES COUILLY jusqu'à QUINCY-SEGY où il arrive le 7 au soir et y passe la nuit.

Le 7 septembre, le capitaine de LA CASINIERE prend le commandement de la 10 Cie.

Le 8, par MAGNY-ST-LOUP, le BOIS de BUIS, il va cantonner à TRILPORT et MONTCEAUX. Le 9 au soir, il marche vers le nord, franchit de nouveau la MARNE à MEAUX, passe à IVERNY, ST SOUPPLET, ST PATHUS et reçoit l'ordre d'attaquer l'ennemi à MONTIGNY SAINTE FELICITE où talonnant l'ennemi en fuite, il pénètre le 10 septembre à 18h30 et va cantonner le soir même à VERSIGNY, BARON et ROZIERES.

Ce même jour, le commandant SOMAN, du 17 bataillon de chasseurs, prend le commandement du 3° bataillon et le capitaine de LA CASINIERE passe à la 1ère Cie.

6 au 11 sept 14

Le 11 au matin, la poursuite continue. Par ROZIERES, SERY, le Régiment se porte sur PIERREFONDS. Il arrive à la fin du jour aux lisières de cette ville que les allemands occupent encore. L'avant garde est accueillie par des feux nourris d'infanterie. Il est trop tard pour attaquer sur un terrain non connu. Toute la nuit, les patrouilles gardent le contact avec l'ennemi, et dès le 12 matin le régiment se dispose à attaquer PIERREFONDS que l'ennemi évacue sans résistance.

Le 13, pour aider les troupes opérant sur le rive droite de l'Oise, il passe l'AISNE à BERNEUIL et occupe CHOISY LE BAC que l'ennemi a laissé incendié et en ruines. Le 14, le 115 passe l'OISE au pont de MONTMACQ. le lendemain, l'OISE est franchie au même point et le régiment se dirige vers PONTOISE (PONTOISE LES NOYON) où des renforts ennemis sont signalés. 

carte pontoise

Combat de PONTOISE lès NOYON

Il traverse TRACY LE MONT, TRACY LE VAL et CARLEPONT. Le 1er bataillon est arrêté le 15 au soir devant PONTOISE par des feux venant de ce village; il passe la nuit sur ses positions. 

Le 16, le 1er bataillon attaqué dès l'aube, se bat courageusement autour de la ferme MERIQUIN et inflige à l'ennemi des pertes sérieuses.Le 2ème bataillon qui occupe le bois de CARLEPONT est menacé d'être enveloppé sur sa gauche. Il se replie pour permettre à l'artillerie de tirer dans le bois, mais laisse le 1er bataillon seul aux prises avec l'ennemi. Le 3ème bataillon (commandant SOMON) reçoit l'ordre de l'appuyer. La 7ème compagnie, engagée du coté de CAISNE, est très éprouvée, ainsi que des fractions de la 10ème compagnie. Vers 15 heures, le régiment reçoit l'ordre d'attaquer CARLEPONT. Le 2ème bataillon qui attaque par l'ouest, enlève le village vers 18h30 après de durs mais brillants combats. 

Le 17, les bataillons du 115 et principalement le 2ème, participent à toutes les attaques de la brigade marocaines sur le bois de CARLEPONT avec aussi le 121RI. Menacés sur leur gauche, ils sont ramenés un moment en arrière, puis reprennent le terrain perdu, mais au prix de grands sacrifices. 

Le 18, vers 03h30, le 2ème bataillon resté à CARLEPONT, reçoit l'ordre de rejoindre le régiment qui établit sa ligne de résistance au nord de TRACY LE VAL, mais toujours au contact direct des allemands qui attaquent sans cesse et avec de nouveaux renforts. Vers 17h, le 1er bataillon menacé sur sa gauche reçoit les 5° et 8° compagnies et maintient ses positions. Le soir du 18 septembre, le 4ème CA est relevé par le 13ème CA.

C'est alors l'époque de la course à la mer.

Le 115 RI marche le 19 avec toute la division (8° DI) et remonte vers le nord. Après avoir traversé l'AISNE à CHOISY AU BAC, il fait un crochet vers COMPIEGNE et passe l'OISE sur un pont de bateaux. 

Le 20/09 par ESTREE ST DENIS, ROUVILLIERS, le régiment va occuper MONTGERAIN, VAUMONT et TRICOT. Le 21, la division continue sa marche en avant. le 115 traversant MERY, ORVILLER, va cantonner à CONCHY LES POTS. 

Le 22, le 115, avant garde de la division, se porte sur ROYE. Vers midi, le 2° bataillon entre dans ROYE par l'ouest, puis se dirige sur CARREPUIS qu'il prend vers 14h, après avoir subi des pertes par l'artillerie ennemie. 

Le 23, l'avant-garde de la division ne peut continuer sa marche, par suite de la résistance ennemie et s'installe en défensive. 

Le 24, le général DESVAUX ayant été nommé au commandement de la 7 division, le colonel GAZAN prend le commandement provisoire de la 16ème brigade, et le commandant GRAFF celui du régiment. 

carte ROYE

La Somme (septembre - décembre 1914)

Combats de ROYE

La 8° DI (115°, 117°, 124°, 130° R.I.) est en défensive dans le secteur de ROYE. 

Le 24/09, le 115 occupe des positions au nord est. Le 1° bataillon concourt à la défense de LIANCOURT avec le 117RI. Le village est perdu, puis repris après plusieurs conbtre-attaques qui coutent de nombreux morts et disparus. Après une vive résistance, le 3° bataillon est obligé d'évacuer SEPT-FOURS puis THILLOY. De son coté, le 2° bataillon ne peut tenir devant CREMERY. Attaqué par des forces supérieures, il est débordé sur sa droite et malgré une résistance opiniâtre, est obligé de se replier sur GRUNY.Le soir, tous les éléments du régiment se concentrent en avant de ROYE et passent la nuit sur leurs emplacements. Une partie de la 6ème compagnie sera faite prisonière lors de la contre attaque avec le 117RI. Ce 24, le capitaine de BAULNY prend le commandement du 2ème bataillon.

Vers 10 heures, le 27, le colonel GAZAN est tué par un obus près de la sucrerie de MAINDRON. Le régiment en fut très affecté. Jusqu'au 29, le régiment tiendra les faubourgs et la gare de ROYE. (Cf. site : http://santerre1418.chez.com/fr/histoire/deuxobus0...)

Le 29, le régiment ayant reçu 295 hommes du Dépot avec 2 officiers de réserve, le chef de bataillon GRAFF réorganise le régiment en 2 bataillons en maintenant le 3 ème bataillon dans sa structure aux ordres du CBA SOMAN et en fusionant le 1er et le 2ème bataillon aux ordres du CBA TRAVERS.

Le capitaine de BAULNY revient adjoint au chef de corps.


1er Bataillon: CBA TRAVERS

1ère Cie (ex 2 et 4  cie): CNE MAILLEFERT

2ème Cie (ex 1 et 3 cie): CNE CLAYEUX

3ème Cie (ex 5 et 6 cie): LTN COLCANAP

4ème Cie (ex 7 et 8 cie): CNE de la CASINIERE

Après avoir évacué ROYE, le 115 occupe GOYENCOURT le 30 septembre. A 16 heures, le 1° bataillon repousse une attaque ennemie dirigée sur FRESNOY où le 3° bataillon envoie deux compagnies de renfort.

octobre 1914

Pendant la matinée et la soirée du 1 er octobre, l'artillerie et les mitrailleuses ennemies dirigent des feux violents sur GOYENCOURT, puis son infanterie passe brusquement à des attaques répétées, sans cependant pouvoir gagner du terrain. Ce sont les 1° et 3° bataillons qui en supportent tout le choc. Plusieurs officiers et une centaine d'hommes seront blessés.

Mais le 2 octobre vers 9 heures, il faut évacuer la lisière est de GOYENCOURT. A 14 heures, le drapeau du 115 reçoit un éclat d'obus, le tambour-major JOUANNEAU en est le porte drapeau. La situation devenant de plus en plus grave, le commandant GRAFF organise un repli et ordonne d'abandonner le village, déjà rempli d'Allemands et contourné de deux côtés. Les unités sont mélangées, mais les dernières fractions font une résistance admirable et permettent d'exécuter le mouvement en ordre. Le 115 occupe DAMERY et étend sa droite vers ANDECY (ANDECHY). On forme 3 compagnies au sein du 1er bataillon du CBA TRAVERS: les Cie COLCANAP, Cie de LA CASINIERE, Cie LACHAIZE. Le Chef de bataillon GRAFF est nommé lieutenant colonel et reçoit officiellement le commandement du régiment le 04 octobre.
Le 4 octobre, le 1° bataillon reçoit l'ordre de reprendre GOYENCOURT. Malgré le feu de l'adversaire, deux compagnies (LA CASINIERE et LACHAIZE) s’emparent du bois, mais leur avance est enrayée par l'artillerie et les mitrailleuses ennemies. A 21 heure 30, une vive fusillade prend ses positions en enfilade; le 115 reçoit l'ordre de se retirer sur Le QUESNOY. Il s'y installe pendant la nuit et se relie au 117 au Nord d'ANDECHY. Le lieutenant COLCANAP étant blessé, la compagnie est commandée par le lieutenant (R) DEMAY.

le 5 à 4h15, le régiment quitte ce village. Les 10,11 et 12Cie et les Cie CASINIERE (4, 7 et 8Cie) et LACHAIZE (1,2 et 3 Cie)vont s'établir dans les tranchées au sud de la grande route le long du chemin d'ANDECHY au QUESNOY pendant que le LCL GRAFF, la 9ème Cie et la CHR se rendent à ERCHES (à l'ouest d'ANDECHY) avec 2 cie du 130RI maintenues sous les ordres du LCL GRAFF. On y retrouve une Cie du Dépot de 250 hommes commandée par le lieutenant CADARET et un groupe de 150 hommes. Avant le lever du jour, la Cie DEMAY (5 et 6) quitte sa tranchée et se porte vers le QUESNOY. Le régiment manoeuvre toute la journée sous une canonade peu intense. Il est en place à 19h30 entre ANDECHY et le QUESNOY.

erches

Le 6, une attaque allemande sur la CAMBUSE est arrêtée par le 1° bataillon qui riposte énergiquement. Vers 15 heures, Le QUESNOY est fortement attaqué. Les compagnies de première ligne participent efficacement, par leurs feux, à la défense du village, et paralysent jusqu'au soir les efforts de l'ennemi qui subit de grosses pertes.
Le 7, vers 18 heure 30, le régiment participe à une attaque générale sur le front: Le QUESNOY, ANDECHY, GUERBIGNY. Le 1° bataillon attaque le bois en face de la CAMBUSE et s'en empare vers 20 heures. A ce moment, les éléments très réduits du 115 vont tenter un suprême effort pour s'emparer d'ANDECHY. Le terrain est énergiquement défendu par les Allemands dont les feux sont remarquablement efficaces. Jusqu'à minuit la progression est tentée coûte que coûte. Ayant fait appel à la 12 ème compagnie, (la dernière réserve), le lieutenant-colonel GRAFF fait sonner la charge, essayant ainsi d'enlever toute la ligne. Tous les efforts sont vains et le lieutenant-colonel GRAFF, qui a voulu le premier se porter en avant, tombe vers minuit, frappé d'une balle à la tête.

Le 115 est épuisé. Depuis vingt jours, il n'a cessé de défendre le terrain pied à pied, jour et nuit, contre un ennemi supérieur en nombre et qui reçoit constamment de nouveaux renforts. Dans cette lutte sans précédent, le régiment a perdu presque tous ses cadres et les deux tiers de son effectif, malgré les quinze cents hommes de renfort qu'il a déjà reçus.

le 08 octobre, le chef de bataillon TRAVERS prend alors le commandement du 115 et le régiment acceuille de nouveaux renfort arrivent (200 hommes le 08/10 venant du Dépot sous les ordres du sergent major AZEMA).

Le 15 octobre, le lieutenant (R) BONNIN amène de MAMERS 200 hommes provenant des évacués et du Dépot. Le régiment est reconstitué à 3 bataillons: 1er bataillon du CNE de BAULNY, 2ème bataillon du CNE LACOMBE et 3ème bataillon du CBA SOMON). 

Le 17 octobre, l'EM est réorganisé. le lieutenant MOREL, officier d'approvisionnement, prend le commandement de la 7ème Cie et est remplacé par l'adjudant LORIFERNE. Le lieutenant ALIX, officier payeur, est nommé officier adjoint du chef de corps et est remplacé pat le lieutenant (R) THOMAS. Le chef de bataillon TRAVERS est promu lieutenant colonel . 

Du 17 au 28, le secteur est calme et le régiment est regroupé sur ARVILLERS. C'est alors que sont inauguées les nouvelles méthodes de la guerre de tranchées. Les 1er et 3ème bataillon ont construit avec le génie pendant la nuit chacun une redoute qui sert de centre de résistance. Des tranchées sont construites à hauteur et de chaque coté de ces redoutes. Tranchées et redoutes sont réunies par des boyaux de communication et renforcées de réseaux de fils de fer en avant des ouvrages. On distribue aussi 100 cuirasses HELOUIN aux 1ère lignes du régiment.

2016-12-18_131629

2015-06-23_214211

le site ci dessous traite des protections corporelles dont la cuirasses HELOUIN

http://humanbonb.free.fr/indexProtegecorporel.html

les photos adjacentes sont issues de ce site.

2015-06-23_214242

Le QUESNOY, les allemands dominent tout le plateau. Chaque jour, leur artillerie dirige ses feux sur les tranchées et les cantonnements du 115. Le commandement décide de reprendre le QUESNOY.

L'opération, commencée le 29, est énergiquement menée par les 140, 308, 315, 117 et 317 RI qui s'emparent du QUESNOY le 30 octobre. C'est le 315 qui y rentre le premier et fait de nombreux prisonniers. Mais les allemands, avec de nouveaux renforts, contre attaque sans cesse. Le 115 qui tient les tranchées de soutien, relève le 117 RI épuisés par 2 jours d'attaques sans cesse renouvelées. Le 2° bataillon, commandé par le lieutenant MOREL, appuie sa gauche au village, face au petit bois d'où partent pendant les 2 jours suivants, les contre-attaques ennemies qui sont toutes énergiquement repoussées et avec de grandes pertes pour l'assaillant.

novembre 1914

Dans la nuit des 2 au 3 novembre, l'ennemi abandonne le bois et sa tranchée qui le reliait à ANDECHY. En l'occupant, le 2° bataillon y trouve des monceaux de cadavres allemands. Il en compte plus de 50 derrière une meule de paille. le général en chef télégraphia au général commandant l'armée: "Dans cette attaque, les troupes de votre armées ont fait preuve de la plus grande énergie et d'une indomptable ténacité. En enlevant ce point d'appui à la baïonnette, elles ont affirmé une fois de plus les plus brillantes qualités offensives de notre race, qui sont pour nous un sûr garant du succès. Je suis heureux de vous adresser, ainsi qu'aux troupes sous vos ordres, pour ce vaillant fait d'armes, mes plus chaleureuses félicitations."

Le 3 novembre, le régiment reçoit 203 hommes de renfort arrivant du Dépot sous les ordres du capitaine ROUX. Il s'agit en grande partie de blessés des premiers combats de la campagne.

le 4, le régiment reçoit l'ordre de s'emparer du bois 98 (entre QUESNOY et ERCHES). Le 1er bataillon (1cie: cne de la CASINIERE; 2cie: ltn (R) CADARET; 3cie: ltn LACHAIZE; 4cie: slt (R) RICHARD) occupe le bois à 22h sans coup férir.

bois 98

Les 5 et 6 novembre, les allemands contre-attaquent la nuit pour reprendre le bois 98. Ils sont repoussés par la 1ère et la 2ème Cie.

Les 7 et 8 sont des journées calmes. 

Le 9, le sous lieutenant BERTIN est chargé de réaliser un coup de main sur le bois faisant face au bois 98. Il en revient blessé et sans résultat. le 3ème bataillon SOMON est désigné pour s'emparer de ce bois mais le brouillard épais des 10, 11 et 12 novembre ne permet pas la prise de l'objectif. Un obus tue 2 sous lieutenants et blesse grievement un lieutenant.

Du 10 au 30, la situation est calme et les bataillons organisent leurs positions (tranchées, boyaux, gabions et claies) et se relèvent au cantonnement pour le repos (2 jours). Le froid est très vif.

Des renforts arrivent du Dépot et des officiers rentrent de convalescence: le 13, retour du capitaine CLAYEUX (commandement du 2ème bataillon) et du lieutenant BONNEL; le 14, arrivée du ltn ANDRIEUX (chef de section de mitrailleuses) et du cne POMMERET avec 300 hommes dont 218 jeunes soldats qui seront affectés au 3ème bataillon; le 18, arrivée du ltn de FRANQUEVILLE avec 297 hommes dont 193 jeunes soldats. Il est précisé que les jeunes recrues n'iront aux tranchées que sur ordres du général commandant le IV CA.

2017-10-26_225215

Situation au 30/11/1914 (source JMO 4e CA)

décembre 1914

La situation reste calme du 1 au 5 décembre.

Le 5 décembre, le 124° relève le 115° qui va cantonner à PIERREPONT où il doit se reposer pendant 6 jours. la journée du 6 est mis à profit pour l'entretien des effets, l'instruction des sous officiers chef de section, les caporaux candidats sous officiers et les jeunes soldats. Mais le 6 décembre, le Régiment revient à HANGEST et ARVILLERS en cantonnement d'alerte. 

Du 7 au 11, le régiment reste au cantonnement. Plusieurs officiers rejoignent le front et prennent ou reprennent leur compagnie: le capitaine COUSIN CdU de la 12Cie , capitaine MAILLEFERT CdU de la 2Cie; capitaine FERNAGU, CdU de la 11Cie. Des cadres des eaux et forêts sont affectés au 115 pour prendre des responsabilités: M PINAUD, inspecteur adjoint, prend le commandement de la 6Cie, M CAILLAUX, garde général, rejoint la 3Cie.

Le 12, il reçoit l'ordre de preter son concours à la 53° DI dans la région de MARICOURT au nord. Le régiment fera route le 15 en passant par CAYEUX, CAIX, HARBONNIERE, POYART, CHUIGNOLLES, CHUIGNES, CAPPY (3 bataillon (MERLIN)) et SUZANNE (1 (de BAULNY) et 2 bataillon (CLAYEUX)).

Le 17 dès 2 heures, le génie, qui essaie de faire des brèches dans les réseaux de fil de fer, met les allemands en éveil. A 6 heures, les 7ème (cne MOREL) et 8ème compagnies (ltn (R) CLAUDE) , conduites par le capitaine MOREL, s'élancent à l'assaut dans un superbe élan et s'emparent de la première puis la deuxième ligne allemande, mais au prix de lourds sacrifices. Les feux croisés de l'ennemi empêchent les autres unités du régiment d'avancer. La 4Cie (cne POMMERET) amenée à la corne NE du bois de MARICOURT, essaie de déboucher pour aider le 2ème bataillon. Son CdU est tué. L'effort des 7 et 8° compagnies ne peut être soutenu. Pour conserver le terrain conquis, elles doivent se sacrifier jusqu'au dernier homme: aucun des partants ne revient! A 16 h30, les 5ème (cne HARTMANN) et 6ème compagnies (cne PINAUD) et le 1er bataillon (de BAULNY) essaient à la faveur de la nuit de reprendre la tranchée allemande réoccupée à nouveau. Les quelques éléments qui y pénètrent avec le capitaine HARTMANN sont reçus à coups de grenade et sont obligés de se replier. Celui ci est blessé grievement. L'adjudant LORENZETTI prend le commandement de la 5 Cie et se replie en ramenant son capitaine vers la lisière NE du bois de MARICOURT. Il sera décoré pour ce fait de la médaille militaire le 24/12/14 par le général de GRANDMAISON, commandant la 53ème division de réserve.

Le 18 vers 06h45, le 115 attaque à nouveau (1ère Cie de LA CASINIERE), mais les hommes sont fauchés dès qu'ils se montrent. Les allemands ont renforcé leur positions, toutes leurs tranchées sont occupées et leurs feux sont violents. 

Le 19 et 20, le régiment reste sur ses positions. 

Le 21, le régiment reçoit l'ordre de reprendre l'attaque sur MARICOURT et le 117 sur MAMETZ. Le 3ème bataillon est chargé de l'assaut. La 9Cie (de FRANQUEVILLE) et la 11Cie (FERNAGU) ont pour objectif la première tranchée allemande. Mais leur attaque est enrayée et ne porte pas.

Le 22 au matin, le 115 cantonne avec le 1er et 2ème bataillon sur MARICOURT et le 3ème sur SUZANNE avec 2 compagnies dans les tranchées de premières lignes. 

Du 23 au 25, le régiment cantonne à BRAY en ayant laissé le 3ème bataillon à la disposition de la 16BI sur SUZANNE et MARICOURT. Il reçoit le 25/12 un renfort du Dépot commandé par le sous lieutenant (R) BELLEFAIX et constitué de 11 sous officiers et 195 soldats dont 99 jeunes. Ils sont tous affectés au 2ème bataillon et le SLT BELLEFAIX à la 7ème compagnie.

Après avoir été sur CERISY et CHIPILLY du 26 au 27, il est embarqué le 28 décembre à MARCELCAVE et débarque le 29 decembre, à CHALONSsur MARNE puis arrive à SARRY (MARNE) où il cantonne jusqu'au 5 février 1915 avec l'EM de la 8eDI et de la 16eBI.

Le 30, le caporal infirmier RAVIGNE (2ème bataillon) reçoit la médaille militaire pour son action au combat de MARICOURT et est cité à l'ordre de l'armée.

Le 31 décembre 1914, le lieutenant CHEVRIER et le sous lieutenant (R) LEBOCQ arrivent du Dépot avec 12 sous officiers, 16 caporaux, 163 anciens soldats et 107 jeunes. Le LTN CHEVRIER reprend ses fonction d'officier payeur, le LTN (R) THOMAS prend le commandement de la 7e Cie et le SLT (R) LEBOCQ est affecté à la 1e Cie.


1915

Janvier 1915

Du 01 au 5 février, le régiment reste sur SARRY et se livre à des travaux de propreté, d'exercices du niveau section, compagnie et bataillon et à des marches. Quelques cas de rubéoles sont notifiés (2 à la 7Cie, 2 à la 8Cie). Le 11, il est passé en revue par le général de division d'INFREVILLE.

Le 13, le capitaine CLAYEUX, commandant le 2e bataillon et le capitaine HARTMANN (blessé et évacué) sont fait chevalier de la Légion d'Honneur. Le Cne CLAYEUX est promu chef de bataillon à titre temporaire (ATT). 7 admissibles à l'école militaire de ST CYR, promus sous lieutenant sont affectés au corps: SLT GOUNELLE (3cie), SLT CHERRIERE (4cie), SLT LAFONT (5cie), SLT BRAME (6cie), SLT PERRIN (8cie), SLT GANGLOFF (11cie) et SLT BERTRAND (12cie). 

Le 14, l'adjudant chef CIAVALDINI et l'adjudant SACLIER sont nommés sous lieutenant (ATT) et affecté à la 3cie et à la 7cie.

Le 22, l'ambulance n°6 du 4CA arrive sur SARRY pour soigner les rubéoleux.

Le 23, le chef de bataillon KIEFFER, chef d'état major de la 8e DI est promu lieutenant colonel (ATT) et prend le commandement du 115RI. Le LCL TRAVERS quitte le front et prend le commandement du dépot de MAMERS (Les 17, 18 et 21 décembre ont vu de glorieux mais couteux combats. Ordre avait été donné d'attaquer compagnie par compagnie et même parfois section par section. Cette tactique semble valoir au lieutenant colonel TRAVERS d'être relevé de son commandement le 23 janvier 1915 et lui vaut une affectation au dépot du 115 à MAMERS (poste qu'il conservera pendant toute la durée de la guerre)). Le médecin major RAULT, chef du service médicale du 115 part avec le LCL KIEFFER en visite au Dépot de MAMERS. Le chef de bataillon OGIER de BAULNY assure le commandement par supléance jusqu'àu retour du lieutenant colonel KIEFFER le 29 janvier.

La CHAMPAGNE (29/12/1914 - 29/12/1915)

suippes

perthes les hurlus2

perthes les hurlus1

situation sur PERTHES LES HURLUS février mars 2015. Extrait du JMO 4CA 26N109/1 p 109

Fevrier 1915

Combats de PERTHES

Le 5 février, le régiment quitte SARRY , cantonne à SOMMEVESLE le 6 et du 7 au 15 à ST ETIENNE AU TEMPLE. 

Les 16 et 17 février, le Régiment arrive dans le boueux secteur de PERTHES LES HURLUS. Il bivouaque dans le bois du PIEMONT, et le 18 est à CABANES et PUITS, à pied d'oeuvre pour l'attaque du lendemain.

Les 19, 20, 21, 22 février il va livrer de sanglants combats pour prendre et conserver le Bois 3. Le terrain est difficile, un vrai bourbier, l'ennemi est puissamment armé,  ses contre-attaques précédées et accompagnées par une artillerie puissante.  Le premier jour n'amène pas le succès. Le 3° bataillon a tenté trois fois de bondir hors de ses tranchées, trois fois il a été cloué sur place et ses pertes sont grandes. Plus heureux le 20, le 2° bataillon (commandant CLAYEUX), aidé de la lère et de la 10ème compagnie, atteint l'objectif qu il conserve le 21 et le 22 malgré de violentes contre-attaques. Ces trois jours de combat coûtent au régiment : 8 officiers ( dont 3 tués ) et 495 hommes ( dont 120 tués, 87 disparus et 286 blessés ). Beaucoup de disparus n'ont jamais été retrouvés. 

Le 24, 3 officiers sont affectés au corps: lieutenant CHAVANCE du 103e RI prend le commandement de la 7e Cie (il sera tué à sa tête 10 jours plus tard), lieutenant DUTREIX du 103e RI au commandement de la 6e cie et le lieutenant DENIS pour le commandement de la 2e Cie. L'échelon mobile comprenant 200 hommes est versé au 2e bataillon et le sous lieutenant BREY , de retour au front, prend le commandement de la 3e Cie.

Du 25 au 27, le 2e bataillon se réorganise  à Cabanne et Puits, le 3e bataillon est sur la cote 181 et le 1er bataillon est sur la cote 181 et le bois 3.

Le 28, l'Etat-major (EM), le 1er et 3e bataillon cantonnent sur SUIPPES avec un bataillon du 117eRI. le 2e bataillon (CBA CLAYEUX) reconstitué est sur la cote 181. Il va, du 28 février au 4 mars, prêter son concours au 117ème régiment d'infanterie pour l'attaque du Bois 4. Passant sous les ordres du chef de corps du 117e RI, il est placé en réserve à la cote 181. Le 01 mars à 04 heures, le CBA CLAYEUX va occuper les lisières du bois 4 avec tout son bataillon et lance l'attaque vers bois 4 et la tranchée 21 dans la journée après une préparation d'artillerie. L'attaque n'est pas un succès et la 7e Cie perd son CdU (LTN CHAVANCE).

le 03 mars, le 2e bataillon relance son attaque sans connaitre un plus vif succès. Relevé de nuit par le 9e RI, il rejoint LA CHEPPE où il cantonne.

Mars 1915

Le régiment affaibli par la bataille à laquelle il a pris une glorieuse part, se reforme tout près de la ligne de feu. Plusieurs officiers affectés sont issus du 103ème RI.

ordre de bataille au 01 mars 1915:

CdC : LCL KIEFFER

CNE adjoint: CNE ALIX

medecin chef: major 2cl RAULT

Off. payeur: LTN CHEVRIER

Off . appro: SLT LORIFERNE

service téléphonique: SLT GUY

chef musique: LTN MANIERE

CdU Cie de mitrailleuses: LTN BOUNEL


1er bataillon:

CBA OGIER de BAULNY

CdU 1Cie: SLT LEBOCQ

CdU 2Cie: LTN DENIS

CdU 3Cie: SLT BREY

CdU 4Cie: SLT CHERRIERE


2ème bataillon:

CBA CLAYEUX

CdU 5Cie: SLT LAFONT

CdU 6Cie: LTN DUTREIX

CdU 7Cie: LTN ALAVAILLE

CdU 8Cie: SLT BELLEFAIX

médecin aide major ZIELINSKI


3ème bataillon:

CBA MERLIN

CdU 9Cie: LTN AMMANN

CdU10Cie: LTN GARNIER de LABAREYRE

CdU 11Cie: SLT REVEILLARD

Cdu 12Cie: LTN BONNIN

le 6 mars, le 2e bataillon rejoint le régiment aux docks de SUIPPES.

Du 7 au 9 mars, le régiment cantonne aux Docks puis rejoint le 09 la position 4500 sur la route de SUIPPES - PERTHES (itinéraire SUIPPES, chateau de NANTIVET, 4500).

 le 10, il quitte la position 4500 et va appuyer une attaque de la 33° division d'infanterie dans la région de SUIPPES (boyau 208 - 213). La mission consiste à garder des tranchées et à réaliser des travaux du génie et contribuer à exploiter l'attaque de la 33DI. Les échanges de tirs sont peu nombreux mais l'artillerie allemande provoque 2 tués et 4 blessés.

Le 11, le régiment occupe les mêmes positions: 1er et 3ème bataillon en 1ère ligne, 2ème bataillon en réserve. Le régiment a 5 blessés par l'artillerie adverse. 

le 12, le bataillon de réserve (CLAYEUX) est portée en avant (droite du secteur). Il doit saisir le boyau 214 et la tranchée 208. L'adjudant PORTES et un homme de la 5e Cie sont envoyés en reconnaissance et rendent compte que la tranchée est inoccupée. Les 5e et 6e Cie s'élancent mais acceuillient par des feux nourries , elles ne peuvent déboucher. Le lieutenant BONNEL, commandant la Cie de mitrailleuse, blessé suite à l'éboulement de son abri par tir d'artillerie, est remplacé par le sous lieutenant GUY. La section de téléphoniste est commandée par le sergent GRUNESSEIN.

Jusqu'au 15 mars, le 115 reste sur ses positions. 

Il rejoint SUIPPES le 16 après avoir été relevé par le 83e RI. Le 17, le CBA de BAULNY et le médecin major RAULT sont nommés chevalier de la légion d'honneur. Les adjudant-chef MORROT et l'adjudant LEVEAU sont médaillés militaire. 

Le 18 mars, le régiment assiste à l'exécution d'un soldat du régiment coupable d'abandon de poste (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr... ) . 2 sergent-major et 4 sergent-fourrier arrivent du dépot. Des recomplétements (capotes, chemises, campements, ...) sont distribués par l'officiers des détails. Le 19, le soldat CAZIN (2cie) reçoit la médaille militaire.

Après ces quelques jours de repos, le 115, avec le train ce combat et le train régimentaire, rejoint CUPERLY le 21 puis VERZY (27 km àl'ouest de SUIPPES) le 22 où il cantonne le 23. 

Le 24 mars, il relève le 126 RI dans le secteur de défense des MARQUISES (2 km nord est de PRUNAY: ferme des MARQUISES) qui représente la "gauche" de la 8e DI et de la IV armée. Dans ce secteur verdoyant, au pied des MONTS de CHAMPAGNE (nord de PROSNE) que couvrent de magnifiques bois de sapins, il va rester 6 mois. Au 24 mars, le secteur est séparé en 3 sous-secteurs:

- M: à l'est en liaison avec le 108e RIT est à la charge du 3e bataillon (MERLIN)

- N: au centre est donné au 2e bataillon (CLAYEUX)

- O: à l'ouest, en laison avec le 1er régiment Etranger et une Cie du 112 RIT est à la charge du 1er bataillon (de BAULNY).

Chaque sous secteur comprend 2 cie du 115 en premières lignes, 1 cie du 115 en 1/2 repos et 1 cie du 112 RIT. La quatrième cie du bataillon est au repos à COURMELOIS. Le train régimentaire 2 est aux PETITES LOGES. le train régimentaire 1 et le train de combat sont sur COURMELOIS. Les chevaux des officiers, des mitrailleurs et la musique sont sur WEZ (nord de COURMELOIS). Un "decauville" (locomotive) relie les MARQUISES à la voie ferrée au nord de WEZ.

les marquises

les marquises1

Situation et description des secteurs fin mars début avril 1915 région PROSNES (carte extraite du JMO 4CA 26N109/1 p114).

Le 25, le régiment s'installe. Des échanges de tirs d'artillerie et de coups de feu provoque 1 tué et 1 blessé à la 6e Cie.

Le 26, continuation de l'installation. Le LTN BONNIN, CdU de la 12e Cie, est fait chevalier de la Légion d'Honneur par le général JOFFRE. Un renfort venu du 60e bataillon de marche comprenant 5 officiers (CNE VAUTIER, SLT (R) PICOSSON, CHAUTARD, PERRIAUD et KIEFFER) et 477 hommes est affecté au corps. Le lendemain, des officiers du bataillon de marche du 35e RI (CNE PROST, CNE MORRE, CNE BONNASSIEUX, LTN (R) ROBINET, SLT CHAUMETTE, SERVETTE, PICARD et PAGET, médecin aide major BAUFLE) sont affectés en même temps que 78 hommes d'un détachement du 54e bataillon de marche commandé par les SLT RIVAINE de LABATIE et SLT TRABESSAE. Ce 27 est une journée calme et les quelques obus tombés dans le secteur et en arrière provoque 1 blessé.

Le 28, des avions ennemis survollent le secteur et le régiment (secteur N) lance des bombes "Celerier" avec succès.

celerier1

celerier2

obusier "célerier" vu sur le site : http://militariacollec.free.fr/ident/viewtopic.php...

Du 29 au 31, le secteur reste calme et les échanges d'artillerie provoquent 2 tués à la 4e Cie et 1 à la 1ere Cie ainsi que 2 blessés le 29.

Avril 1915

Le 01 avril à 04h30, une patrouille allemande pénètre dans les lignes du 115 après une préparation d'artillerie sur le poste P4, qui blesse 9 hommes de l'escouade gardant le site. Détectée, elle attaque à la grenade le poste et se replie sous le feu des sentinelles. Le reste de la journée est consacré à l'aménagement des tranchées et boyaux sous les tirs adverses. Les pertes de ce jour se montent à 5 tués et 10 blessés.

Le 02, arrivent aux corps plusieurs officiers issus de la cavalerie: capitaine de BOISROUVRAY du 14e hussards, capitaine DENIS du 18e dragons, capitaine ANDRE du 17e dragons, sous lieutenant ETTLINGER officier des détails du 54 bataillon de marche, sous lieutenant CAMBRIELS, RENAUDIN et VALENTA du 3e hussards. 2 disparus (lancés à la poursuite de la patrouille allemande de la veille sur P4) et 7 blessés sont comptabilisés ce jour.

Le 03, la canonnade et la tiraillerie adverses sont plus intenses et actives. Le génie organise des écoutes en 1ère lignes dans les régions des mines (secteur N et O).

Le 04, arrivée au corps en provenance du dépot de Mamers du LTN (R) DUCLOS, des SLT SARRANT, BIGNOLAS et BRETON. Une attaque allemande se produit dans le secteur O vers 4 heures. Après une préparation avec grosses minen et bouteilles (analogue au "celerier" de 77) sur la tranchée du "saillant" puis sur les arrières, un groupe de 15 à 20 allemands se précipitent sur la tranchée boulversée en criant en français "France, en avant, ya ya camarades". Dans la tranchée, ils lancent des "raquettes" explosives dans chaque abri ou entrée de galerie. L'aspirant PARIZET contre attaque avec le SLT BREY et quelques hommes appuyés par des sentinelles restées à leur poste malgré les tirs d'artillerie. L'officier allemand est tué dans la tranchée et la patrouille chassée de celle-ci. L'attaque couta 2 blessés et 1 tué et 5 disparus, les tirs d'artillerie n'ayant laissé qu'une tête (soldat AVIGNON), un pied et de nombreux restes humains non identifiables.

Le 05, des obus de 105 et de 77 tombent sut tout le secteur et la fusillade est vive la nuit. Le régiment s'affère au refection des tranchées. Un bombardement de COURMELOIS entraine la mort  du SLT PERRIAUD et de 4 hommes.

Du 06 au 18, les échanges d'artillerie et les fusillades de nuit sont quotidiens. le 07, un lance grenade Aasen explose tuant un sevant et en blessant 2 autres (fiche sur le canon Aasen ici http://www.passioncompassion1418.com/Canons/Images...). Le travail de mine se continue. Le 14 des obus tombent près de la ferme des Marquises. Les lignes sont survollées tantôt par les avions allemamds "aviaticks" tantôt par les français. le 15, l'adjudant MASSONI (5e Cie) est nommé sous lieutenant (ATT) et maintenu au corps. La nuit, les allemands interpellent les hommes, les insultent et imitent les commandements. Il semble que les troupes adverses soient nouvelles et très jeunes. Chaque nuit des patrouilles et des embuscades sont faites. Le 18, la ferme des Marquises est bombardée (dégats matériels). Le sous lieutenant SARANT est tué par une grenade.


2015-07-12_153551

CPA écrite en 1915.

Obusier Aasen de 86 mm servit par 3 soldats du 115RI en 1915. L'un des soldat tient un écouvillon et l'autre un obus certainement Excelsior.

d'autres photos de cette arme ici:

http://www.chtimiste.com/album/Infanterie%20Reserv...

http://www.chtimiste.com/album/Infanterie%20Reserv...

Le 19 avril, le régiment envoie le sergent BERTHOUX au dépot de MAMERS pour l'instruction de la classe 1916.

Le 20, 2 hommes de la 8 Cie (CNE de BOISROUVRAY) sont blessés par des tirs d'artillerie. Les allemands lancent une nouvelle bombe, genre torpille, produisant des entonnoirs de 1m de profondeur au moins et 1.5 à 2 m de diamètre.

Du 21 au 30, les journées sont calmes, seule l'artillerie de campagne et de tranchée est à l'oeuvre. Les 1er et 3e bataillon tentent une opération pour faire des prisonniers dans les secteurs M et O (objectif "le monstre") dans la nuit du 22. N'ayant trouvé personne dans les tranchées intermédiares, l'opération est sans résultat. Les allemands travaillent à leurs mines et se rapprochent des lignes françaises. le 23, les compagnies reçoivent des périscopes de tranchées et des fusils à lunettes à réticule.Des cannonades ont lieu sur les villages de PRUNAY et WEZ. Le 26, le lieutenant colonel KIEFFER est cité à l'ordre de l'Armée.

Mai 1915

Le 01, les villages de COURMELOIS et THUISY sont bombardés. Le régiment reçoit 200 hommes en renfort dont une équipe de mitrailleuses. Le 115e RI comprend 51 officiers et 2854 hommes de troupes.

Du 02 au 07, les journées sont calmes voire très calmes. Seule la soirée du 05 verra un intense bombardement des villages de COURMELOIS, THUISY et WEZ. Le capitaine DENIS est évacué le 03, le SLT VALENTA le 06 suite à une crise d'appendicite et le SLT CHERRIERE le 07 pour des pieds gelés.

Le 08 mai, les allemands font sauter une mine à 40 m des lignes du 115. Aucun dégat n'est à déplorer. L'artillerie françise exécute un tir d'efficacité entre l'entonnoir et les lignes adverses. Aucun travail n'est entrepris par les allemands pour rejoindre l'entonnoir, de 8 à 10 m de large, à leurs lignes.

Le 09, aucune activité d'infanterie adverse. 2 groupes dont l'un issu du 115 (adjudant-chef AGEN de la 8 Cie) et l'autre de l'unité de Dragons sont envoyés sur le point 875 pour savoir si la tranchée est occupée et pour reconnaitre les défenses dans le cadre d'un futur coup de main. De retour, sans coup ferir, la patrouille précise que les défenses passives (fils de fer) sont très larges et ne montrent pas de fissures.

Du 10 au 31, la situation est inchangée. Les journées sont ponctuées de tirs d'artillerie (77 et 88 contre celerier, Aasen, mortier de 58 et canon de 75). La ferme des Marquises est souvent prise pour cible tout comme les 1ère lignes. les activités nocturnes de l'infanterie allemande sont plus intenses sur la fin du mois. Ces échanges de tirs (artillerie et infanterie) couteront au 115 pendant ces 21 jours: 5 tués dont 1 caporal et 27 blessés.

Juin 1915

du 01 au 10, les allemands s'activent à renforcer les tranchées des secteurs N et O. La consommation des munitions d'infanterie et d'artillerie est limitée par le commandement. Les patrouilles de nuit sont de plus en plus génées par les fusées éclairantes allemandes. Le régiment déplore sur cette période 3 tués et 14 blessés. Le 05, le sous lieutenant JUIGNET revient du dépot de Mamers et est affecté à la 6e cie. Le 06, le LTN ROBO, du 9e bataillon de marche du 124e RI est affecté au 115. Le LTN ROBINET de la 8 Cie quitte le régiment pour rejoindre ce bataillon. 4 caporaux et 17 hommes arrivant du dépot sont affectés dans les compagnies. Le 07, le SLT CAMBRIELS (5Cie) est évacué pour maladie. Le 08, le LCL KIEFFER, l'aumonier GAUTHIER, le SLT LEBOCQ et l'ADC BRAULT reçoivent la croix de guerre avec palme des mains du général commandant la 8e DI. Le 10, la 96e division Territoriale étant mise à la disposition d'une autre armée, le 112 RIT quitte le secteur, laissant au 115, 2 sections de mitrailleuses sous les ordres du CNE BERGER. Le 112 RIT est remplacé par un escadron à pied du 18e dragons (cne JOUBERT) et un escadron à pied du 14e hussards (cne BOURGOIN).

Le 11, par ordres du général commandant en chef, sont promus au grade supérieur à titre temporaire à compter du 6 juillet:

au grade de capitaine:

- LTN AMANN 9CIE

- LTN BONNIN 12CIE

- LTN DEMAY 5CIE

- LTN DENIS 2CIE

- LTN DUCLOS 1CIE

au grade de lieutenant:

- SLT CHAUMETTE 6CIE

- SLT KIEFFER 1CIE

- SLT LAFFONT 5CIE

- SLT LEVEAU 10CIE

- SLT PAGET 9CIE

- SLT REVEILLARD 11CIE

- SLT SERVETTE 2CIE

- SLT TRABESSAC 12 CIE

au grade de sous lieutenant:

- ASP BOUTROY 10CIE

- ASP CHAPPUIS 5CIE

- ASP LEFEVRE 6CIE

- ASP LEFEVRE Marcel 9CIE

- ASP NEVEU 4CIE

- ASP PARIZET 3CIE

- ASP SAUVAGE 11CIE

- ADJ LEHOUX 4CIE

- ADJ LEROI 9CIE

- ADJ RUELLE 1CIE

- SGT PONTONNET 5CIE

Du 12 au 18, l'infanterie adverse est active la nuit et travaille dans ses tranchées. Le 115 aménage sa 2e ligne, pose des défenses accessoires, recreuse les boyaux suite au tirs quotidien des 77 et 105 allemands. Le régiment déplore 4 blessés dans cette période. Le 12, le SLT MASSONI de la 9Cie est affecté à la 7e Cie. Le 14, les 2 sections de mitrailleuses du 112 RIT sont relevées par 2 sections du 111 RIT. 

Le 19 juin, le cantonement de BEAUMONT reçoit 37 obus de 130 dans la journée, 5 hommes du 115 sont blessés. Ce jour et le lendemain, des incendies se déclarent dans les bois du secteur N (poste 3 de Crapouillot) tantôt du coté français, tantôt du coté allemand.

Le 21, le sergent TROUVE Victor est tué.

Du 22 au 30 juin, la situation reste calme pour l'infanterie. L'artillerie poursuit son harcelement quotidien. Le 115 déplore 1 blessé pendant cette période. Le 23, un déserteur allemand se livre à un poste d'écoute. Il appartient au 112e régiment qui constitue la 1ere ligne, la seconde et le repos. Sa compagnie est commandée par 1 LTN (R), 2 SLT (R) et comprend 170 hommes sur un front de 200 m. Le 24, une mine allemande explose à proximité de leur tranchée et dans la continuité de 2 autres entonnoirs. Toujours le 24, remise de croix de guerre avec palme aux décorés de la légion d'honneur et de la médaille militaire des mois précédents (Légion d'Honneur: CBA de BAULNY, médecin major RAULT, CNE BONNIN; Médaille Militaire: SLT PARISET (en qualité d'aspirant), ADC MONOT, ADJ LEVEAU, soldat CAZIN Victor). Remise de la croix de guerre avec étoile de vermeil (citation à l'ordre du corps d'Armée) pour 30 soldats, 6 caporaux, 7 sous officiers, les SLT JUIGNET et RUELLE, les LTN ANDRIEUX, BREY, LAFONT, LEVEAU , REVEILLARD et le CNE ALIX. Le 28 juin, le LTN ALAVAIL de la 7e Cie rentre de l'hopital.

Juillet 1915:

Tout le mois verra une infanterie allemande calme et les activités d'artillerie sans réel effort. 

Le 04, arrivée et affectation du SLT FLOUQUET du 3e régiment de Hussards à la 12e cie.

Le 11, capture d'un soldat allemand du 112e venu porter des journaux de propagande dans les lignes française. Ce 11, premier départ en permission de 4 jours des hommes de troupe (ordres du général commandant en chef).

A la mi juillet, le secteur est réorganisé et les centres de résistance sont VIDALLET, DAVID, CRAPOUILLOT, REDAN et le réduit des MARQUISES. 

A compter du 25, le 115 n'occupe plus que les sous secteurs N et O. Un bataillon est mis au repos à BEAUMONT.

Le 27, une compagnie de mitrailleuses de brigade est formée et rattachée au 115. Elle est commandée par le CNE HUGOT du 117 RI avec le SLT (R) LAVIER.

Aout 1915:

Le mois d'aout est aussi calme que celui de juillet. Les travaux se poursuivent sur les centres de résistances.

le 06, le SLT BIGNOLAS est évacué suite à une entorse et le SLT KIEFFER suite à une chute de cheval. 

Le 13, retour du SLT KIEFFER qui est affecté à la compagnie de mitrailleuses de la 16 brigade du CNE HUGOT. Ce 13, le LTN (R) DUTRIEUX est nommé capitaine (R).

Le 15, le médecin auxiliaire (R) LAVAT est promu médecin aide major de 2e classe et est affecté au 101e RI.

le 20, remise de croix de guerre à l'ordre de la division aux: ADJ LUREL, SGT CLAIN, CPL GIRARDIN, SDT PERALTA, FRESNAY, BESNARD, PICHARD et ROUZIERES.

Le 21, une bombe de 58 éclate accidentellement blessant 4 hommes.

Le 23, le SLT TEFFER, du 35 régiment d'artillerie, est affecté à la 2e Cie et retour du SLT BIGNOLAS.

Le 25, évacuation du LTN ALAVAILL.

le 28, création du peloton des sapeurs avec 12 sapeurs ouvriers d'art, 54 sapeurs pionniers et bombardiers sous les ordres du LTN CHERRIERE et de l'ADJ PORTE.

Le 31, 2 sections de mitrailleuses du 34e et 36e colonial arrivent dans le secteur du 115RI. Elles sont chacune armées par 2 mitrailleuses St Etienne, 1 sergent, 2 caporaux et 12 servants.

Septembre 1915:

Du 01 au 14, le secteur reste calme avec des bombardements intermitants. Les travaux se poursuivent. Le 03, le LCL KIEFFER est nommé LCL à titre définitif. Le 11, un déserteur allemand se présente dans les lignes du 115 dans le secteur de la 2e cie (bois des Terribles). Il appartient au 142e d'infanterie. Le 12, le SLT MASSONI est évacué pour bronchite suspecte. Le 14, le LTN de RIVOIRE de la BATIE est blessé accidentellement et évacué. 

Le 15, le régiment reçoit l'ordre de s'appréter à quitter le secteur. 

Du 16 au 19, les officiers du 225e RI et du 271e RI reconnaissent le secteur du régiment. Il sera tenu par le 271e (LCL DUROTOY) à partir du 19.

Le 19, le régiment rejoint SEPT SAULT (7km au sud est) où il est rejoint par les EM de la 8e DI et de la 16e BI le 20. Le CNE HARTMANN, venant du dépôt, est affecté à l'EM du régiment. Le 21, les SLT MAUNAURY et MONTREUIL sont affectés au régiment et servent à la 7e et 1ere Cie. 

Du 21 au 23, les officiers vont reconnaitre le secteur où doit se dérouler l'offensive du 25. Le 22, le CNE DUTRIEUX, commandant la 6e cie, est évacué suite à une chute de cheval. Le LTN ROBO, de la 8e cie, prend le commandement provisoire de la 6. A compter du 22, l'artillerie mène ses tirs de préparation.

Le 24, préparation au départ, allégement des hommes par versement des sacs au train de combat, distribution de 3 jours de vivres et 2 bidons, perception des masques ricin-ricinate contre les gaz (Cf. site suivant sur les protections contre les gaz: http://www.guerredesgaz.fr/Protection/Lesmasques/F...). A 15 heures, réunion des chefs de corps et des brigadiers au Quartier Général de la division pour présentation de la manoeuvre. A 17h, le chef de corps du 115 présente la mission à ses subordonnés et donne l'ordre 1928B.

Le 115° régiment d'infanterie a pour mission: de suivre le 32ème corps d'armée marchant dans la direction de SAINT SOUPPLET (20 km nord est de SEPT SAULX) , de le dépasser ensuite quand il aura atteint ses objectifs pour atteindre les positions assignées (La Croix ST SULPICE, côte 187, PETIT BELOIS, côte 170, GRAND BELOIS). Le régiment franchira la SUIPPE puis marchera droit au Nord. En outre, le 115 couvrira la division sur sa gauche dès le passage de la PY.

ATTAQUE DE CHAMPAGNE - 25 septembre - 20 octobre 1915

2015-07-18_115727

2015-07-17_193650

extrait de carte du JMO 4CA 25 septembre 1915

Le 25 septembre, à une heure du matin, le régiment quitte SEPT-SAULX par la voie ferrée, ARSENAL, nord de MOURMELON LE GRAND, chemin de la côte 144, bois au sud du fort de ST HILAIRE. Les bivouacs regorgent de troupes, et les cavaliers qui exploiteront le succès sont en position d'attente presque dans les premières lignes. Après avoir bivouaqué quelques heures dans les bois au Sud du fort SAINT HILAIRE, la marche reprend dans le fracas étourdissant d'une préparation d'artillerie dont la duré et l'intensité étonnent et semblent ne pouvoir jamais plus être dépassées. A 06h25, la cie de mitrailleuses ANDRIEUX, pièces et munitions à dos d'homme, s'engage dans le boyau DROUOT précédant le régiment jusqu'à la ligne: route d'AUBERIVE - ST HILAIRE. 07h25, Le régiment s'engage dans le boyau DROUOT, y stationne attendant le moment de marcher en avant. L'ordre de marche est le suivant: 1er bataillon (CBA de BAULNY), les pionniers du régiment et un peloton (LTN LUNYT) de la 4/2 du 1er RG (2 Cie du 4 bataillon du 1er régiment du Génie, compagnie divisionnaire du génie de la 8e DI) porteurs de fascines pour le franchissement de la rivière PY, le 2e bataillon (CBA CLAYEUX) et le 3e bataillon (CBA MERLIN). A 9 heures 20, les troupes d'attaque ont surgi des parallèles de départ. La résistance allemande est sérieuse. C'est un ennemi tenace et bien armé que l'on trouve derrière d'épais réseaux. Le 115 délaissant momentanément sa mission première, bataillon par bataillon, prend une part plus ou moins active à la bataille. Le 3° bataillon attend, en réserve dans le bovau DROUOT. Le 2° bataillon, le colonel en tête gagne les premières lignes ( bois ALLONGE, boyau GUIDES). Le 1° bataillon est mis à la disposition du 152eme régiment d'infanterie qui accroché aux premiers ouvrages ennemis, éprouve de sérieuses difficultés. La 3ème compagnie lutte de même opiniâtrement au saillant F, mais malgré ses efforts ne réalise pas de progrès. La 3 ème section de cette compagnie est citée à l'ordre du régiment (cf. citations au dessus). Vers 16h, la 42e DI demande 1 bataillon pour son flanc gauche. Le 2e bataillon s'engage au soutien du 94e RI et assure la liaison avec la gauche (7e DI, 104e RI). Une phrase extraite d'un rapport que le Colonel adressait le soir au commandement dépeint la situation en fin de journée : « Les progrès de la 42 DI. sont plutôt limités, de gros réseaux non détruits se sont opposés à la progression. Les hommes qui s'en approchent sont fusillés » . Le régiment déplore 6 tués, 1 disparu et 33 blessés dont 2 officiers.

Dans la nuit puis la journée du 26, le 115 avec toute la division (mise à la disposition du 7e CA du général de VILLARET) est retiré et va cantonner dans les anciennes premières lignes françaises de SAINT HILAIRE. La mise en place se fait sous un bombardement en soirée causant des pertes au régiment (pertes du 26: 8 tués, 8 disparus, 54 blessés dont un médecin). C'est là que les troupes ont connaissance du message du Général en chef : « En Champagne, de l'Aisne à la Suippe les organisations ennemies de la première ligne ont été enlevées sur un front de 25 kilomètres et sur une profondeur de 5 kilomètres. En Artois, les Anglais ont pénétré profondément chez l'ennemi de Loos à Houlluch. Le nombre de prisonniers, s'élève déjà à 18 000, celui des canons pris à 30, le dénombrement continue ».


19150927_vedegrange_1

carte extraite de "front de champagne, 25 septembre 1915" ttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593551r/f1....

D'autres cartes du front de Champagne sont visibles ici: http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&adv=1&tri=&t_r...

Le 27, le régiment est toujours investi de la même mission : suivre l'attaque, exploiter le succès. Dirigé d'abord sur l'EPINE LAMBERT à hauteur du bois VALANT et du bois N sur un terrain parsemé de cadavres français et allemands et sous le feu adverse, il reçoit l'ordre à 14 heures de l'EM de la 16e BI de gagner l'EPINE de VEDEGRANGE côte 171 (1500m de STE MARIE A PY) pour 16 heures. A 16h15, le colonel commandant la 16eBI donne l'ordre de se porter immédiatement à la gauche du 3e régiment de Tirailleurs algériens de façon à occuper la parrallèle de VEDEGRANGE. Cependant la position du 3e Tir n'est pas connue. A 16h30, le régiment fait mouvement sous la pluie abondante et les tirs de l'artillerie adverse. Après plusieurs bonds, il est arrété 1500m plus à l'est. A la tombée de la nuit, les liaisons avec le 3e Tir n'ont pas encore été réalisées. Le hasard veut qu'un homme du 3e Tir errant dans les lignes du 115 se retrouve avec le LCL KIEFFER. Dès lors , le chef de corps, guidé par l'homme, se porte auprès du général DEGO et de l'EM du régiment de tirrailleurs. Le 115 reçoit pour mission , en appui du 3e RTir, de faire brèche dans le réseau de fil de fer à hauteur du parallèle de VEDEGRANGE. Le colonel y envoie en avant garde la 11e cie et détache la 5e cie à l'épine de VEDEGRANGE (PC de la brigade BOYER) pour y chercher des charges allongées et des outils pour réaliser la brèche. Vers 23h, le régiment subit sur ses positions un barrage d'artillerie et toute la nuit se passe sous un bombardement. Le régiment déplore chez les officiers 2 tués dont l'adjoint du colonel et 9 blessés (cf. page "soldat du 115 de 1914 à 1919") et dans la troupe 40 tués, 34 disparus (détruits ou ensevelis) et 195 blessés. Le LCL KIEFFER a perdu son adjoint (CNE ALIX) et 3 de ses secrétaires tués dans la nuit.

Le 28, la mélinite et les outils arrivent au matin. La 11e cie est renvoyée au 115 par le chef de corps (CdC) du 3e Tir faute de place dans la parallèle. Exposé et inemployé, le CdC du 115 fait demandé un changement de position et le régiment rejoint dès 9h l'est du bois RAQUETTE. Vers 18h, le colonel reçoit l'ordre de se reporter avec son régiment à la parallèle de VEDEGRANGE pour coopérer à l'enlèvement de la première ligne ennemie avec le 3ème Tirailleurs. Le mouvement est exécuté de nuit, mais l'opération est jugée momentanément impossible. Après contact avec le CdC du 3e Tir (COL de GOUVELLE), le LCL KIEFFER rend compte à minuit à l'EM de la 16e BI que des brêches doivent être faites sur le front du 3e Tir par le canon de 58 dont les régiments ne sont pas équipés. Le CdC du Tirailleur déclare ne rien pouvoir tenter actuellement et signale le danger du stationnement des 3 bataillons du 115 en arrière de ses lignes. Pertes du 28: 1 officier tué (SLT de BLOIS) et 9 blessés dans la troupe.

Le 29, à 06 heures, par brume et pluie, le régiment est dégagé de sa mission avec le 3e Tir. et se dirige vers la tranchée de ZANTES (3 km à l'est de la parallèle de VEDEGRANGE) pour exploiter une percée. Le 2e bataillon ("CLAYEUX") est laissé à la disposition du régiment de tirailleurs pendant que les deux autres, avec les 2 cies de mitrailleuses, vont se mettre en position d'attente au Sud-Ouest du bois 28. Le CdC rejoint le colonel commandant la 16e brigade à l'observatoire du bois 28 et constate que la brèche n'existe pas. De plus le CdC du 142e RI, occupant la zone, précise qu'il ne peut acceuillir de renforts. La saisie de la tranchée est estimée périlleuse et couteuse et la mission est annulée. Pertes du 29: 1 officier blessé, 4 tués et 22 blessés dans la troupe.

Le 30, le 115 et le 117 se rendent dans le bois de SILESIE. Dans la même journée, le 2ème bataillon a relevé une partie du 3ème régiment de tirailleurs. Pertes du 30: Le CNE DUCLOS et le LTN LEVEAU sont évacués, 1 tué et 19 blessés chez les soldats.

octobre 1915

Le 1er octobre en soirée, le régiment rejoint ses positions du 29. Les deux autres bataillons vont rejoindre le 2e et occuper la parallèle de VEDEGRANGE avec mission de conserver et d'étendre les gains. La Cie de mitrailleuses ANDRIEUX est avec le bataillon de BAULNY et la Cie de mitrailleuses HUGOT avec le bataillon CLAYEUX. Les bombardements continuent à égrenner les effectifs du régiment. Pertes du 01: SLT BRETON blessé, LTN SERVETTE et SLT LAVIER évacués, 5 blessés dans la troupe. Le 03, le 117 le relève et le 115 s'installe en réserve au bois de RAQUETTE. Les jours qui suivent sont employés à organiser le terrain et à reconnaitre les zones d'attaque sous les tirs de barrage adverses. En vue d'une nouvelle attaque, l'artillerie fait de nombreux tirs de réglage mais sans grands résultats par manque d'observateurs. Le 2, le régiment déplore 1 tué et 10 blessés dans la troupe, le 3: 15 tués dont le SLT PICQUART et 51 blessés. Le 4: 6 tués, 14 blessés, le 5: 8 tués, 41 blessés. Le 5, incorporation de 250 gradés et hommes du 124e RI sous le commandement du LTN ROBINET qui rejoint la 3e compagnie. 7 de ces hommes sont neutralisés à leur arrivée au bois de la RAQUETTE par les tirs d'artillerie ennemis. L'attaque est fixée au 6 octobre sur le front de SUIPPE à AISNE. Le 117, déjà en place attaquera soutenu par le bataillon CLAYEUX et la Cie de mitrailleuses de la 16e brigade. Le bataillon MERLIN à sa gauche soutiendra l'attaque de la 15e brigade et le bataillon de BAULNY  restera à l'EPINE de VEREGRANGE à la disposition de la 8e DI.

Le 6 octobre, dans le brouillard et une atmosphère sensiblement chlorée et lacrymogène, les bataillons se mettent en place sous les tirs adverses causant la perte du CBA de BAULNY, chef du 1er bataillon, mortellement blessé et du commandant de la 12e Cie, le CNE BONNIN Alexandre Louis Léopold. A l'heure fixée, le 130e RI sort des tranchées mais se heurte à un réseau de défense insuffisamment détruit. Une nouvelle préparation d'artillerie est décidée et l'attaque reportée à 16h00. Le 3e bataillon s'élance avec le 117e RI. Par deux fois, le bataillon MERLIN essaye de forcer les défenses accessoires de l'ennemi mais sans percer. Le CBA MERLIN est tué dans les assauts. Les pertes sont lourdes. Cette journée coûte deux chefs de bataillon et 1 capitaine (tués) et 7 officiers blessés ; la troupe perd 45 tués, 144 blessés et 27 disparus.  C'est le dernier gros effort que le régiment aura à fournir. L'attaque est terminée. II suffît d'organiser solidement le terrain. 

Le 07, le 2e bataillon relève la 1ere ligne du 117e RI. Le LTN ALAVALLE est blessé et le SLT NEVEU est évacué. La troupe perd 10 tués, 36 blessés et 9 disparus.

Le 08, à la nuit, le 1er bataillon (CNE ANDRE) se place en soutien du 2e bataillon et le 3e va en réserve au bois à l'est du bois N. L'EM quitte la route de ST SOUPPLET et établit son PC au boisN, partie nord. Le CNE HUGOT est blessé. 5 tués et 24 blessés dans la troupe.

Le 09, les ordres sont donnés pour durer. Le 2e bataillon doit organiser la lisière N du bois CARRE au profit d'une cie du 317e RI tout en créant et occupant une ligne appelée "ligne 1". Le 1er bataillon crée et occupe une ligne 1 bis. Le 3e bataillon organise la ligne de soutien. L'artillerie ennemi continue son carnage: 5 tués, 41 blessés et 2 disparus.

Le 10, la 5e cie s'empare de la crête  qui sépare les positions des béligérants offrant ainsi au 2e bataillon des vues sur les lignes ennemies. Elle y établie un fortin. La 3ème section de la 7e compagnie est citée à l'ordre du régiment (cf. citations collectives) pour son action dans le secteur. Le 10 et le 11, le régiment perd 20 tués, 50 blessés et 2 disparus. 

 Du 12 au 16, sous les tirs d'artillerie, le 115 renforce ses positions et demande une relève décalée afin de terminer ses travaux. De nombreux matériels allemands, provenant des dépots du bois RAQUETTE, sont utilisés pour renforcer les positions. La ligne "1 bis" prend la forme d'une courtine flanquée de 2 ouvrages "ARGENTAN" et "VITRE". Le fortin de la 5e cie prend le nom de "fortin de MAMERS". Le 13, un obus de 210 touche le PC qui est harcelé depuis le 9. De nombreux cas d'intoxication par oxyde de carbonne sont recensés (colonel, adjoint, liaison d'artillerie, téléphonistes, agent de liaison) mais les blessés restent à leur poste (1 seul évacué). A la nuit, le PC est transféré au bois RAQUETTE corne NE. Le régiment reçoit 1 sergent, 1 caporal fourrier et 6 caporaux de mitrailleuses mais perd dans cette période de 4 jours 17 tués et 58 blessés dont le SLT CHAPPUIX. 

Le 17, le 117RI reconnait les positions en vue de la relève. Les travaux sont bien avancés. Plusieurs unités territoriales ont contribué à cette état dont la 8e cie du CNE MASSE du 54RIT qui est remarquée pour son ardeur et sa tenacité sous le bombardement. Pertes du 17: 8 blessés. Ces efforts héroïques et un travail opiniâtre permettent de laisser un secteur vraiment digne de ce nom au 117e régiment d'infanterie qui, le 17 octobre en soirée, vient le relever. 

Le 18 et 19, le régiment réorganise son encadrement dans le secteur du bois RAQUETTE - EPINE de VENDEGRANGE. Il perd à nouveau 6 blessés.

En réserve jusqu'au 20, le régiment quitte à cette date le champ de bataille de CHAMPAGNE. Ainsi, pendant plus d'un mois, du 25 septembre au 20 octobre, le régiment a été engagé dans la bataille. Il en sort mutilé, mais ayant ajouté une page glorieuse à son histoire. Ceux qui en étaient se rappellent encore les marches et contremarches en arrière de la ligne de feu dans la boue, à travers un terrain couvert de cadavres, sous la mitraille, dans une atmosphère souillée par les gaz lacrymogènes. Dans cette période, le 115 perd en officiers : 6 tués, 26 blessés, dont plusieurs mortellement, 6 évacués ; la troupe : 194 morts, 817 blessés, 83 disparus, 79 évacués.Dans la première partie de la nuit du 20, il est relevé par le régiment NIEGER du 7e CA et le régiment bivouaque à l'ERMITAGE près de BOUY au sud ouest.

le 21, le 115 doit dans la nuit du 21 au 22 continuer sur ST MARD LES RONFFY au sud de la MARNE, mais une attaque aux gaz sur les MARQUISES le fait maintenir sur place jusqu'à la nuit du 23 où il se rend sur LONGEVAS.

le 24, il se rend sur FONTAINE sur COOLE via CAVIERE, la route nationale 4, POGNY et VITRY LA VILLE. le 1e bataillon s'installe sur VESIGNEULE sur COOLE.

Le 25, il se porte sur CHANGY (EM, CHR, 1er bataillon, Cie de mitrailleuses de brigade, TC et TR) et OUTREPONT (2 et 3e bataillon, cie de mitrailleuses) 21 km à l'est.

Du 26 au 31, le régiment s'instruit sur sa zone d'installation. Des décorations sont remises (cf. page "les soldats du 115 1914-19) ainsi que des promotions.

le CBA de GOROSTARZU de l'EM du 4e CA prend le commandement du 1er bataillon le 28/10.

Le CNE DUCLOS, arrivé au corps, est désigné comme adjoint au 1er bataillon.

Les SLT DELORME et QUEYROI, arrivés du Dépot le 31/10, sont affectés à la cie de mitrailleuses de la brigade.

Au grade de capitaine (TT) à compter du 19/10:

- LTN REVEILLARD

- LTN LAFONT

- LTN KIEFFER Jules

- LTN ROBO

- LTN LEBOCQ

- LTN BREY

- LTN ANDRIEUX

- LTN PAGOT

au grade de sous-lieutenant à compter du 23/10, les sous officiers:

- LEREAU

- FISTIE

- GOETSCH

- MICHEL

- MELIN

- FOUASSIER

- MAURIER

- CHAMBRE

- DESILES

Novembre 1915

Du 01 au 05, le régiment poursuit son instruction sur CHANGY et OUTREPONT.

Le 06, il embarque en camions automobiles à 12h00 pour rejoindre la ferme de ARAJA (10 km nord ouest de STE MENEHOULD) à 50 km au nord est pour être mis à la disposition de la 16e DIC. Les TR et TC font mouvement par voie de terre et vont cantonner à NOIRLIEU. En fin de journée des reconnaissances sont réalisées par les officiers dans le secteur de la ferme.

Le 07, la 16e BI est relevée par la 14e BI. Le 115 est renvoyé sur les arrières en auto et s'installe à ROSAY (EM et 2e bataillon) et BASSU (1er et 3e bataillon), 36 km au sud ouest.

Jusqu'au 12, il reste sur ces positions et poursuit son instruction.

Le 13, le 115 est mis à la disposition du 16e CA pour être employé aux travaux en remplacement du 317e RI. Il embarque en camion auto de ROSAY à 08h direction SOMME SUIPPE où il arrive à 11 heures (32 km). Il cantonne au camp de la chaussée romaine.

Du 14 au 30, un détachement des 1er et 3e bataillon est mis à la disposition de la 15e DI pour effectuer sous la direction du génie des travaux sur la 2ème ligne de la IIe armée entre VOUSSOIRE et TAHURE. Le 2e bataillon est détaché au profit du commandant du génie du 16e CA pour des travaux de comblement de boyaux, terrassements, estraction de rondins, ....Le 16 , arrivée de 2 sergents, 3 caporaux et 42 soldats du dépot de MAMERS, 46 soldats le 23/11. Le 23, le général HIRSCHANER, cdt la 15e DI, adresse au LCL KIEFFER une lettre de remerciements félicitant le régiment pour les conditions remarquables de rapidité et de bonnes exécutions des travaux. Le 26, le LTN GARNIER de LABAREYRE est envoyé au dépot de MAMERS et le 27, le LTN BRETON rentre de convalescence.

Décembre 1915

Le 01, le régiment est remis aux ordres du 4e CA. Il embarque en auto de SOMME SUIPPE pour reprendre ses anciens quartiers à ROSEY (Em, 2e bataillon) et BASSU (1er et 3e bataillon) ou il reste en repos jusqu'au 20. Le 7, 2 sergents et 65 soldats arrivent du dépot de MAMERS. Le 14, c'est 200 hommes du dépot du 125RI et le LTN HOUZILLE qui renforcent le régiment. Le 16, le 1er et le 3e bataillon sont dirigés sur VILLERS LE SEC pour libérer le cantonnement de BASSU. Le 17, 4 sergents et 93 soldats arrivent du dépot du 114e RI.

Dans la nuit du 21 au 22, le 115 se rend sur NOIRLIEU puis sur ARGERS et VOILEMONT pour relever les 34e et 35e colonial sur le secteur de MASSIGES (EM, CHR, 1er et 2e bataillon à COURTEMONT, 3e bataillon à la côte 202, le TC à la "justice de HARM", le TR à la ferme des PLANCHES). Le 23, les reconnaissances sont menées par les officiers à "l'index" de la main de MASSIGES.

Le 24 décembre 1915, le 115eme régiment d'infanterie entre en secteur à la Main de Massiges (INDEX) avec 2 bataillons en 1ere ligne et 1 bataillon en réserve de brigade. 

Le 25, la relève avec les coloniaux est terminée à 05h30 sans incident. De nombreux travaux d'aménagement sont encore à réaliser.

Le 26 et 27, les journées sont calmes mais la 1ère ligne est torpillée régulièrement. Le régiment déplore 7 blessés.

Le 28, le régiment est actif à la réalisation de travaux de consolidation des abris, à l'amélioration des tranchées et à la pose de défense accéssoires mais le matériel arrive en pêtite quantité. La pluie est incessante et provoque de nombreux éboulements. L'artillerie française s'active au nord du mont TETU et sur la ferme CHAUSSON.

Du 29 au 31, poursuite des travaux. le 115 déplore 2 tués, 13 blessés. Le 30 et le 31, des renforts se présente au régiment en provenance d'autres unités:

- 8eRI: 1 adjudant, 197 hommes

- 108e RI: 27 soldats

- 110e RI: 3 sous officiers, 47 soldats

- 50e RI: 25 soldats.

main de massiges

main de massiges1

Extrait de carte: "main de MASSIGES" l'Illustration 1915 (source GALLICA)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84595978

MASSIGES - 24 décembre 1915- 27juin 1916 (extrait de l'historique du 115RI)

Loin de ressembler au secteur verdoyant des MARQUISES, le 115 prend un secteur de fin de combat. Des communications difficiles et précaires entre des tranchées impraticables, trop peu d'abris dans un terrain que bouleversent quotidiennement la torpille et l'obus. Mais le régiment est fier d'occuper un terrain récemment conquis sur l'ennemi. Il sait l'importance de ces positions, de ces observatoires perdus par l'ennemi et que celui-ci convoite ardemment. II lui faut organiser solidement le secteur, retourner les défenses et se tenir prêt à repousser les plus violentes attaques. Le 115 ne faillira pas-à sa mission. L'ennemi éprouva la ténacité de sa défense, le 9 janvier, le 6 mars, les 2 et 22 juin, et les attaques menées par le 115 les 11, 12 février et le 15 mars seront couronnées de succès. Sa gloire est d'avoir maintenu inviolées les tranchées confiées à sa garde, et les tombes du cimetière de l'INDEX témoignent de l'àpreté de la lutte.

Tous les huit jours, le régiment descendait au repos et y restait huit jours. Tour à tour, les bataillons occupaient le cantonnement de COURTEMENT, le bivouac peu confortable du ravin des PINS, ou les abris de la cote 180. Jamais le régiment ne quitta les tranchées sans avoir à déplorer la perte de plusieurs des siens. Les premiers jours étaient empreints de quelque mélancolie, mais la gaîté renaissait vite. Le cafard n'a jamais résisté aux gauloises séances du cabaret du « Poil dans la main » dont le renom avait franchi les limites du secteur.

(Le site "la main de Massiges" décrit les combats de la main de Massige et présente le portrait de soldats du 115RI mort pour la France en ce lieu http://www.lamaindemassiges.com/memoireri.htm)


1916

janvier 1916

Le 01 janvier, le SLT FOURNIER et 131 hommes en provenance du dépôt de MAMERS sont intégrés au 115. Depuis le 16/11, le régiment a reçu 2 officiers, 12 sous officiers et 823 hommes de troupe.

Le régiment est relevé par le 117e RI dans la nuit du 31 au 01/01. L'état-major, la CHR, le 2e et le 3e bataillon logent sur COURTEMONT. Le 1er bataillon prend à son compte la côte 202 et sa 2e compagnie la côte 180.

Du 01 au 08, le régiment reste sur les mêmes positions et s’attèle aux travaux de nettoyage et d'instruction. Le LTN CHEVRIER, officier payeur, est promu capitaine au 26/12/1915 et prend les fonction d'adjoint au colonel. Il est remplacé à son poste par le LTN GRABESSAC. Le CNE HERIQUE prend le commandement de la 10e Cie le 02/01/1915. Le 06/01, le SLT (TT) SECART, venant du 22e Dragon, est affecté à la 10e Cie et le SLT (TT) VARIN, sous officier au 130e RI, est affecté à la 2e Cie.

Dans la nuit du 8 au 9 janvier, le régiment relève le 117e RI. Le secteur reste calme jusqu'à 15h30 heure à laquelle les allemands attaquent les positions françaises aux lances flamme. Le sous secteur VALOT est la cible de l'attaque. Le 317e RI et le 2e bataillon occupent le secteur. Dans le même temps, le sous secteur du mont TETU reçoit des obus à gaz lacrymogènes. Dans le secteur du 317e, la fusillade est intense. La 24e Cie perd sa 1ère ligne et occupe la ligne de soutien. L'artillerie française opère un tir de barrage et les 1ère lignes du 115 "fusillent" la 1ère ligne allemande. Quelques obus de 75 sont courts et tombent dans les lignes du régiment. L'attaque allemande échoue. La 4ème section de la 6ème compagnie sera citée à l'ordre de la 8ème division (cf. citation au dessus), enregistrant le 1er succès du régiment dans un secteur qu'il vient d'occuper. Le SLT VARIN est grièvement blessé ainsi que 18 autres soldats dont 2 intoxiqués par les gaz.

Le 10, les infanteries s'observent sous tirs d'artillerie. Le CNE KIEFFER est blessé et on dénombre 5 tués et 30 blessés.

Le 11, journée calme sous tirs de tous calibres et lacrymogène. Vers 17h45, les compagnies remarquent que depuis la tombée de la nuit les fils de fer allemands sont coupés. Vers 18h00, les baïonnettes dans les tranchées allemandes luisent et on entend des coups de trompe. Les lignes françaises du 115 ouvrent le feu et règlent un tir de barrage sur les tranchées allemandes. L'ennemi s'arrête là. 1 officier blessé: SLT MORELLE, 1 tué et 6 blessés.

les 12 et 13, sous tirs d'artillerie, les journées sont consacrées à la réfection des tranchées et boyaux. 2 tués, 7 blessés le 13, 2 tués dont le SLT LEREAU (2e Cie) et 8 blessés le 13.

Le 14, journée calme. Le 1er bataillon est relevé sur "l'Index" par un bataillon du 117e et va bivouaquer au ravin aux Pins aux ordres de la 16e Brigade. Le LTN CARDY, du service des chemins de fer, est affecté à la 2e Cie. 5 blessés.

le 15 est calme aussi avec une artillerie ennemi "presque" nulle. 1 tué, 2 blessés.

le 16, journée calme. L’ennemi travaille sur sa seconde ligne. Par suite de l'adoption d'un nouveau secteur  de la 16e brigade (glissement vers la gauche), les mouvements suivants ont lieu dans la nuit du 15 au 16. le 1er bat du 101e RI relève le bataillon LANNE (1er bat) du 115e RI (droite du secteur). le bat LANNE du 115e RI relève à l'INDEX et aux "bois des camarades" le bataillon TREILLARD du 117e RI. le bataillon TREILLARD du 117e RI relève à la gauche du bataillon CLAYEUX (2e bat) du 115, le bataillon FONTAINE du 317e RI. Ainsi le bataillon LANNE (1) est en soutien à l'INDEX et CAMARADES, le bataillon CLAYEUX (2) occupe le secteur VALET appuyé à gauche par le 117eRI. Le régiment déplore 1 blessé le 16.

Dans la nuit du 16 au 17, le régiment est relevé par le 117 et occupe la situation suivante: 1er bat au RAVIN DES PINS, 2 bat à 180, EM, CHR et 3e bat à COURTEMONT.

Du 17 au 25, le régiment reste en cantonnement à réaliser des instructions et des travaux de propreté. Le 20, le sous lieutenant  VAUMARCK (ex maréchal des logis du 15e d'artillerie) est affecté à la 4e Cie et le sous-lieutenant BADETS, venant des sous-officiers du 44e d'artillerie est affecté à la 7e Cie.

Dans la nuit du 25 au 26, le régiment relève le 117. La journée du 26 est calme et l'activité de l'artillerie ennemi est jugée normale. Le capitaine MATHIS du 221e RI est affecté à la tête de la 12e Cie. Pertes: le capitaine LAFONT blessé (7e Cie), 1 caporal blessé.

27, 28 et 29 janvier, l'infanterie allemande est très vigilante et tire beaucoup à partir des créneaux, son artillerie est active aussi, les coups semblant venir de la direction "la défaite", ferme CHAUSSON (nord du point 202 (mont TETU)). L'ennemi travaille activement à ses défenses et essaient de travailler dans un poste d'écoute devant la SAPE 19, cible des grenadiers du 115 et de l'artillerie française. Le 115 aménage aussi ses positions dans le sous secteur du "FAULX". Pertes: 1 tué, 6 blessés, 7 évacués pour maladie. Le capitaine DENIS arrivant du dépôt, prend la tête de la 7e compagnie le 29/01.

le 30, une relève semble avoir été effectuée chez les allemands. De violents combat à la grenade ont lieu à hauteur des sape 17, 18 et 19. Pertes: le lieutenant LEREAU * (10e cie) est tué, 1 sergent tué (sergent DECOCHEREAUX Eugène (source mémoire des hommes), 1 blessé.

(* un SLT LEREAU (2e cie) est annoncé tué dans le JMO le 13/01, un LTN LEREAU (10 cie) le 30/01. Ces 2 officiers sont absents de la base MPLF du site "mémoire des hommes").

le 31, des échanges de grenades sur les sapes 13 et 19. Tirs violents de l'artillerie allemande (77, 105 et 150) sur les 1ère lignes entre la sape 17 et 19. Arrivée du LTN LAVIER du dépôt de MAMERS et affectation à la compagnie de mitrailleuses  1/16. pertes: 1 tué et 3 blessés.

fevrier 1916

Les 11, 12 février, c'est le 115 régiment d'infanterie qui attaque à son tour. La 4ème compagnie puis la 3ème ont mordu dans la position ennemie défendue avec rage. La distance entre les assaillants et les défenseurs ne permet que la grenade. Mais "les sarthois" s'en servent de main de maître. En fin de combat ils conservent le terrain qu'ils ont enlevés aux Allemands et 18 prisonniers dont un lieutenant. La lutte a été rude et longue. « Le sous-lieutenant MAURICE, après douze heures de combat, tous ses grenadiers étant tués ou blessés, a continué le combat jusqu'au moment où il a pu être relevé ( citation à l'ordre de la IVème armée ). » On se bat encore le surlendemain,le 13 février 1916 ainsi que le témoigne la citation à l'Ordre de la 8ème division d'infanterie. accordée à la 4emc section de la 10ème compagnie, pour avoir résisté à des attaques violentes et incessantes, dans une portion de tranchée récemment conquise, qu'elle a conservée malgré des pertes très sensibles et un bombardement de minenwerfer (cf. citation au dessus).

mars 1916

Le 6 mars, l'ennemi tente un gros effort. Après un pilonnage serré par minen et obus de tous calibres, il surgit à 17 heures hors de ses tranchées, précédé d'un rideau de liquides enflammés. L'attaque échoue et le combat, engagé à la grenade, dure encore le 8 mars. Au 3ème bataillon, et plus particulièrement à la 10ème compagnie qui a beaucoup souffert revient l'honneur d'avoir infligé un deuxième échec à l'Allemand. Le 8 mars le régiment a perdu : 4 officiers tués, 2 blessés ; 20 hommes tués et 72 blessés.


mai 1916

Le 15 mai,  sous les ordres du capitaine ROBO et entraînés par le sous-lieutenant BADETS, 37 volontaires du 2ème bataillon réussissent un coup de main. Le détachement ramène dans nos lignes 2 prisonniers des 109 et 110ème régiments d'infanterie allemands qui fournissent de précieux renseignements. 

photos des participants sur le site ci-dessous:

http://www.chtimiste.com/album/Active/100e%20au%20...

juin 1916

Le 2 juin, les allemands lance une opération de grande envergure, qui semble avoir eu tout autre but que celui de faire des prisonniers . Une fois de plus le 115 lutta avec succès et malgré ses pertes, maintint intégralement son front. De 5 heures du matin à 18 heures 45, heure du déclenchement de l'attaque d'infanterie, tout le secteur est soumis à un tir de torpilles et d'obus de tous calibres. Des défenses accessoires il ne reste rien. Dans les tranchées de première ligne, bouleversées, nivelées, les garnisons très éprouvées attendent stoïquement l'attaque. A coup sûr l'ennemi qui surgit  derrière le nuage de fumée des derniers éclatements ne croyait pas trouver devant lui tant de gens décidés, répondant au cri d'alarme des guetteurs. Et de 18 heures 45 à 20 heures, les gars de la lère, de la 5ème, de la 8ème, de la 6ème compagnie ont lutté, contre-attaqué, et finalement ramené chez lui à coups de grenade l'ennemi qui ne lâche le terrain que mètre par mètre. 8 officiers blessés, 36 hommes tués, 102 blessés, 36 disparus (la plupart ensevelis), tel est le chiffre de ses pertes pour cette journée. L'ennemi a laissé 2 morts entre ses mains, (un pionnier de la 274° compagnie et
un sous-officier du 110° Grenadiers).

Le 3 juin, le lieutenant-colonel KIEFFER adresse à ses troupes l'ordre du jour suivant : « Le général GOURAUD, commandant la IVème armée, a adressé au lieutenant-colonel, commandant le régiment, ses félicitations pour la façon brillante dont le 115  avait arrêté, puis contre-attaqué les Allemands dans la soirée du 2 juin. Le lieutenant-colonel transmet à tous ces félicitations en y joignant les siennes pour l'endurance, l'énergie, la vigueur déployées dans la défense et la contre-attaque, après un bombardement préparatoire qui dura cinq heures. Honneur aux officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 115ème. » 

Sans doute le Commandement allemand veut-il un succès plus net ! Il ne réussira pas plus le 22 juin que les autres jours. A 4 heures 30, une salve de minen a donné le signal. Jusqu'à 20 heures 45,  lentement, régulièrement, sans arrêt, les minen de tous calibres s 'écrasent sur nos tranchées, «soufflent » les réseaux, broient, ensevelissent, tuent. Du ravin des NOYERS aux pentes Est du mont TETU, c'est le pilonnage inexorable des premières lignes, le marmitage serré des boyaux et des pistes. L'écho des ravins des NOYERS, de la FAUX, de l'ETANG, redit l'éclatement des obus, des torpilles : tintamarre infernal. Au ras du sol les gros fusants éclatent. La terre disparaît sous la fumée et la poussière. Et là -haut, comme d'énormes oiseaux de proie des avions à croix noires planent... Une fois de plus le poilu du 115 attend l'ennemi qui va venir. Ses grenades sont prêtes et son fusil chargé : les mitrailleurs, crânant sous le marmitage, de temps en temps égrènent une bande. Une fois de plus les allemands rentreront bredouilles chez eux. Le plus audacieux viendra, frappé en plein front, s'écrouler sur le parapet d'une tranchée. Les patrouilles, lancées à la poursuite des fuyards en vont cueillir six, tapis dans des trous. 

L'héroïque capitaine ROBO tué, 14 soldats tués, 40 blessés, voilà le prix de cette journée, nouvelle victoire pour les 1ère, 8ème,  7ème et 6ème compagnies. C'est la dernière journée glorieuse de Massiges.

juillet 1916

VERDUN

VERDUN manquait à la gloire du 115. Son tour était venu de monter la garde d'honneur devant la citadelle inviolée. Tout a été dit sur VERDUN : l'acharnement de ce combat de géants, la désolation, l'aspect fantastique des ravitaillements impossibles, le manque d'eau, les barrages sans fin. les pilonnages inexorables de la plus puissante artillerie qu'on ait vue jusqu' à ce jour, l'atmosphère empestée par les gaz et les cadavres en décomposition. Toutes ces souffrances, tous ces sacrifices n'ont pas été vains. L'ennemi n'a pas passé.

Le 11 juillet, par DAMPIERRE LE CHATEAU, CHARMONTOIS LE ROI, le régiment se dirige sur VERDUN. Une marche de 35 kilomètres le conduit au BOIS LA VILLE où il doit cantonner. Mais les Allemands attaquent. Ils ont atteint le fort de SOUVILLE ; la côte de BELLEVLLE est menacée. On fait appel au 115°RI. Le 1er bataillon va en réserve près du fort de FROIDETERRE. Les deux autres restent à la citadelle de VERDUN. Ce jour-là, par une chaleur accablante, le régiment fait 45 km.

Les journées du 12 et du 13 juillet sont employées à préparer un retour offensif. Le colonel, les officiers du 2ème Bataillon reconnaissent le terrain sur lequel se déroulera l'attaque prévue pour le 14, puis retardée de 24 heures. II faut donner de l'air à Verdun. La 37° DI. appuyée par le 2ème Bataillon du 115 a pour mission de dégager la région du fort de SOUVILLE et de s'établir solidement sur les positions conquises. Les objectifs de l'attaque sont: Batterie « C », PC. 119, Tranchée de Fleury, Cote 337. Points 2193, 2391, 2389, 2889. Les objectifs du régiment sont: Batterie « C », PC. 119, Dépôt 250 m. Est du PC. 119. Le soir de la Fête Nationale à 21 heures, le 2ème bataillon, sous une pluie fine, quitte la citadelle et gagne ses positions de départ : 4 jours de vivres, 4 litres de boisson par homme, le maximum de munitions. La 5ème compagnie se ralie à droite aux Tirailleurs. La 7ème a, à sa gauche, des éléments du 130° RI. La 6ème  est en soutien. La 3ème compagnie de mitrailleuses appuie l'attaque. Au lever du jour, les poilus épars dans les trous d'obus voient se dresser devant eux les objectifs de l'attaque : la crête de FLEURY, le PC. 119, casemate bétonnée, abri solide où les mitrailleurs allemands attendent l'assaillant. Notre artillerie lourde prépare l'attaque en pilonnant les objectifs très proches de la base de départ. Pour éviter des accidents, le 115 est obligés d'effectuer un repli préliminaire. De plus la 6ème cie va renforcer la 5ème qui a subi de grosses pertes. L'heure « H» arrive. Les fractions de droite (5ème et 6ème) enlevées par leurs chefs ont abordé l'ennemi et luttent avec ardeur, mais à leur droite et à leur gauche l'attaque a échoué et les courageux assaillants sont obligés de se replier. Une nouvelle attaque est déclenchée à 18 heures 45. L'intensité des tirs de l'artillerie ennemie est telle que plusieurs ordres d'attaque n'ont pu parvenir. Enfin à 18 heures 50. la 7ème compagnie se précipite sur l'objectif. Les grenadiers d'élite du 2° bataillon nettoient le PC. 119. A droite les 5ème et 6ème compagnies, appuyées par la 23ème compagnie du 317 ème RI et suivies par une compagnie du 130ème RI qui, de son propre mouvement, s'est jointe à l'attaque, élargissent les gains. L'attaque a réussi; la ligne française passe près de l'ouvrage de THIAUMONT. 80 prisonniers valides, des mitrailleuses, de nombreux Allemand tués. 5 prisonniers français que l'ennemi gardait depuis plus d'une semaine délivrés, voilà le résultat de cette dure journée. 

Le 16 juillet, on organise le terrain conquis. A 20 heures 45 une première contre-attaque allemande est repoussée, une deuxième, un peu plus tard, n'a pas plus de succès. La 7ème compagnie augmente même ses gains en enlevant une batterie « C » que l'on occupe ensuite solidement. Ce succès, récompense d'un effort magnifique chèrement payé, vaut au 2° bataillon une lettre de félicitations que le général MANGIN envoie à son chef. Dans la nuit du 17 au 18, le 2° bataillon est relevé. Il ne compte, plus que 255 présents. Les jours suivants, sous les tirs de barrage, les 1er et 2ème bataillons montés en ligne dans la nuit du 16 au 17 ont cherché à améliorer les positions. Le général MANGIN a donné l'ordre, le 22 juillet, de continuer sans arrêt, coûte que coûte, la progression par attaque ou en luttant à la grenade. En exécution de cet ordre, le 23 juillet, le 3° bataillon prend part à une attaque heureuse sur les batteries « C », en liaison avec le 2ème zouaves et des éléments du 20ème et du 11ème RI. 

Le 25 juillet à 11 heures 40, les Allemands sont vus baïonnette au canon dans leurs trous. Un fort groupe ennemi s'avance vers notre ligne en criant « Camarades français ». La ruse est grossière. Un combat s'engage à la grenade. Les Allemands sont ramenés à leur point de départ. Le 27 juillet, les 9,10 et 11ème compagnies réussissent au prix d'un périlleux travail à réunir l'ouvrage Z aux batteries « C ».  Toutes ces opérations de détail ont pour but de préparer l'attaque de l'ouvrage de THIAUMONT. Le 115 est relevé dans la nuit du 28 juillet.

«Au 115° RI revient l'honneur d'avoir repris le premier le terrain que l'ennemi  avait enlevé devant Verdun. » Le 30 juillet, au BOIS LA VILLE, le régiment, ayant perdu 24 officiers (4 tués, 19 blessés dont 1 mortellement,  1 disparu ), 1 017 hommes dont 129 tués, 551 blessés. 35 disparus, physiquement exténué, rendait les honneurs au Drapeau, avant de s'embarquer à NIXEVILLE pour VAVINCOURT.

Aout 1916

Le régiment jusqu'au 8 août reste à VAVINCOUT. Il s'embarque alors en gare de LONGEVILLE et débarque le 9 à Sainte-MENELIOULD où l'état-major et les 2ème et 3ème bataillons cantonnent le 10. Le 1er bataillon est à VALMY. 

Dans la nuit du 12 au 13 août, le 115 RI relève le 83 RI dans le secteur de la ferme de BEAUSEJOUR, secteur tranquille qu'il défend et organise jusqu'au 27. A cette date se produit un décalage vers l'Ouest et le régiment va occuper le secteur des LOUPS entre le ravin de la GOUTTE et la butte du MESNIL.

Septembre 1916

Deux mois s'écouleront sans incident notable. A plusieurs reprises l'ennemi est venu tester le dispositif, mais il a trouvé les guetteurs toujours vigilants. Dans ces coins tranquilles, le régiment pansa ses plaies de Massiges et de Verdun.

Octobre 1916

Le 16 octobre, le 8ème RI. ( 2ème DI. ) prend la place du régiment. Par étapes, dans la boue, sous le ciel gris et les pluies abondantes d'automne, le 115 gagne le camp d'instruction de VILLE EN TARDENOIS. Là, la 8ème DI. qui ne comprend plus que les 115, 117 et 317ème RI apprend les nouvelles méthodes offensives qu'elle va appliquer sur le champ de bataille de la Somme.

Novembre - décembre 1916

Le 26 novembre, en passant par NEUILLY SAINT FRONT, VILLERS COTERETS, PONT STE MAXENCE, CREIL, le régiment se rend dans la région de BEAUVAIS. A PONT STE MAXENCE, le régiment a défilé devant la général FOCH, commandant du Groupe d'Armées Nord ( GAN. ). et mérite ses félicitations pour sa belle tenue. Il reste à VALDAMPIERRE jusqu'au 31 décembre.


1917

Janvier 1917

CHAULNES - 2janvier - 8 février 1917

Enlevé en camions automobiles, le 31 décembre, de ses cantonnements de la région de Beauvais. le régiment entre en secteur dans la nuit du 1er au 2 janvier 1917, relevant le 47ème RI. Il va rester devant CHAULNES jusqu'au 8 février. Secteur particulier décrit en ces termes: "Autres pays d'horreur et de désolation. Le champ de bataille est peut-être plus bouleversé que celui de VERDUN. Même aspect chaotique mais quelque chose de plus monstrueux: la besogne accomplie par notre grosse artillerie est énorme et ce qui frappe surtout c'est la quantité des vastes entonnoirs que les gros obus ont creusés. On dirait que seuls les obus de gros calibres et les gros crapouillots ont bouleversé le sol. II est vrai que seuls, ils étaient capables de bouleverser la tranchée bétonnée des IRIS, les casemates en ciment armé et toutes les organisations de ce secteur formidablement équipé pour la guerre défensive. Ici l'œuvre de destruction et de mort est plus frappante, car le combat s'est déroulé dans un pays autrefois riche et plein de vie. Ces quatre murs, c'est tout ce qu'il reste de LIHONS. Où est donc le village de MAUCOURT dont on lit le nom sur les cartes ? En cherchant bien on aperçoit quelques morceaux de briques rouges, une poutre qui émerge d'un tas de décombres et deux mètres du mur qui entourait l'église. CHAULNES a l'air tout neuf, parce qu'il y a, debout encore, quelques squelettes de maisons. II y eut dit-on un château : notre première ligne passe devant ce qui en fût la terrasse." 

Le 115 va passer quarante jours dans ce secteur récemment conquis. Les réactions de l'ennemi ne
seront pas dures, mais la rigueur de l'hiver rendra ce séjour très pénible. Ce sera la lutte continuelle contre l'eau, contre la boue et le froid. Le régiment supporte ces souffrances sans faiblir et fidèle à sa tradition s'emploie de toutes ses forces à améliorer la défense de son secteur.

Février 1917

Le 8 février, le 115 est relevé par le 414èmc RI. Cheminant sur les routes glacées, dans l'air vif et froid il se dirige vers le Sud. Par AILLY SUR NOYE, VILLERS COMTE, NOURARD LE FRANC, CREIL, CHANTILLY, GONESSE, GAGNY, PONTCARRE, le régiment se rend à VERNEUIL l'ETANG, où il cantonne le 19 février. Le séjour n'est pas long Dans la journée du 20, le régiment est embarqué en gare de CHAUMES EN BRIE et le 21, à 18 heures, débarque à LONGEVILLE, puis il gagne ses cantonnements de GUERPONT, CULEY et SILMON où il restera jusqu'au 1er mars.

Mars 1917

LA FORÊT D'APREMONT - 4 mars - 23 avril 1917

Dans la nuit du 4 au 5 mars, le régiment a relevé le 20ème RI. qui occupait dans la forêt d'APREMONT la zone baptisée « Tête à Vache ». Vieux secteur qui fut encore, quelques mois auparavant, le théâtre de durs combats. L'aspect délabré des tranchées, la grandeur des cimetières, les tombes éparses, la clairière énorme que la bataille a créé dans cette forêt, témoignent de la violence de la lutte. Les poilus l'ont jugé d'un coup d'œil. Les secteurs ont quelque chose qui trahit tout de suite leur manière d'être, la vie qu'ils offrent à l'arrivant. Déjà, le soir de la première relève, on respire une atmosphère de calme ou de combat. Accroché aux pentes d'un ravin autrefois boisé, dont l'ennemi tient les crêtes, il va falloir vivre sous l'œil indiscret de l'observateur allemand et quand on s'éloigne des lignes on est encore gêné par le dôme pelé du Camp des Romains que l'on voit partout. De part et d'autre, il y a peu d'artillerie, mais le chaos des premières lignes dit aux héros de Massiges que l'ennemi est bien armé de Minenwerfer de tous calibres. Les ravins et les bois doivent souvent retentir du fracas des torpilles. Ici encore on doit souvent regarder en l'air, cherchant d'un œil anxieux la grenade à ailettes dont on a entendu le départ. Heureusement la guerre de mines a vécu. Ce secteur l'a connue, les vastes entonnoirs le disent. Le régiment a pour se délasser, la perspective réjouissante d'un vrai repos dans les bivouacs, sous les bois que le canon respecte, sur les bords de la MEUSE ou dans les villages de BONCOURT et de LEROUVILLE, habités quoique près des lignes. Là-bas, pas très loin, ces toits, ces cheminées qui fument, c'est la coquette cité de COMMERCY. 

C'est le 115™° RI. qui porte le premier coup. Le 13 mars, à 17 heures 45, après des tirs de destruction sérieux, le sergent LASSERRE, un caporal, huit hommes volontaires de la 6ène compagnie ont pénétré dans la position ennemie, l'ont fouillée, ont jeté des grenades dans les abris et sont revenus vingt minutes après en ramenant un prisonnier. La riposte ne se fait pas attendre. Le lendemain, dès le jour, les Minen de tous calibres viennent s'écraser sur les tranchées. L'artillerie ennemie est très active. Tout se calme au soir. Ce n'est qu'une feinte. La ruse n'est pas nouvelle. A 22 heures 30 le bombardement reprend, rapide, sec, violent, rageur. Un détachement ennemi manœuvrant dans la nuit noire essaye vainement d'enlever le PP. n°2. Le poste est bien gardé, l'ennemi emportant
ses blessés se retire, mais il n'a pu enlever le cadavre d'un soldat du 24ème Bavarois qu'une patrouille est allée chercher entre les lignes. Les Allemands s'obstinent, et dans la nuit du 16 au 17, c'est par trois fois qu'ils essayent de pénétrer dans les secteurs défendus par les 2°et 3° compagnies : ils sont reçus à coup de grenades et rejetés dans leurs lignes. Jusqu'ici ils n'ont frappé qu'au centre. Seront-ils plus heureux aux ailes ? C'est ce qu'il vont essayer le 19 à 4 heures 05 du matin, après un violent bombardement deux détachements attaquent simultanément. Pressentant le choc, les  grenadiers du ler et du 2ème bataillon ont fait le vide, laissé pénétrer l'ennemi dans notre tranchée ;
puis, ils l'ont contre-attaqué et ramené chez lui. Sans aucun doute l'ennemi veut un succès. Le 20, le secteur du régiment était violemment battu par l'artillerie ennemie. L'intensité du tir, l'étendue de la zone intéressée ne permettaient pas de prévoir le point où l'ennemi se présenterait. Les postes avancés ont été ramenés sur la tranchée de résistance. Il est entendu qu'au signal convenu (une fusée rouge ) l'artillerie soutiendra de son feu les contre-attaques de nos grenadiers, qu'appuient leurs compagnons VB., FM. et mitrailleurs. A 20 heures, au moment où l'artillerie ennemie allongeait son tir pour permettre l'assaut de ses fantassins, le signal convenu est donné. Les Allemands sont collés sur place au départ. Dans la nuit ils reviendront à la charge, mais leur tentative manque de conviction ; ils n'insistent pas devant les grenades. A compter de ce jour, l'ennemi se calme, les dures leçons que les poilus lui infligent ont refroidi son ardeur. Il semble renoncer à ces tentatives de coup de main qui lui réussissent si mal. Pendant un mois il essaye, sans résultat d'ailleurs, de venir à la faveur de la nuit surprendre les guetteurs. 

Et puis, il revient à la manière brutale. 

Avril 1917

Le 20 avril, au lever du jour, commence le bombardement, préparant un coup de nain qui n'aura lieu que deux jours plus tard. Les 20, 21 et 22 avril, plus de 3 500 torpilles de tous calibres ont nivelé les secteurs de la 2ème et 1ère compagnies. 

Le 22, à 20 heures 15, l'ennemi surgit en nombre de ses tranchées, saute dans notre première ligne évacuée et essaye de s'y maintenir en vain, en résistant à nos contre-attaques. Attaqué sur son front, menacé sur ses flancs, il rentre chez lui, vaincu après vingt minutes de combat.

Le 28, le lieutenant-colonel faisait paraître l'ordre du jour suivant : « Indépendamment de la façon brillante dont le régiment a repoussé l'attaque ennemie du 22 avril, il lui a infligé des pertes importantes. Plusieurs conversations allemandes captées par le poste spécial le lendemain de l'attaque disent : «10 Tués, 10 blessés »... plus loin... « Un homme complètement mutilé par un coup au but »... plus loin encore... « Les mort ont été enterrés ce matin ». « L'ennemi a reçu une leçon sévère, le colonel est fier de son régiment et remercie tous ses poilus. » Signé : Le lieutenant-colonel KIEFFER.

C'est sur ce succès que le régiment relevé par le 246ème RI. quitte la forêt d'APREMONT.

La conquête du massif de MORONVILLERS est commencée. Le 115ème RI. est appelé à figurer dans la deuxième phase de la bataille. Des camions automobiles ont enlevé le régiment, le 27 avril, à GUERPONT. Ils l'ont conduit à BOUY le même jour, d'un seul trait, dans un nuage de poussière. Une marche pénible dans la nuit, sur la route encombrée de camions, d'attelages, de caissons, de convois sans fin qui montent vers les lignes ou qui en redescendent, et les bataillons atteignent le camp BERTHELOT (2 kilomètres Sud-Est de MOURMELON LE GRAND). Là, au pied des Monts, le 115 va attendre trois jours l'ordre d'entrer dans la bataille, déjà sous les coups des canons à longue portée et les bombes que les avions laissent tomber sur les camps et les bivouacs dans leurs raids nocturnes.

Mai 1917

MORONVILLERS - 1er mai-24 mai 1917

L'ordre arrive le 1er mai à 17 heures : le régiment remplace sur le TETON le 20ème RI. La relève est dure. L'ascension des Monts est difficile, les poilus sont lourdement chargés. Les deux artilleries font rage. Les guides ont dit de mettre le masque, car l'atmosphère est souillée par les gaz et la marche est ainsi rendue plus pénible. Sous la lune, le champ d'entonnoirs prend des allures fantastiques. Les vieux qui ont fait les « MARQUISES » en 1915, essaient de retrouver dans ces énormes tas crayeux où les obus n'ont pas laissé un pouce de terre végétale, ce que furent le  majestueux CORNILLET, l'imposant MONT HAUT, autrefois si verdoyants. Ils ne reconnaissent plus le CASQUE ni le TETON autrefois couverts de sapins verts. Ils sont quelque peu étonnés de gravir ces pentes rapides qui, il y a deux ans, leur paraissaient inexpugnables. Toutes les crêtes sont aux mains des français, mais l'ennemi possède encore quelques observatoires qu'il faudra lui  enlever. La tâche sera rude, ainsi qu'en témoigne l'ordre du jour suivant que le général ALDEBERT adressera à sa division, le 26 mai, quand elle quittera les MONTS : « La 8ème DI. a fourni sans faiblir devant MMORONVILLIERS l'effort qui lui était demandé. Trois attaques menées d'un bel élan, les 7, 20, 21 mai, malgré des contre-attaques renouvelées ; deux attaques ennemies, repoussées les 8 et 21 mai ; une organisation défensive élevée sur le terrain conquis, sous un feu incessant ; une division ennemie mise à mal ; plus du 300prisonniers. « Tel est le résultat de 25 jours de combat. « La 8èmeDI. a bien travaillé. »

Le 115 a eu sa large part de ces éloges. Du 2 au 6 mai, on travaille a améliorer l'organisation forcément précaire qu'ont laissée les prédécesseurs. L'adversaire surpris se ressaisit. Chaque jour on sent que son artillerie s'accroît. Ses tirs de barrage sont plus fréquents et plus intenses. 

Le 7 mai a lieu une opération sur le bois L 61. Après une préparation d'artillerie, tirs de destruction de notre artillerie lourde, jusqu'à l'heure H, suivis d'un tir d'encagement de l'objectif, la 3ème compagnie s'élance à 18heures 30 en trois vagues. Elle réussit à prendre pied dans le bois, mais une violente contre-attaque l'oblige à se replier. Cette opération coûte au régiment: 11 tués. 67 blessés, 15 disparus. 

Le 8 mai, violente attaque allemande sur le CASQUE et le TETON menée par deux bataillons et une compagnie du 369ème Allemand appuyant une Sturm compagnie. A 3 heures 15, après une préparation d'artillerie courte mais violente, l'attaque se déclenche. Au centre les « Stosstrupp » réussissent à prendre pied dans la tranchée. Un combat sauvage s'engage au couteau et à la grenade. Finalement l'ennemi se replie devant les contre-attaques énergiques des 2ème et 3ème compagnies. A droite et à gauche l'ennemi est rejeté dans ses lignes par des contre-attaques vigoureuses et la liaison est conservée avec le 317ème et le 117ème. La ligne est maintenue intégralement. 

Le 9 mai, le 2ème bataillon réussit à s'emparer de la lisière sud du bois L 61 et à s'y installer solidement. 

Le 14 mai, une patrouille de quatre hommes que commande le caporal BRABANT a reçu la mission d'aller fouiller, en plein midi, la partie du bois L 61 que l'ennemi tient encore. Les entonnoirs  énormes creusés par nos 220 se touchent. De trou en trou, en rampant, la patrouille progresse. Tout à coup, dans le trou voisin, BRABANT aperçoit huit Boches qui lui tournent le dos... Les prendre tous, est difficile : une grenade d'abord dans le tas... et puis, on en ramènera un dans nos lignes : le seul que l'engin en éclatant a laissé intact... Le mauvais temps a fait remettre l'attaque fixée tout d'abord pour le 18. Elle a heu le 20.

Elle est menée par le Ier bataillon à droite, par le 3ème bataillon à gauche ; le 2ème bataillon est en soutien. Le 1er bataillon a deux compagnies en ligne ( lère et 2ème ), la 3ème en réserve. Le 3ème bataillon engage la 10° compagnie, tient la 9° en soutien, la 11° en réserve. Les objectifs de l'attaque sont : bois L. 61, bois L. 62 - tranchée du Téton. A 16 heures 45, d'un seul élan les vagues ont bondi hors des tranchées, submergé l'adversaire dans ses trous, atteint l'objectif. On dénombre 170 prisonniers valides. La contre-attaque est prompte : elle se déclenche violente, appuyée par une puissante artillerie. La lutte est chaude. On se bat longtemps et la nuit arrive amenant la fin du combat : la gauche a conservé ses objectifs, le centre une partie, la droite est restée accrochée à quelques mètres de la tranchée du Téton. La journée a été rude. Les actes de bravoure ont été nombreux. 44 tués, 167 blessés, 15 disparus : voilà les pertes en hommes. 6 officiers blessés, 3 tués et parmi ces derniers le glorieux lieutenant VANMARCKE : « Ame d'élite, héroïque et enthousiaste. « Le 20 mai 1917, chargé spécialement pendant une attaque, de veiller à la liaison entre deux compagnies voisines, a enlevé lui-même les fractions de première vague de ces deux unités, leur montrant, le bras tendu, la direction en terrain découvert. Blessé mortellement s'est éteint le crayon en main en faisant le compte rendu écrit de sa mission. « Exemple de haute vertu morale. » (Citation à l'ordre de la IIVème armée ).

Le 21 mai. l'ordre de poursuivre l'attaque est donné. Le 317ème RI. qui a attaqué la veile, attaquera aussi. Nos tirs d'artillerie ont repris avec violence. Ceux des Allemands font croire, non à une réaction, mais à une préparation d'attaque. A 19 heures 45, des deux côtés, les vagues d'assaut surgissent simultanément et le combat engagé presque corps à corps entre les lignes se termine sans décision. Le régiment est exténué : il fournit depuis vingt jours des efforts surhumains. Il est enfin relevé le 24 mai. Sous les obus qui font prévoir une attaque prochaine, le 130ème RI. prend la
place du 115 qui va cantonner au camp BERTHELOT. II y reste, jusqu'au 3 juin, constamment alerté, car les Allemands essaient de reprendre les MONTS. Il est enfin embarqué à MOURMELON LE PETIT. A ECURY SUR COOLE, il jouira d'un repos mérité et pansera les plaies de la dure bataille. 19 officiers dont 4 tués, 152 hommes tués, 531 hommes blessés, 65 disparus, voilà le tribut du 115ème à la bataille de MORONVILLERS. 

Le Général HENRYS, commandant le 17ème Corps d'armée citera le régiment à l'ordre du corps d'armée pour cette page héroïque et glorieuse (Cf. citation au dessus).

Juin 1917

MONT-BLOND- 25 juin- 19 juillet 1917

Après un mois de repos, le régiment se dirige à nouveau vers le secteur des MONTS. Il est depuis le 4 juin sous le Commandement du lieutenant-colonel GACHES.

Le 22 juin, il quitte le cantonnement d'ECURY SUR COOLE et par AULANY SUR MARNE, SEPT SAULX, il arrive une fois encore au pied du fameux massif. Le régiment bivouaque dans les bois de la PLAINE attendant l'ordre de relève. C'est dans la nuit du 24 au 25 juin que les bataillons remplacent le 166ème RI. sur les pentes du MONT BLOND, entre le CORNILLET et le MONT HAUT. Secteur encore peu organisé où il y a beaucoup à faire, les tranchées et les boyaux sont bouleversés, le terrain est encore encombré de cadavres. Le travail sera rendu très pénible par la chaleur et l'odeur pestilentielle qui s'exhale du sol. N'importe, le 115 ne se laisse pas rebuter et, malgré les harcèlements de l'artillerie adverse, il entreprend avec ardeur la tâche qui lui est confiée. Nuit et jour ce sera une agitation meurtrière. L'ennemi nerveux multiplie sans succès les coups de main. Notre artillerie est très active et exécute des tirs fréquents de destruction sur les objectifs du MONT HAUT. Ces tirs sont le prélude de l'attaque qui aura lieu le 14 juillet.

Juillet 1917

Le 13 juillet, le Drapeau du régiment est décoré de la Croix de guerre avec étoile vermeille par le général GOURAUD. Le jour de la Fête nationale l'attaque est déclenchée à 15 heures 45 de la façon suivante : attaque principale à droite, menée par le 1er bataillon ( LEMAIRE ) en liaison avec le 4ème Bataillon ( LARDIER ) du 317. A gauche, le 3ème bataillon ( HERIQUE ) opère une diversion sous forme de coup de main. Tous les objectifs sont atteints et conservés. 9 officiers et 320 hommes valides étaient restés entre les mains du régiment. Il enregistre 11 tués dont 2 officiers, 41 blessés dont 3 officiers. 

Le 15 juillet, contre-attaque de l'ennemi qui se déclenche à 20 heures après une violente préparation d'artillerie. Cette contre-attaque échoue devant la ferme contenance des 1er et 3ème bataillons. Journées glorieuses où les actes de bravoure ne se comptent pas. Le 14, un groupe a dépassé largement le dernier objectif; il est allé nettoyer à la grenade un abri à plus de 300 mètres du point à atteindre et a ramené un officier allemand. Le jeune soldat LEMOINE de la classe 1916, arrivé de la veille, est fait chevalier de la Légion d'honneur. Mieux que tout, la citation du ler bataillon à l'Ordre de la IVème armée dit l'ardeur de la lutte et l'héroïsme déployé (cf. citations au dessus).

Le 21 juillet, le général ALDEBERT adressait à sa division qui était venue au repos dans la région de
COUDE et de TOUR SUR MARNE, l'ordre du jour suivant : « Une fois de plus sur les hauteurs de MORONVILLERS et au cours de trente jours de combat, la 8*ème DI fait éprouver à l'ennemi la valeur de ses coups. «Du 20 juin au 20 juillet, elle a organisé sous un harcèlement continu d'artillerie le front défensif du MONT BLOND et du CORNILLET, le front offensif du MONT HAUT, en maintenant son ascendant sur l'ennemi par des coups de mains incessants et hardis. «Le 6juillet, sous le clair soleil de midi, la compagnie BURESI du 317èmeRI., a surpris dans ses trous la garnison du MONT HAUT et repoussée avec une rare valeur trois contre-attaques. «Le 14 juillet, les bataillons LEMAIRE, du 115° RI., et LARDIER, du 317°RI., fraternellement soudés dans l'attaque commune, soutenus par le bataillon de GASTINES du 317°RI., et bien appuyés par l'artillerie, ont emporté de haute lutte une position qui résistait depuis trois mois à nos efforts.« Les 15 et 16 juillet, ces mêmes bataillons, étayés par les bataillons NICOLAI et NADAL du 53ème , ont maintenu le terrain conquis devant des contre-attaques puissantes et renouvelées. «L'attaque ennemie devancée et étouffée dans l'oeuf un régiment brandebourgeois détruit, deux divisions usées ou entamées, des mitrailleuses et des Minen de gros calibres conquis et conservés dans les flancs labourés d'obus du MONT HAUT, près de 400prisonniers témoignent de l'effort de la 8ème DI." Au QG., le 21 juillet 1917. Le général ALDEBERT, commandant la 8ème DI.

Aout 1917

LES MARQUISES - 21 août- 30 novembre 1917

C'est avec une pointe de regret que le régiment quitte cette région hospitalière de COUDE où il a goûté un mois de doux repos. Mais le secteur de CHAMPAGNE l'appelle encore. Les camarades du 124èmeRI. l'attendent pour pouvoir aller se reposer à leur tour. Cette fois, le coin est moins ingrat. On y va sans éprouver cette appréhension que fait naître la relève dans un endroit nouveau et les vieux qui ont vu ce secteur en 1915 reconnaissent au passage le créneau démodé où ils prirent la garde. Les bois sont un peu dégarnis, mais pas méconnaissables, et l'on se sent presque chez soi...
Il faut aller jusqu'aux premières lignes (anciennes premières lignes allemandes ) pour voir qu'ici le
combat a été rude. Là-bas on voit le massif de NOGENT L'ABBESSE, ses bois, le fort de BERRU qu'éclaire un rayon de soleil. Rien qui dise l'horreur de la guerre. Et si l'on se retourne, c'est la montagne de REIMS, sa forêt et les coquets villages de VERZY, VERZENAY, VILLERS-MARMERY qui promettent de délicieux repos, et dont les caves renferment un vin qui ne fait pas regretter « le pinard » de l'Intendance. 

Le régiment occupera ce secteur du 21 août au 30 novembre. 

Secteur d'allure assez calme où seule l'artillerie témoigne d'une certaine activité. 


Septembre  octobre novembre décembre 1917

Le 6 novembre, l'ennemi effectue un fort coup de main sur trois petits postes. L'attaque, précédée d'une préparation violente d'artillerie, est menée par un Stosstrupp de 60 hommes et 120 grenadiers du 2ème régiment de la Garde. Elle est arrêtée par nos barrages de grenades, de FM. et de mitrailleuses puis ramenée dans ses lignes par une vigoureuse contre-attaque de la 3ème compagnie.

Le 26 novembre, c'est au tour du régiment d'attaquer. La 11ème compagnie effectue avec un plein succès un coup de main va et vient sur l'ouvrage du MONSTRE. Elle est citée à l'ordre de la 8ème DI. (Cf. citations au dessus). Les mitrailleurs ont bien appuyé l'attaque et contribué au succès. Leur belle conduite vaut aux poilus de la 1ère section de la 3ème compagnie de mitrailleuses une citation collective à l'ordre de la 8ème DI, à ceux de 1ère section de la 2ème compagnie de mitrailleuses une citation à l'ordre du régiment.

Le régiment est en partie relevé par le 104ème RI. Le 20 novembre, les derniers éléments après avoir cantonné à TREPAIL sont transportés en camions à SAINT GERMAIN LA VILLE.

Le 115°RI. reste au repos dans la région de CHALONS jusqu'au 14 décembre. Ce 14 décembre, le régiment désigné pour organiser des positions comprises entre la VESLE et la lisière est du bois à 2 kilomètres Nord-Ouest de la CROIX EN CHAMPAGNE, part pour CUPERLY,  le camp de la  NOBLETTE, DAMPIERRE AU TEMPLE et VADENAY .


1918

Janvier fevrier 1918

MONT CORNILLET - MONT PERTHOIS - 14 janvier - 31 mai 1918

Jusqu'au 5 janvier, le régiment a accompli sa tâche, rendue très pénible par la rigueur de la température. Après un court séjour à Tours -sur-Marne, il relève dans la nuit du 14 au 15 janvier le 130° RI qui défendait le CORNILLET. Pour la 3ème fois, la 8ème DI. gravit ces monts où elle s'est illustrée en 1917.  Elle a comme mission de compléter leur organisation défensive en vue d'attaques qu'on pressent. Cette organisation s'inspirera des directives nouvelles. Elles feront leurs preuves lors de la grande attaque allemande du 15 juillet qui viendra se briser contre la résistance héroïque de la 4ème armée. Les travaux sont rendus très pénibles au début par la rigueur de la saison et les intempéries. Le sol détrempé, la boue liquide des tranchées, les entonnoirs rempli d'eau rappellent la région de CHAULNES. Puis le beau temps revient et avec lui l'agitation du secteur. 


Mars 1918

Le 1er mars, les voisins immédiats de gauche ont été violemment attaqués. Un moment, l'intensité du tir de préparation qui a intéressé le Mont CORNILLET a fait craindre une tentative sur le 115. Il n'en a rien été. Le 12 mars de 6 heures du matin à 9 heures, les batteries ont subi un bombardement serré d'obus à gaz (ypérite et palite ). De 15 heures 30 à 17 heures, Minen et obus ont bouleversé le col entre le Mont BLOND et le Mont CORNILLET, puis une compagnie du 417° RI. Allemand, qui avait préparé soigneusement pendant plusieurs jours à l'arrière son coup de main, a tenté l'assaut, manœuvrant dans une fumée épaisse dégagée par des engins fumigènes. L'assaillant a été repoussé avec pertes et laisse au 115 un prisonnier. Le 21 mars, l'ennemi a fait son « Scheinangriff (offensive simulée) ». Ce jour-là il attaquait dans la Somme. En arrière du front de CHAMPAGNE, il a promené ses bataillons au repos, créé une agitation factice. De 2 heures du matin à 4 heures 45, il a noyé les batteries sous l'ypérite et en a saupoudré les lignes du 115. A 13 heures, un tir violent qui intéresse tous les Monts se déclenche et a la prétention de vouloir donner l'impression d'un tir qui prélude à une attaque d'envergure. Sous son feu, le régiment a pris le dispositif prévu en cas  d'alerte. S'il avait attaqué, il aurait sans aucun doute payé cher son audace. Le 23, un coup de main tenté par l'ennemi échoue piteusement, et le 24 l'artillerie de tranchée a bouleversé ses lignes. Dans la nuit du 28 au 29, le régiment va occuper le Mont PERTHOIS.

Avril - mai 1918

A peine installé,le 115 repousse facilement un coup de main le 3 avril. Les jours se succèdent, bien remplis par un travail qu'active la menace d'une offensive allemande. Toutes les dispositions sont prises pour recevoir cette attaque. Le 31 mai vers 18 heures arrive un ordre préparatoire de relève. Celle-ci commence en plein jour. Le 115 est remplacé par le 124. Dans la nuit même de la relève, sous le bombardement de l'artillerie à longue portée, les camions automobiles ont enlevé le régiment à MOURMELON LE PETIT. Par TOUR SUR MARNE, VAUDEMANGE et BISSEUIL à toute vitesse, dans un nuage de poussière, ils roulent bruyamment vers EPERNAY.

Juin 1918

Tout d'abord en réserve dans les villages de VAUCIENNES et BOURSAULT , le 115eme RI. prend le 9 juin le secteur tout neuf de VANDIERES. Sous la direction du lieutenant-colonel LETONDOT qui le commande depuis le 17 mai, le 115° RI en a commencé l'organisation défensive, lorsque le 21 il va cantonner dans les villages de FESTIGNY, le MESNIL-HUTTIER, OEUILLY et MONT VOISIN.

Juillet 1918

Le 3 juillet, Le régiment est de nouveau dans le secteur de VANDIERES. Quelques jours après, le 3eme bataillon reste seul sur la position de couverture. Les deux autres défendent la ligne de résistance et le réduit de CHATILLON où le colonel a son PC. L'ennemi promet une attaque depuis quelques jours déjà. La mission confiée à la 8° DI. est une mission de sacrifice selon la rumeur. 

COMBAT DES 15, 16 ET 17 JUILLET 1918.

Dans le calme de la nuit, avec un bruit de tonnerre, l'artillerie française a déclenché son tir de contre préparation. A 0 heure 10, avec un bruit plus formidable encore, la préparation d'artillerie allemande a commencé. Comme un coup de massue gigantesque les gros Minen sont tombés sur les premières lignes ; puis, sans arrêt, gros et petits Minen, obus de tous calibres, explosifs et toxiques, ont haché le bois de RAREY, empoisonné l'atmosphère, obligé les défenseurs à mettre le masque et à le garder. Sur la position de résistance viennent s'écraser les gros et les petits obus. Le pilonnage du réduit de CHATILLON commence et parmi les éclatements étourdissants et rageurs des explosifs, là aussi on distingue l'éclatement sournois de l'obus à gaz. Les routes, les bivouacs, ont leur part, les batteries aussi. Jusqu'à 3 heures 45, la préparation a fait rage. 

LES DEFENSEURS DU BOIS DE RAREY.

Ceux qui ont échappé au feu infernal sont à leur poste quand l'ennemi a surgi derrière le rideau de fumée et d'acier de son barrage roulant. 

Le premier choc a été rude. Les gars du 3ème bataillon n'ont pas regardé en arrière. Ecrasés par les tir, décimés, tournés, les héroïques défenseurs du bois de RAREY ont combattu jusqu'à la dernière cartouche, jusqu'à la dernière grenade. Dissocié par la préparation meurtrière, le 3ème bataillon a résisté par section, par escouade, par poignée d'hommes groupés autour d'une mitrailleuse ou d'un fusil-mitrailleur, répondant par des coups de fusil aux Allemands qui leur criaient de se rendre. 

A 4 heures 15 seulement, l'ennemi a pris pied dans la corne Nord-Ouest. Maintenant, il cherche à progresser dans le bois. Le feu des mitrailleuses, des FM., des voltigeurs, des grenadiers, la résistance des débris glorieux de la 9ème compagnie, l'obligent à une nouvelle préparation.

 De nouveau, sous les torpilles, le bois craque, écrasé, et l'assaut reprend, furieux. Jusqu'au bout, les poilus du commandant HERIQUE ont consommé leur mission de sacrifice. Ils ont lutté sur place, prolongeant leur résistance jusqu'à l'épuisement. Dans la lutte d'homme à homme, c'est le nombre qui a décidé. Ils n'ont pas regardé vers l'arrière, sachant que nul secours ne viendrait. 

Aussi les vagues ennemies n'ont elles abordé qu'à 6 heures la position de résistance. En vain, jusqu'à 11 heures, elles ont tenté l'assaut. Le 1er bataillon et le 2ème  ont brisé net leur élan et maintenu le front intact. Malheureusement plus loin, à l'Ouest, le combat a été moins favorable . Les Allemands ont franchi la MARNE et progressent sur la rive gauche ; CHATILLON est bientôt menacé par le Sud. C'est le repli forcé sur les réduits de CHATILLON et du Prieuré. 

Le 1er bataillon, moins la deuxième compagnie qui va lutter jusqu'au dernier homme pour permettre le mouvement, vient renforcer les lisières nord-ouest et nord-est du village. Sur l'ordre du colonel, les débris du 2ème bataillon iront au Prieuré, protégés par quelques hommes des 5eme et 6ème compagnies commandés par le sous-lieutenant RUEL qui, mortellement blessé en ventre, répond par des coups de revolver aux sommations de l'adversaire. 

« On ne recule plus ! » a dit le colonel. 

L'ennemi attaque CHATILLON en force par le Nord, tente de s'infiltrer par le Sud. Par les murs crénelés, percés de meurtrières, on fusille les assaillants. Mais les vagues, brisées de face, s'écoulent le long des pentes de la hauteur sur laquelle se dresse CHATILLON et le cercle se resserre autour du réduit. Par le Sud, à 13 heures 15, les Allemands se sont présentés. Ils ont pénétré dans les  premières maisons dont ils nettoient les caves avec des « Flammenwerfer ». 

Le colonel redit : « On ne recule pas ». Ayant détruit tous ses papiers, il quitte avec son EM., le PC. au moment où une équipe de lanceflammes se présente à l'entrée. La liaison, quelques sapeurs lui frayent un passage. On se bat dans les rues, dans les ruines, autour de la statue du pape Urbain II Le cercle à chaque instant se resserre. Ceux qui étaient auprès du colonel, pendant ces minutes angoissantes évoquent encore avec émotion la noble figure de leur chef, calme, et comme grandi par les paroles qu'il prononce en réponse à ceux qui lui signalaient le péril grandissant : « J'ai reçu l'ordre de tenir à CHATILLON. Je n 'en partirai que si j'en reçois l'ordre ». Et l'ordre vint. Il est 15 heures. Alors seulement le colonel se résigne à abandonner la ville. La garnison du réduit, protégée par le 2ème bataillon qui lutte au Prieuré, depuis 13 heures 30, échappe à l'étreinte par un étroit couloir. Sous le canon et les balles, en combattant, les compagnies mutilées se rassemblent à  TINCOURT. Là couvert par la division MARCHAND, à laquelle la résistance héroïque de la 8ème DI  a donné le temps de venir occuper des positions préparées à l'avance, le régiment se reforme. Puis, au soir, il va cantonner à ARTY. La journée a été dure. L'effort fourni est grand. Mais il n'est pas terminé. Pendant deux jours encore le 115e RI prêtant son concours à la division Marchand, continuera à barrer la route d'EPERNAY à l'assaillant. 

Du régiment il reste de quoi former deux compagnies d'infanterie et une compagnie de mitrailleuses. Avec ces glorieux débris le colonel se transporte, le 16 au matin, dans un ravin entre ARTY et la cote 181. C'est là que dans la carrière qui lui servait de PC, le colonel LETONDOT fut blessé mortellement par un obus, dans l'après-midi du 16 juillet. Sa perte en ces jours critiques, fut plus cruelle à ses poilus qui en lui aimaient l'Homme et admiraient le Chef.

Le soir du même jour, le Commandant FRALON qui l'a remplace a la tete du 115 RL exécutant un
ordre reçu, se transporte sur le pâtis de DAMERY. On y bivouaque la nuit. Le 17, il y essuie les barrages violents d'un ennemi désespéré qui, n'attaquant plus, se défend, et à bout de souffle,  malgré les sacrifices consentis pour la dernière offensive, va à partir du lendemain recéder le terrain
où son sang a coulé à flots. Dans la nuit du 17 au 18, les éléments du 115eme RL, relevés par un bataillon du 102ème RL vont bivouaquer dans un bois près du PETIT MORANGIS.Ce combat vaudra au 115 RI sa 2ème croix de guerre et cette fois ci avec palme (cf. citation du 22 novembre 1918).

Le 23 juillet, le colonel OUDRY, commandant l'infanterie de la 8°division, faisait paraître l'ordre du
jour suivant :

"Aux officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de l'infanterie divisionnaire.

Vous sortez de la bataille mutilés, mais fiers de ce que vous avez fait, et vous avez raison. Vous vous êtes sacrifiés pour ceux qui devaient garnir les positions de bataille derrière vous, mais vous avez fait payer chèrement à l'ennemi le sacrifice consenti. Si le 317ème et son héroïque colonel ont disparu dans la tourmente, il ont largement payé leur tribut à la cause commune. Saluons bien bas ! Derrière lerégiment qui nous couvrait, chacun a pris sa place de combat, décidé à lutter jusqu'au bout. Votre résolution et votre dévouement ont fait l'admiration de tous et, quand le général  MARCHAND, sous les ordres duquel j'étais mis le 16 pour commander un groupement, m'a vu, il m'a dit les larmes aux yeux: « C'est votre belle division qui par son sacrifice a gagné la partie ». Quel baume pour un chef qui vient de perdre tant de braves gens. Et c'est vrai, c'est grâce à votre ténacité, à votre héroïsme, que l'ennemi a été battu les jours suivants devant les troupes que je commandais, qu'il a été refoulé au Sud de l'Aisne, qu'il a enfin repassé la MARNE - nom fàtal pour lui - nom qui sonne comme un glas dans les coeurs allemands. Oui, c'est grâce à vous, parce que tout se tient, tout s'enchaîne dans la grande équipe alliée qui lutte pour la liberté du monde !

Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats d'HENRY, de VERIGNON et de LETONDOT, vous avez
été dignes de vos ancêtres, dignes de votre race. Vous avez bien mérité de la Patrie.

Pensons aussi à ceux qui sont tombés là-bas, à ces héros inconnus qui ont versé leur sang pour la moisson de la Victoire que nous récolterons un jour, saluons-les tous bien bas : c'est la gloire qui passe ! Notre tâche n'est pas finie, de dures épreuves nous attendent encore, mais vos coeurs sont trempés comme l'acier le plus dur, et vous avez vu, vous avez compris et vous saurez maintenant ce qu'il faut faire pour vaincre.

L'ennemi vient de subir une grande défaite. L'heure de la justice va sonner enfin. II est impossible que tant de sacrifices accomplis, tant de sang versé, ne servent à rien. L'histoire est en marche : vous venez d'y inscrire une des plus belles pages d'héroïsme. Je salue vos drapeaux ! "

Le général : ALDEBERT commandant la 8ème division, adresse également à ses troupes, le 22 juillet, l'ordre du jour suivant : 

«Attaquée en terrain libre par des forces trois fois supérieures, débordée aux ailes, la 8°DI. a tenu.
Elle a tenu dès la position des avant-postes, elle a tenu sur la position de résistance et dans ses réduits. Elle ne s'est repliée que par ordre. « Sans un regard en arrière, le 317™ RL et le 3eme bataillon du 115° RI. ont rempli jusqu'au sacrifice une mission dont ils avaient considéré sans faiblir la grandeur et le poids. Saluons ces camarades tombés dans la fierté du devoir accompli. 

«Epaule contre épaule et aussi longtemps que le Commandement l'a voulu, les 115ème et 117ème régiments ont résisté, manoeuvré, contre-attaqué magnifiquement : c'est ce que j'attendais d'eux. Dans des conditions difficiles, le 31 régiment d'artillerie, le 6ème groupe du 104° RAL., les compa-
gnies du génie 4/2. 4/52, le deuxième peloton du deuxième escadron du 14° Hussards, la CM. 1 du 122eme RIT., le peloton des mitrailleuses du 8° Chasseurs à cheval, tous les services ont aidé de tout leur cœur à cette belle résistance. La part de la 8° division dans le succès qui s'affirme une fois de plus sur la Marne, est aujourd'hui la part du sacrifice : officiers, sous-officiers et soldats de la 8° division vous garderez le juste orgueil des combats du 15 juillet autour de Châtillon."

Aout 1918

Jusqu'au 2 août, dans la calme et paisible région d'ETRELLES, de BAGNEUX, de GRANGE SUR AUBE, le lieutenant-colonel LAURENT qui le 26 juillet, a pris le commandement du 115° réorganise son régiment. Il manque à l'appel : :30 officiers, 119 sous-officiers, 1 114 hommes.

La lutte n'est pas finie. Epuisé par son effort, l'ennemi a faibli. On entrevoit la victoire. Et le 2 août le régiment par POUAN, MAILLY, FONTAINE SUR COOLE, CHALONS et VRAUX se dirige à nouveau vers le champ de bataille de Champagne.

DES MONTS A LA MEUSE - 12 août- 11 novembre 1918

Les blessures des glorieuses journées de Châtillon. ne sont pas encore cicatrisées et voilà de nouveau le 115° RI. devant ces Mont, sur les pentes desquelles la formidable offensive ennemie de juillet a été brisée net. C'est un secteur de fin de combat. L'ennemi, si confiant en sa victoire il y a quelques jours encore, devient inquiet. Il oblige à vivre dans une atmosphère d'ypérite. de palite, d'arsine. La nuit il harcèle les ravitaillements, les relèves. Au lever du jour ses tirs redoublent de violence. Au 115° RI. revient la double tâche de l'empêcher de partir sans qu'on en soit averti, de s'accrocher à lui et de ne plus le lâcher. La première partie de la mission a été remplie avec crânerie et hardiesse. L'exécution de la deuxième est une page glorieuse.

Septembre 1918

L'ennemi bousculé, harcelé sur tous les fronts, des Vosges à la mer du Nord, voulant limiter sa défaite, se prépare à évacuer les Monts. De ce secteur, que le 115° a pris en fin de combat et qu'il a commencé à organiser sous le canon nerveux d'un ennemi inquiet, l'Allemand ne doit pas partir sans être vu. Les patrouilles audacieuses, de jour et de nuit, tâtent l'ennemi, l'obligent à déceler sa présence, sa densité, son mode d'occupation. Le 20 septembre, un jeune officier, le lieutenant  CARRE, avec une audace inouïe, part en patrouille en plein jour, à 14 heures 30 emmenant avec lui un sergent. Par le boyau de la Victoire, ils arrivent à la tranchée Waldshut, engagent la lutte au  pistolet et à la grenade avec un petit poste allemand, tuent l'un des ennemis et ne se replient qu'après avoir épuisé leurs munitions.

LA POURSUITE

Le 25 septembre, la 11e compagnie est allée occuper les avancées de la première position adverse. Les défenseurs ne les ont évacuées qu'en combattant. Déjà une contre-attaque se dessine : de la tranchée d'Erfurt, par les boyaux de Lorraine et du Col, les groupes ennemis, en force, se dirigent vers la haie Claire pour reprendre le terrain perdu. Ils y ont réussi sans peine. La 11e compagnie s'est repliée en bon ordre, exécutant sa consigne qui était de refuser le combat. Le renseignement désiré est acquis : l'ennemi ne veut pas encore quitter les Monts.


Octobre 1918

Le 4 octobre, le 1er bataillon en entier tente avec succès un coup de main d'occupation sur la haie Claire et pénètre dans les organisations allemandes sur un front de 1 000 mètres et une profondeur de 400 mètres ; il ramene des prisonniers et du matériel. La réaction de l'artillerie est vive à la tombée de la nuit, mais des patrouilles bien conduites et hardies parviennent jusqu'à la ligne de résistance ennemie. Déjà l'air retentit du fracas des explosions. Les allemands, obligés de reculer, assouvissent leur rage sur notre malheureux pays. Et la nuit, l'horizon reflète la lueur des incendies des villages de la vallée de la Suippe. Le moment est venu. Les indices de retraite sont bien nets. Il faut empêcher l'ennemi de se dérober.

Le 5 octobre au matin, conformément au plan établi et bien connu de tous, le régiment se lance à la poursuite de l'ennemi. Les Monts sont franchis. Les patrouilles d'avant-garde ont été accueillies, sur les pentes nord, par le feu des mitrailleuses des arrière-gardes allemandes. Le contact pris ne sera jamais perdu jusqu'au dernier jour.

Manœuvrant l'ennemi, ses mitrailleuses contrebattant les siennes, le régiment suivra, malgré les balles et le canon. Le terrain cependant est difficile et tout à l'avantage d'un parti qui retraite. Il le traque dans les bois. La nuit n'arrête pas son avance et sur les derrières de l'Allemand il pénétre dans PONT FAVERGER. Less pertes du 115 et celles de l'adversaire témoignent de l'àpreté de la lutte. La SUIPPE est atteinte. L'ennemi entend résister et ne veut pas permettre aux poursuivants de franchir la rivière. 

Du 5 au 11 octobre, cette région va être le théâtre de durs combats. L'ennemi est fort en artillerie. Sa
position de repli, préparée de longue date, possédant un système organisé de tranchées, d'abris, de solides réseaux, facilite sa résistance sur les hauteurs de la rive droite. Ses tirs bien dirigés rendent difficile la simple occupation : les pertes du régiment sont sérieuses. Les reconnaissances font dévoiler de nombreuses mitrailleuses. On a l'impression que l'ennemi tient, solidement accroché sur ses positions. Il faut l'en déloger.

ATTAQUE ET PRISE DU VILLAGE DE SELLES. 

Le 8 octobre, à 5 heures 55, le 2ème bataillon (commandant LHOTE DE SELANCY) se porte à l'attaque du village de SELLES, défendu par un fort parti de mitrailleurs ennemis qui se font tuer sur leurs pièces. Le combat, engagé dans les ruines du village, se termine à l'avantage du bataillon. L'ennemi contre-attaque en vain. Le 115 conserve Selles. Les Allemands vaincus reportent leur résistance sur la rive nord de la SUIPPE. Sous les mitrailleuses ennemies qui fusillent à bout portant les courageux poilus, une passerelle est jetée, une tête de pont établie. Cette victoire coûte au 115 10 tués, 40 blessés dont le chef de bataillon et un capitaine. Un officier a disparu lors de la contreattaque. Et au soir, réapparaît la lueur qui ensanglante le ciel.

PASSAGE DE. LA SUIPPE. 

Le 11 octobre, le 3e bataillon débouchant en force du village franchit la SUIPPE sur trois passerelles jetées la nuit, bouscule les mitrailleuses ennemies, fait des prisonniers, débarrasse la rive nord de tout élément adverse et ouvre le chemin au régiment, qui reprend la marche en avant. Toute la journée, dans un terrain boisé, la chasse a continué. Un fort parti d'arrière-garde solidement appuyé par de l'artillerie les arrête aux lisières de MESNIL LEPINOIS. Il est trop tard pour forcer la résistance ennemie. La nuit est arrivée, il stoppe, il bivouaque dans les bois. La marche est reprise le 12 au lever du jour. MESNIL l'EPINOIS pris, il arrive sur la Retourne en même temps que les arrière-gardes ennemies. Malgré le canon et les mitrailleuses, sur des passerelles de fortune la
rivière est franchie, le Châtelet purgé des derniers ennemis. A travers les ruines encore fumantes du village qui n'est plus qu'un amas informe de décombres, le 115e RI. vole vers TAGNON où il est acceuilli en libérateur. Avant le départ, le chef de l'administration mmicipale les remercie et quelques jours après envoyait le compte rendu suivant d'une délibération prise par la municipalité.

MUNICIPALITE DE TAGNON
Extrait du registre des délibérations

« En reconnaissance de la délivrance de Tagnon par les troupes françaises qui, le 12 octobre 1918,
chassèrent l'envahisseur, le Comité d'administration municipale, au nom de toute la population « de la commune adresse aux vaillantes troupes de la 8eme division ( Division TETARD) l'expression de ses sentiments d'éternelle gratitude et décide qu'une rue du village portera désormais le nom de « Rue du 115ème Régiment d'infanterie » afin de rappeler aux générations futures le Régiment de France qui, le premier, entra dans leur village en poursuivant l'ennemi.  Ce 28 octobre 1918.»

Le régiment harassé par une longue marche reçoit l'ordre de dépasser TAGNON. Le gros bivouaque dans les bois, au Nord, pendant que des patrouilles atteignent avant le lever du jour les hauteurs qui dominent l'AISNE, au Sud. Le bataillon d'avant-garde (3e) les occupe aussitôt solidement. Dans la journée des patrouilles poussent jusqu'au canal des ARDENNES. Le port de la sucrerie d'ECLY est reconnu et occupé. 

PASSAGE DU CANAL DES ARDENNES. 

D'urgence, il faut franchir le canal, établir une tête de pont, tâter l'ennemi sur les rives de l'AISNE. Le 16 octobre, à 15 heures, le canal est franchi par une section de la 9e compagnie. Les derniers éléments qui occupaient le port de la sucrerie d'ECLY s'enfuient, non sans pertes. Entre l'ennemi et le régiment il n'y a que le talus de la voie ferrée garni de mitrailleuses. Ce point sera, du 16 octobre au 15 novembre, le théâtre d'opérations tendant à rejeter l'ennemi sur les rives nord de l'AISNE. Malgré le mordant des patrouilles offensives, malgré l'opération tentée le 22 octobre par la 10e compagnie toute entière, les Allemands retranchés dans un taillis impénétrable et en partie inondé ne peuvent être délogés. Mais ils résistent victorieusement à leurs violents retours offensifs. La crue du canal des Ardennes a transformé en marais cette partie du secteur. Le 115 tient dans le marécage.
il n'en lâche pas un pouce.

Novembre 1918

PASSAGE DE L'AISNE.

Le 5 novembre, la le compagnie nettoie le talus de la voie ferrée. Le feu de l'ennemi embusqué à courte distance ne l'empêche pas d'établir une passerelle sur l'Aisne ; elle passe toute entière au Nord de la rivière ; malgré ses pertes elle vient se coller aux mitrailleuses ennemies. La nuit du même jour, le 3e bataillon a franchi le canal des Ardennes et l'Aisne à NANTEUIL.

Le 6 au matin, bousculant les arrière-gardes ennemies, le régiment reprend la marche en avant. BARBY et SORBON sont pris. Avant la nuit les avant-gardes ont atteint les lisières sud de PROVISY que l'ennemi défend. La marche, pénible déjà la veille, parce qu'il faut maintenant lutter contre les difficultés matérielles dans une zone ravagée et progresser dans la boue, sous la pluie, reprend avant le lever du jour. Provisy est enlevé, une batterie de 77, deux canons de 105 sont pris.

PRISE DE MARGY.

Déjà la 10e compagnie, avant-garde du régiment, atteint le village de MARGY que l'ennemi tient encore. Un coq a chanté alors que le premier poilu pénétrait dans le village. On se bat dans les rues. Les Allemands qui tentaient d'empêcher le débouché du village sont bousculés et fusillés à bout portant. L'arrière-garde est obligée de déployer une partie de ses forces et d'appeler à son aide l'artillerie. Quinze mitrailleuses lourdes et légères tiennent sous leurs feux les crêtes au Nord du village devant lesquelles est déployée la 10e compagnie. « BUTET. grenadier de la 10e compagnie, parmi les mitrailleuses en action, en distingue une ; il voit la flamme rapide, les servants : « C'est trop de culot s'écrie-t-il, je vais lui faire fermer la gueule ». « Il se découvre complètement, prend son temps vise et tire ; mais vainqueur, il s'affaisse aussitôt, frappé à son tour en plein front ».

Pressé de tous côtés, l'ennemi reprend sa retraite et se replie à la hâte poursuivi de nos feux. Il laisse des morts sur le terrain, du matériel. Plus loin ils apprendront que de nombreux blessés ont été vus
sur la route. HAUT LANZY est pris avant la tombée de la nuit ainsi que les fermes de la Houterie, de la Bergeoterie, de la Basse-Naugerain. de la Haute-Naugerain, d'Hamezy. La nuit oblige à l'arrêt. Déjà le régiment pénétre dans le massif des Ardennes, coupé de bois, terrain difficile qui se prête plus à la défense qu'à l'attaque. Au jour, sous bois, le mouvement est repris. Les civils français de la Fosse-à-l'Eau leur disent qu'ils suivent l'ennemi à moins d'une demie heure. A la boussole, la 5e compagnie ouvre un chemin dans les bois nord de la Fosse-à-l'Eau. Le régiment avance lentement, l'outil à la main dans le taillis épais ; les lisières nord du bois sont tenues sous le feu des mitrailleuses et du canon. Le débouché en est difficile. Ils chassent les mitrailleurs allemands des fermes de la Basse-Ecogne et de la Haute-Ecogne. L'ennemi, en tiraillant, se replie sur le village de FAGNOU. Le 9 novembre, à 5 heures du matin, les Allemands quittent précipitamment le village en voyant la 11e compagnie qu'ils n'attendaient pas. Des éclaireurs montés, envoyés en reconnaissance, pénètrent dans le village de WARCQ que l'ennemi tient encore sous son feu. Malgré une nuit passée sous la pluie, le bombardement continuel, un ravitaillement pénible et insuffisant, le régiment plein d'ardeur court à la poursuite de l'Allemand qui occupe encore la Grange-au-Bois, la ferme Pavant, la ferme du Temple, la Mal-Campée. Ces points sont enlevé successivement par nos patrouilles que les gros suivent à courte distance. Sous leurs veux, presque sous leurs pas, les mines éclatent. Les  vallées de la MEUSE, de la SORMONNE, retentissent du fracas des explosions. Ces cheminées, ces toits, ces clochers, ce sont CHARLEVILLE et MEZIERES où les compatriotes captifs rendus enfin à la liberté achèvent leur calvaire. Les avant-postes seront pris pour la nuit dans les villages de  DAMOUZY et d'ETION. Les compagnies, pour exécuter l'ordre reçu, sont obligées de livrer combat et de manœuvrer les mitrailleuses ennemies pour parvenir à ces villages. Elles les atteignent au prix de quelques pertes. Les Allemands, rejetés dans les bois de la Havetière, interdisent le débouché des villages, et ici encore des civils inoffensifs ont succombé sous leurs coups. 

Le 10 novembre, au matin, le 115e RI passe en réserve de division. C'est son premier jour de repos
depuis le 12 août 1918. 

Le 11 novembre, on accordait l'armistice aux allemands. 

Dans le recueillement d'une joie calme et digne, le régiment revoit son œuvre des trois derniers mois. 54 des siens, dont 4 officiers, sont tombés la veille de la victoire. 307, dont 7 officiers, ont été blessés, 1 officier est porté disparu. Le régiment avait eu à déplorer la perte de son vénéré aumônier LAGARDERE, tombé le 4 novembre près de Nanteuil-sur-Aisne, blessé mortellement d'un éclat à la tête en visitant ses chers soldats en première ligne. Parti depuis le début de la guerre, il n'avait,  malgré son grand âge, jamais quitté le front, et il a eu à 58 ans la plus belle des morts.

Il recevra pour cette action sa 3ème croix de guerre et sa seconde palme.

Décembre 1918

le 18 décembre, prés de VILLERS SEMEUSE, dans une revue passée par le général DEBENEY, le drapeau du 115 recevait la fourragère aux couleurs de la croix de guerre.


1919

(source JMO 8DI 26 N 284/2) 

le 17 aout, départ de HIRSON (AISNE) du 1er bataillon pour MAMERS où il arrive le 18 aout.

le 18 aout, départ de HIRSON (AISNE) du 3ème bataillon pour MAMERS où il arrive le 19 aout.

le 19 aout, départ de HIRSON (AISNE) du 2ème bataillon pour NOGENT LE ROTROU où il arrive le jour même à 20h54.

115_RI_CPA_guerre_retour_4

CPA voyagé le 7 septembre 1919. "Mamers, la rentrée du 115"

Cette photo semble avoir été prise sur le quai interieur (coté voies) de la gare de Mamers le 18 ou 19 aout 1919.

19 aout 1919, c'est la rentrée à Mamers

"La ville a tenu à faire fête à son régiment. Réception à la gare par toutes les autorités et les représentants élus; traverséé de la ville sous les arcs fleuris au milieu des acclamations; réception sous le halle place carnot; et enfin rentrée dans la caserne GAULOIS où le lieutenant-colonel TRAVERS reçoit et salue le drapeau." (source notice historique 115 RI)

115_RI_CPA_guerre_retour_1

inscriptions au dos:

"Retour du 115e à Mamers - 19 aout 1919 sous l'arc de triomphe, rue des Carrières."

H Jouanneau

Mamers le 03 septembre 1919

2014-03-01_211113

Défilé rue Nationale vers la caserne Gaulois.

2014-04-01_001759

inscriptions au dos:

"Retour du 115e à Mamers - 19 aout 1919, place Carnot. Le salut aux drapeaux (115, 315 RI et 27 territorial) ..."

H Jouanneau

8 septembre 1919

la fin d'une épopée.

"Le régiment avait repris ses travaux du temps de paix quand, le 12 décembre, parvint la nouvelle de sa disparition prochaine. le 115ème était compris dans la liste des régiments à supprimer à la date du 31 décembre.

le 27 décembre, devant le régiment réuni une dernière fois, le colonel CONVERSET, en présence du général BOUSQUIER, commandant la 16ème Brigade, faisait rendre les honneurs aux drapeaux du 115ème, 315ème et 27ème Territorial et les saluait une dernière fois avant de les confier à la délégation des officiers du 117ème RI venus à MAMERS pour en prendre la charge et les déposer en la salle d'honneur du 117ème, caserne CHANZY, au MANS." (source notice historique 115RI)